Trois start-ups françaises dans le Cleantech 100 britannique
par | 27.09.08
C’est comme ça, les classements, on aime. Les jeunes entreprises nominées soignent leur réputation. Les investisseurs se rassurent dans leur choix et découvrent de nouvelles pépites. Les analystes justifient leurs émoluments et les journalistes détectent de nouveaux entrepreneurs à interviewer.
Il en est ainsi de l’édition 2008 (la seconde) du Cleantech 100 établi par le journal anglais The Guardian et le cabinet d’analystes Library House. Lequel a organisé hier à Londres une journée spéciale « Essential Cleantech 2008 » pour présenter ledit classement. Le Guardian, lui, a dévoilé cet inventaire, la semaine dernière, dans le journal et sur son site par un article titré : « Europe’s hottest clean technology companies ». « Hottest », ni plus ni moins…
A la lecture de la liste des jeunes entreprises sélectionnées par le jury (voir plus bas), on s’aperçoit néanmoins que la sélection laisse logiquement une grande place – nous sommes bien de ce côté-ci de la Manche – aux start-ups britanniques… Mais aussi à celles implantées en Allemagne. Ces deux pays comptabilisant à eux deux près de 70 start-ups (52 britanniques, 17 allemandes).
Plus de 50 jeunes entreprises britanniques sélectionnées
3%, c’est le pourcentage de représentation de nos petites françaises dans le Cleantech 100. Les trois heureuses élues étant, par ordre d’apparition dans ce top 100 : Watteco, Neosens et France Eoliennes.
Pour établir le classement, Library House a d’abord extrait une liste de 200 jeunes entreprises de sa base de connaissance. Ensuite, le jury, composé pour l’essentiel d’investisseurs « seniors », a voté selon deux principaux critères (l’impact environnemental et les prévisions de croissance) et en suivant une série de questions :
- Quel est le potentiel de l’entreprise pour un impact positif sur l’environnement ?
- Quelle serait l’échelle de cet impact positif si la technologie de la société venait à proliférer ?
- Quelle est la taille potentielle de marché ?
- La technologie considérée est-elle une innovation de rupture ?
- Quelle est l’actuelle position de l’entreprise sur le marché ?
- Quelle est la vision de la société ?
Présentation des trois entreprises françaises
Le Top 10 du Cleantech 100 édition 2008
• Odersun (Allemagne)
Odersun conçoit et fabrique des cellules solaires flexibles basées sur la technologie de couche mince, sans faire appel au silicium. Les modules d’Odersun sont produits à partir de semiconducteurs composés de cuivre, d’indium et de soufre.
• DeepStream Technologies (Royaume-Uni)
DeepStream développe une technologie innovante qui vise notamment la gestion de l’énergie. Son capteur ajoute de l’intelligence à tout équipement électrique. Il supervise et contrôle l’énergie au niveau des circuits électriques des équipements (GTB, « smart grid »).
• CamSemi (Royaume-Uni)
Camsemi conçoit des circuits intégrés de gestion intelligente de l’alimentation des appareils électriques (TV, camescopes, chargeurs de téléphone), notamment en mode veille.
• SiC Processing (Allemagne)
SiC Processing réduit l’énergie et les coûts de fabrication des usines de wafers de silicium. Sa technologie de séparation hydrocyclone permet de recycler et de valoriser les matériaux gaspillés dans ces usines.
• Marine Current Turbines (Royaume Uni)
Marine Current Turbines est un fabricant d’hydroliennes – SeaGen – qui exploite l’énorme quantité d’énergie des courants de mare.
• Sulfurcell Solartechnik (Allemagne)
Sulfurcell est l’un des leaders des couches minces solaires. Ses modules sont bases sur des semiconducteurs de type chalcopyrite.
• Pelamis Wave Power (Royaume Uni)
Pelamis a conçu le premier équipement commercial pour la generation d’électricité à partir de l’énergie des vagues.
• Solarcentury (Royaume-Uni)
Cette entreprise est spécialisée dans la fourniture de technologies solaires se caractérisant par une très bonne intégration au bâti. Elle a ainsi mis au point des tuiles solaires (photovoltaïques et thermiques) de toiture.
• Nujira (Royaume Uni)
Le boîtier électronique de Nujira permet de réduire de 50% les énormes quantités d’énergie consommées par les réseaux de téléphonie mobile (stations de bas, transmetteurs radio).
• Atraverda (Atraverda)
L’innovation d’Atraverda est une céramique conductrice de courant. Celle-ci convient idéalement aux besoins de stockage de puissance dans des batteries plus petites, plus légères.
Le jury
- Uwe Albrecht, Managing partner, Siemens Venture Capital GmbH
- Peter Baines, General partner, Advent Venture Partners
- Clennel Collingwood, Investment manager, TTP Ventures
- Luciano Diana, Head of Cleantech Energy Equity Research, Morgan Stanley
- Ben Goldsmith, Partner, WHEB Ventures
- Alex Hook, Investment manager, NESTA
- Bakhrom Ibragimov, Principal, Virgin Green Fund
- Alok Jha, Journalist, The Guardian
- Hamish Sandison, Partner, Field Fisher Waterhouse LLP
- Patrick Sheehan, Partner, Environmental Technologies Fund
- Felix von Schubert, Partner, Zouk Ventures
- Adam Workman, Investment partner, CT Investment
- Stephan Decher, Founding partner, Clean Capital
- Jürgen Habichler, Managing director, Mountain Cleantech
- Andrew Humphrey, Clean energy analyst, Morgan Stanley
- Stuart McKnight, Managing director, Ascendant
- Maurizio PetitBon, General partner, Kreos
- Andreas von Richter, GE Energy Financial Services Capital
- Richard White, Senior Analyst at Library House
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