Le Segway joue la carte des transports doux
par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 28.01.09
Jeudi 29 janvier, grève nationale et journée noire pour les transports publics. Un nouvel argument de vente pour Bertrand de La Tour D’Auvergne, pionnier des utilisateurs du gyropode Segway, et directeur général de la holding qui commercialise le véhicule en France. Autoproclamé moyen de transport le plus écologique et le plus économique au monde, le Segway se présente comme un transporteur personnel électrique à deux roues. Sa technologie gyroscopique permet à son passager de se tenir debout. « C’est le premier mode de transport sans accélérateur ni frein, il repose sur l’équilibre de son utilisateur. Pour nous c’est une révolution dans les transports aussi importante que l’invention de la souris dans l’informatique », précise le patron. Chaque gyropode propose deux modes de déplacement : l’un prévu pour les zones publiques allant jusqu’à 8 km/h et l’autre jusqu’à 20 km/h adapté notamment aux pistes cyclables.
Un nouveau modèle de déplacement urbain
Mais avant d’atteindre ces vitesses, il faut déjà se familiariser avec ce drôle d’appareil. Juché sur sa machine, les premiers mètres sont déroutants. Le gyropode avance quand on se penche en avant tandis qu’une pression en arrière le fait reculer. La direction de l’engin s’effectue via des pressions latérales. Rapidement, le maniement devient plus naturel et on déambule dans la ville, passant sans sourciller du bitume aux pavés, en prenant soin de bien s’arrêter au passage piéton. La technologie n’a pas encore eu raison du code de la route. Le voyage se fait donc sans à-coup et quasiment aucun bruit. De quoi attirer les regards des passants et effrayer les meutes de pigeons, visiblement pas encore rompus aux subtilités des transports « doux ».
Ludique et écologique, le Segway est avant tout une véritable ruche technologique : 4 moteurs électriques, 2 cartes mères, 2 batteries, 4 gyromètres et un ordinateur de bord baptisé « Infokey ». Ce dernier ressemble à une montre détachable qui affiche en permanence le niveau des batteries et la vitesse de la monture. Mais comme toujours dans l’électrique, tout se joue au niveau des batteries. De technologie maison, elles disposent d’une autonomie de 40 km et bénéficient d’une chimie lithium phosphate. Leur durée de vie est estimée à 1000 cycles de charge/recharge.
S’imposer chez les professionnels
Lancé timidement en France en 2003, le Segway connaît son vrai départ dans l’Hexagone en août 2006, avec la commercialisation de ses deux modèles phares : le i2 (ville) et le x2 (tout terrain). « Aujourd’hui, il y a un peu plus d’un millier de Segway en circulation en France. Le chiffre double tous les ans. C’est un produit professionnel, on a clairement une stratégie B-to-B. Ils sont achetés par des entreprises, des centres industriels, des loueurs, des profesionnels du street-marketing ou du tourisme », explique Bertrand de La Tour D’Auvergne. Ainsi, le produit a séduit la mairie de Cagnes-sur-Mer pour l’équipement de ses policiers municipaux. Dans un autre registre, la société Versailles Events [3] propose de flâner en Segway dans les jardins du château des rois.
Pour imposer son produit malgré son prix élevé (à partir de 6890 TTC), Segway France met bien sûr en avant son caractère écologique, mais surtout ses prouesses technologiques. « On mise plutôt sur le marketing des nouvelles technologies. Le Segway, c’est comme avoir des jambes de robots, c’est un peu être Robocop sans effort ». Une façon aussi de ne pas s’opposer frontalement à la concurrence du scooter électrique, même si le gyropode n’est pas habilité pour la route.
L’avenir pour les deux associés et la dizaine de salariés parisiens et niçois de Segway, c’est le lancement d’un nouveau concept d’exploitation courant 2009. Présenté en mars prochain à Franchise Expo à Paris, le projet devrait s’adresser aux professionnels désireux de proposer l’utilisation du Segway aux particuliers. Pour l’instant, la discrétion est toujours de mise sur ce futur système de franchise. Une chose est sûre, Bertrand de La Tour D’Auvergne compte bien s’appuyer sur la double problématique du transport en ville et durable pour populariser son drôle d’engin.
Le Segway en vidéo
Fiche technique du Segway i2
- Vitesse maximum : 20 km/h
- Capacité de chargement : 118 kg
- Encombrement : 64 x 64 cm
- Poids : 47,7 kg
- Type de batterie : Deux batteries Lithium-ion Saphion
- Autonomie : 25 à 38 km
- Moteurs : Deux moteurs sans balais (1,5 kW chacun)
- Jantes : 35 cm en thermoplastique renforcé
- Roues :19′ avec chambre à air
- Hauteur de plate-forme : 21 cm
- Garde au sol : 7,6 cm
- Écran : Dispositif de commande Infokey
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seb38 | 29.01.09 à 08.30
Ca a l’air un peu casse-gueule comme même !!! franchement je ne vois pas l’intérêt au-dessous de 20km/h, on est vraiment dans une société de plus en plus fainéante !!!
Ecologique ? il vaut mieux une petite marche sportive le matin pour aller à son travail, sans le souci de recharger les batteries et garer son engin…pour ma part je n’accroche pas…