
La B-Zéro de Bolloré et Pininfarina
Comment imaginait-on la voiture du futur, dans nos vieux rêves d’enfants ? Grâce à la science-fiction et aux esprits féconds des scénaristes, on a longtemps cru qu’en 2010, on piloterait des engins mi-roulants, mi-volants. Ou bien, qu’on s’offrirait la petite sœur de « Kitt », attelage bavard à l’allure sportive. Ou encore, qu’on mettrait « Titine » en pilotage automatique, pour nous ramener à bon port après une soirée trop arrosée.
Comme l’imagination débordante s’évanouit avec les années, il a bien fallu ouvrir les yeux. Objectivement. Et que trouve-t-on au rayon des voitures innovantes et écologiques ? Du véhicule électrique, certes, mais qui ressemble plus à une voiturette sans permis qu’à une berline dernier cri. Il faut se sentir extrêmement concerné par la planète pour investir dans une de ces machines infernales, affichant une absence totale d’esthétisme, la vitesse de pointe d’un vélomoteur, et l’autonomie d’un ordinateur portable.
Alors, quand l’heure du choix a sonné, entre la « chose motorisée » qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle qui ramasse les balles de golf ou une petite décapotable, bien polluante, qui pousse à 220 km… La réponse est sans appel.
Pas besoin non plus, d’avoir fait un doctorat en psychologie, pour savoir que la voiture reste inconsciemment un prolongement de la personnalité de nombreux hommes. On imagine, en effet, avec beaucoup de difficultés, un amateur de tuning, impressionner sa « minette » dans un pot de yaourt désespérément silencieux.
Une voiture électrique qui ressemble à… une voiture

La Mini E de Daimler
Fortes de ce constat, les firmes automobiles ont souvent privilégié les jolies lignes et la motorisation, au détriment de l’innovation écologique. Mais, les considérations pétrolières et la crise économique les ont quelque peu contraintes à accélérer le mouvement, question énergies nouvelles. Les constructeurs commencent enfin à comprendre qu’un véhicule « vert », arborant des courbes inélégantes, demeurera résolument invendu.
On voit donc fleurir dans les salons automobiles et sur les chaînes de montage, de jolies voitures non polluantes, comme la petite Smart écolo, vraie citadine et toute électrique. Ou la belle Mini E, dans laquelle il est désormais possible de frimer sans polluer. Voire la bête de course électrique de Tesla Motors, un must à Hollywood. Leonardo Di Caprio, Georges Clooney, Matt Damon… les stars s’arrachent ce roadster vert.
C’est génial, me direz-vous. Mais où peut-on les acheter ? Mauvaise nouvelle. Pas chez nous ! On ne fait malheureusement pas partie des petits veinards qui ont la chance de les tester.
Mais ça va changer ! Le groupe Bolloré, en partenariat avec le designer Pininfarina, a d’abord conçu la Blue E Car pour la remplacer par la B-zéro, présentée au dernier Mondial de l’auto. Une métamorphose ciselée par les stylistes italiens. Ce petit bijou franco-italien fonctionne à l’électricité, mais pas seulement ! Elle est rechargeable en quatre heures, autonome pendant 200 km et peut rouler jusqu’à 125 km/h. Ajoutons à cela le petit plus qui a toute son importance, elle sera commercialisée en France, en 2009, autour de 15 000 euros. Et enfin, point capital : elle ressemble à une voiture !

La Smart EV présentée par Dr. Dieter Zetsche, le PDG de Daimler AG.
Malgré tout, il reste une question de taille. Maintenant qu’on dispose d’une belle automobile, non polluante, qui avance plus vite qu’un vélo et qui ne tombe pas en rade toutes les deux heures, il s’agirait de développer les lieux qui pourraient l’alimenter en électricité. Si on a la chance d’habiter en région parisienne, on devrait survivre. Mais en province ? Les stations publiques de recharge ou d’échange de batterie ne courent pas les rues ? On avouera qu’il serait dommage de devoir passer à coté de ce petit bijou écologique faute d’infrastructures adaptées… alors, on ne baisse pas les bras et on aménage le milieu urbain - vraiment. Allez, au boulot !
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