Séquestration de CO2 : le vrai coup de pouce (naturel) des coccolithophores
The Independent | Stéphane Parpinelli | Cleantech Republic | 27.01.09
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Elle porte le doux nom de Emiliania huxleyi. Cette algue unicellulaire est l’espèce la plus répandue des coccolithophores (crédit photo J.R. Young). Ces organismes microscopiques sont probablement les plus petits coquillages, que contiennent les océans de notre planète. Retenez bien son nom, c’est peut-être – en partie – grâce à elle que notre planète parviendra à lutter naturellement contre les excès de dioxyde de carbone anthropiques.
On pensait jusque-là que les espèces fixant le calcaire (moules, algues, crustacés…) régressaient sur le littoral (*) en raison de l’élévation du taux de concentration de CO2 dans l’atmosphère, et par voie de conséquence, en raison de l’acidification des océans. Un constat inquiétant quand on sait que le processus chimique, appelé calcification marine et auquel se soumettent tous les fabricants de coquilles, constitue l’un des plus importants puits de carbone à l’échelle géologique.

Comme tous ses congénères à coquilles, les coccolithophores convertissent les ions calcium dissous dans l’eau en couches de carbonate de calcium, le composant majeur de la craie, du calcaire et du marbre.
Or, une équipe de recherche au centre national océanographique de Southampton, en Angleterre, a cherché à savoir comment se comportait notre Emiliania huxleyi lorsque qu’augmentait le niveau de CO2 dans l’eau de mer.
La production de ces micro-organismes pourrait doubler d’ici la fin du siècle
Etonnant et contre toutes attentes, le verdict est commenté par Deborah Iglesias-Rodriguez : « L’hypothèse largement répandue selon laquelle l’acidification des océans entraîne une diminution de la calcification chez tous les coccolithophores doit être réévaluée. Nos données révèlent que ces organismes ont réagi au changement climatique en augmentant leur taille et celles des plaques de carbonate de calcium qu’ils sécrètent. »
Mieux, au vu des informations recueillis suite aux expériences menées, elle prédit que la calcification opérée par ces micro-organismes pourrait doubler d’ici la fin du siècle. Battant en brèche les précédentes connaissances emmagasinées dans le domaine de la calcification marine et de ses altérations dues à une hausse du taux de concentration de CO2.
Ce taux est aujourd’hui de 380 ppm (partie par million). Les simulations ont été réalisés par injection de gaz carbonique dans l’eau jusqu’à atteindre un taux de 750 ppm.
A ces niveaux élevés, le coccolithophore étudié se porte comme un poisson dans l’eau. Il génère des plaques de carbonate de calcium de plus en plus grandes à mesure que la concentration de CO2 augmente.
Les espoirs fondés sur ce coquillage lilliputien sont immenses. Les bancs d’Emiliania sont gigantesques (au point que l’on peut les apercevoir depuis l’espace) et leur effet photosynthétique est capital dans le processus d’absorption de carbone.
Entre 1800 et 1994, les scientifiques estiment que près de 118 milliards de tonnes de carbone émis dans l’atmosphère ont été absorbés par les mers, soit environ un tiers des émissions de CO2 dues à l’activité humaine depuis le début de la révolution industrielle.
(*) Lire l’article signé Pierre Kaldy et titré « Les océans intoxiqués par le gaz carbonique » paru dans le Figaro fin décembre.
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