Des déchets broyés, ensachés et évacués par les réseaux d’eaux usées
par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 07.01.09

« Ce n’est pas seulement un projet technologique, c’est aussi une solution sociétale qui peut faire changer les mentalités ». Quand il s’agit de parler de Setecom, Jean-Claude Joly a le sens de la formule. Il faut dire qu’avec ses deux associés, il pense bien avoir mis au point la solution optimale pour favoriser le tri des déchets dans les centres urbains tout en réduisant la consommation d’énergie. Son système Setecom (Système d’Evacuation, de Tri et d’Exploitation en Continu des Ordures Ménagères) propose le conditionnement à la source des déchets ménagers, puis leur évacuation en continu par les réseaux d’assainissement.
D’après le gérant de cette jeune entreprise créée en 2006, son procédé, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet en 2005, est bon pour le cadre vie (réduction des nuisances), bon pour les habitudes des urbains (le système est disponible 24h/24) et surtout, bon pour les finances des collectivités locales. De quoi faire les beaux jours de sa société basée à Aix en Provence et qui commercialise cette solution unique au monde. Actuellement en recherche de fonds, Setecom peut déjà arborer à l’Europôle Méditerranéen de l’Arbois son premier prototype de démonstration, fruit de deux années de recherche et développement.
Un broyage mécanique sur site
Pour le particulier, Setecom est avant tout un point de collecte et de tri des déchets (PCC) placé au coeur de sa zone de vie. Trois bornes reçoivent les déchets des foyers par famille de produits : ordures ménagères (dans des sacs de 30 à 50 litres) ; journaux, revues et magazines ; et emballages ménagers recyclables. La solution prévoit également une récupération des piles usagées et du verre.
Une fois récoltés, les déchets sont broyés mécaniquement sur site pour être transformés en paillettes conditionnées dans des sachets étanches et résistants. Ces derniers naviguent ensuite via le réseau d’assainissement jusqu’à une grille de récupération des sachets. Ne reste plus ensuite qu’à les livrer aux industries du recyclage.
« Au coeur du système, le PCC se comporte comme un parfait automate, explique Jean-Claude Joly. Il ne fonctionne qu’en présence de déchets dans ses bacs, pilote l’éjectage de sachets en fonction des capacités du réseau, et est également capable de s’autonettoyer ». Ultime innovation, le PCC est équipé d’un module de télégestion qui permet un contrôle à distance. En cas de problème, le PCC défaillant alertera un agent d’exploitation en lui transmettant un SMS d’alerte. Setecom envisage de proposer un PCC pour 300 habitants.
Les premiers clients en 2009
Très innovant sur un plan technologique, le système Setecom ne manque pas d’arguments pour séduire les collectivités locales. Et d’abord en terme financier. L’optimisation des réseaux d’assainissement permet en effet des économies de coûts collectifs auxquels s’ajoute la réduction des frais engagés pour le ramassage des ordures. « Notre système est moins coûteux en investissement, mais aussi en fonctionnement qu’un système de pneumatiques ou de ramassage par camion. Et, de surcroît, il valorise un comportement citoyen et les métiers du recyclage ».
Car l’intérêt reste avant tout environnemental : décongestion des centres-villes, élimination des nuisances visuelles et olfactives dans des lieux publics, sensibilisation au tri sélectif… La société provençale vise les coeurs de villes et les quartiers à forte densité (immeubles sur dalles…), particulièrement sensibles au problème des déchets. A terme, la solution pourrait aussi s’attaquer au marché des installations domestiques, mais uniquement si la production de Setecom passe le stade de l’industrialisation. La société table sur une dizaine d’implantations fin 2009, pour un chiffre d’affaire de plusieurs millions d’euros en 2010.
Le processus Setecom en images
Le broyage
L'ensachage
Le tri
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ravet | 2.02.09 à 21.16
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