« L’international et les cleantechs sont nos deux priorités pour les années à venir ». L’ambition est affirmée par Eric Pilaud, président de Minalogic, le pôle de compétitivité grenoblois. Spécialisé dans les micro et nanotechnologies ainsi que dans le logiciel embarqué, la structure fédère en Isère grands groupes, PME, centres de recherche, Etats et collectivités territoriales autour de projets innovants. En cette fin d’année, Minalogic dévoile son plan stratégique 2009-2011 dans lequel il entend donc devenir un « acteur incontournable de la nouvelle croissance verte ». Tout un programme. Pour parvenir à cet objectif, le pôle compte s’appuyer sur ses savoirs faire et ses talents dans le domaine de l’environnement bien sûr, mais aussi de la santé, de la mobilité, de la communication ou du textile.
Des projets en cours
Les premières touches de Minalogic dans les cleantechs se situent principalement dans la maîtrise de l’énergie via des systèmes améliorant la connaissance ou l’analyse des consommations. Une démarche symbolisée par le projet Smart Electricity porté par Schneider Electric, mais soutenu par une grande variété d’acteurs. Son objectif est la réalisation d’un compteur électrique intelligent permettant une meilleure analyse de la consommation d’une installation et donc une gestion optimale de ses ressources. Il repose sur une convergence des domaines de l’électricité, des automatismes et de la communication pour une meilleure efficacité énergétique.
Complémentaire à Smart Electricity, le projet Samee cible les dispositifs d’affichage des consommations. Le projet vise à les rendre plus intelligibles et plus interactifs en vue d’améliorer l’efficacité énergétique des installations. Mieux, la pression exercée sur un écran pourrait devenir la source d’énergie nécessaire à son allumage. Les premières démonstrations sont prévues pour 2009. Autre projet en cours, Athole - porté par STMicroelectronics - souhaite définir une nouvelle architecture pour les systèmes embarqués conjuguant hautes performances et faible consommation.
Deux ans pour passer au vert
A terme, Minalogic aimerait également travailler sur l’utilisation de matériaux comme capteurs d’énergies. Une démarche qui s’appuierait notamment sur la filière textile, très présente à Grenoble. Des tissus intelligents pourraient ainsi emmagasiner la chaleur dégagée par leurs porteurs pour la transformer en une énergie qui viendrait alimenter un téléphone portable ou un baladeur placé dans l’habit. Des travaux sur l’énergie cinétique et mécanique pourraient aussi faire leur apparition au sein du pôle isérois.
Pour favoriser cette thématique durable, Minalogic ouvrira en 2009 un appel à projets spécifique. Les dossiers retenus pourront compter sur l’aide financière et partenariale apportée par le pôle, ainsi que sur la collaboration avec d’autres pôles en Europe. A l’heure où la compétition entre les pôles de compétitivité fait rage, la structure grenobloise semble donc vouloir abattre dès maintenant sa carte verte. Une stratégie qui devrait aiguiser un peu plus la concurrence entre Franciliens et Rhône-alpins dans l’univers des cleantechs. Reste maintenant à passer des déclarations d’intentions au concret. Premiers éléments de réponse en 2009.
Trois projets phares
1 - Smart Electricity : compteur électrique intelligent
Grandes entreprises : Schneider Electric - France Télécom R&D - GEG – Sogeti Hightech - Teamlog - Silicomp
PME : Mecagis & IMPHY Alloys - Scalagent - SEPC
Laboratoires de recherche : CEA - INP G – LSR
Budget : 20,5 M€
Durée : 4 ans
Effort total : 127 personnes/an
2 - Samee : dispositifs d’affichage des consommations
Grandes entreprises : Schneider Electric, E2V
PME : Nemoptic - Alpwise - Maya Technologies
Laboratoires de recherche : CEA-Leti - Grenoble INP-LIG
Budget : 9,2 M€
Durée : 3 ans
Effort total : 54 personnes>an
3 - Athole : architecture basse-consommation pour les systèmes embarqués
Grandes entreprises : STMicroelectronics (Grenoble/Crolles), Thales Communication (Colombes)
PME : CWS (Coupling Wave Solutions)
Laboratoires de recherche : CEA Leti – Verimag
Budget : 10,2 M€
Durée : 3 ans
Effort total : 72 personnes/an
Sur le même thème : logiciel embarqué, nanotechnologies, STMicroelectronics

















