La dépense dans les énergies propres devra tripler chaque année jusqu’en 2030
par | 02.02.09
Le compte à rebours a commencé. D’après les modèles scientifiques les plus avancés, il y a cinq chances sur six de limiter la hausse de témpérature à un maximum de 2°C en 2050 (comparé au niveau de 1990), et cela en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 80%. Une élévation globale de 2° celsius étant déjà considérée par de nombreux experts comme dangereuse.
Au-delà de ces 2 degrés fatidiques, les conséquences du changement climatique pourraient être catastrophiques. Ne pas dépasser cette augmentation de 2°C signifie que le taux de concentration de CO2 dans l’atmosphère doit être contenu à 450 parties par million (380 ppm en 2008) d’ici 2030. Comment ? En réduisant les émissions anthropiques de CO2 de 60% d’ici cette date !
Pour cela, pas d’autres alternatives que de recourir massivement aux énergies propres. Un rapport de 56 pages présenté dans le cadre du Forum économique mondial (World Economic Forum, WEF) la semaine dernière à Davos, chiffre la dépense nécessaire à ce changement de modèle énergétique. Intitulée « Green Investing, Towards a Clean Energy Infrastructure », cette étude, co-signée du WEF et de New Energy Finance, stipule que l’investissement moyen à engager devra atteindre un montant annuel de 515 milliards de dollars jusqu’en 2030, soit un triplement par rapport à la dépense de 155 Mds$ consentie l’an dernier.
Cette dépense comprend les investissements dans les énergies renouvelables et dans les technologies contribuant à améliorer l’efficacité énergétique.
Les auteurs du rapport - Max von Bismarck et Anuradha Gurung du WEF, et Chris Greenwood et Michael Liebreich de New Energy Finance – se réjouissent de l’acroissement de cette dépense entre 2004 et 2007, laquelle est passée de 34 milliards de dollars à 148 milliards de dollars.
Engager la concertation entre le public et le privé
« Nous ne savons pas précisément à quoi ressemblera l’infrastructure énergétique globale en 2050, mais on peut dire aujourd’hui avec une quasi-certitude quelles seront les sources d’énergies renouvelables qui contribueront de façon significative à un système de production énergétique à faible émission de carbone », indiquent les auteurs.
Le rapport dénombre huit sources d’énergie :
- Eolien onshore
- Eolien offshore
- Solaire photovoltaïque
- Solaire thermique
- Génération d’électricité à partir de déchets solides
- Ethanol à base de sucre
- Cellulose et nouvelle génération de biocarburants
- Géothermie
A noter que l’énergie nucléaire, qui, depuis les années 80, représente 16% de la production électrique mondiale, n’est pas détaillée dans le document du Forum économique mondial.
Les auteurs expliquent par ailleurs qu’un « virage vers un système à faible émission de carbone ne pourra pas être négocié par le simple ajout de nouvelles sources d’énergie renouvelable. Il sera indispensable de changer la manière dont l’énergie est distribuée, stockée et consommée. »
Là encore, des opportunités d’investissement font leur apparition. Le rapport approfondit quatre d’entre elles :
- Efficacité énergétique : « la source d’énergie la moins chère est celle que l’on n’utilise pas. » Récemment, le McKinsey Global Institut estimait le potentiel d’investissement à 170 Mds$ avec un taux de rentabilité interne de 17%.
- Smart Grid : Une architecture de grille électrique décentralisée, pilotée électroniquement, devra remplacer le modèle de distribution basée sur des stations centralisées.
- Stockage d’énergie : Qu’il s’agisse de lisser les fluctuations de l’offre et de la demande ou d’alimenter les batteries des voitures électriques, le besoin de stocker l’énergie va en grandissant.
- Séquestration et stockage du carbone : bien qu’il n’y ait pas encore d’installations à grande échelle, on dénombre, à travers le monde, 200 projets à divers stades d’avancement.
Pour les auteurs, 2009 est une année charnière ponctuée en décembre par le sommet de Copenhague, dont devrait émerger un nouveau protocole de gouvernance planétaire prenant le relais de celui de Kyoto.
Avant cela, pour emprunter la route des énergies propres, ils suggèrent d’aboutir rapidement à « une coalition des expertises publiques et privées », réunissant les représentants des pouvoirs législatifs, les responsables des grandes entreprises énergétiques et ceux des sociétés d’investissement.
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