Heat2Power récupère la chaleur résiduelle perdue par l’échappement des moteurs
Efficacité énergétique | 3 réactions
par | 11.02.09

Attendre la voiture électrique ? Croire en l’hydrogène ? Et si on commençait déjà par rendre le moteur thermique moins nocif. La société française Heat2Power travaille ainsi sur une technologie d’optimisation du moteur à combustion.
Baptisé TERS comme Thermal Energy Recovery System, ce procédé propose de récupérer la chaleur résiduelle perdue par l’échappement des moteurs pour la transformer en puissance utile. De quoi améliorer le rendement de nos véhicules et donc réduire leurs émissions de CO2.
Au début de ses travaux, Randolph Toom, Directeur général d’Heat2Power, se serait bien contenté d’adapter une technologie existante de régénération thermique. Seulement voilà, aucun des 40 procédés analysés, comme le moteur de Stirling ou les cycles de Rankine n’étaient adaptables aux véhicules actuels.
Vendre des licences aux constructeurs
« Notre système doit être d’une grande flexibilité pour pouvoir être monté sur une multitude de véhicules, de marques et de moteurs ». Heat2Power décide donc de mettre au point sa propre technologie et cultive le « DIY » (Do It Yourself) : deux actionnaires privés et une petite équipe pour un projet d’envergure mondiale.
Leurs recherches débouchent sur un module relié au moteur par le biais d’une courroie ou d’un engrenage. L’énergie thermique est extraite de l’échappement du moteur au moyen d’un échangeur de chaleur. Ce dernier est placé après le catalyseur (pour les véhicules à essence) ou après le filtre à particules (pour les véhicules diesel). Un dispositif compact et léger qui s’adresse aux fabricants désirant améliorer les rendements de leurs produits.
« Notre objectif consiste à vendre des licences aux constructeurs. Nous n’avons pas l’intention de devenir fabricants. Nous destinons Heat2Power à l’automobile, aux poids lourds, aux bateaux à moteur, aux groupes électrogènes, voire même au train. La première étape consistera à cibler les groupes électrogènes, car leur fonctionnement est assez simple », précise Randolph Toom.
Pour séduire, l’équipe de Heat2Power pourra arguer des atouts de leur innovation, et en particulier ses gains de consommation estimés entre 12 et 15% sur un moteur essence. A environ 150 km/h, le TERS permettrait ainsi une régénération maximale de l’ordre de 5 à 9 kW. Des chiffres que le tout premier module prototype, prévu pour le printemps, devra confirmer.
Le système « greffé » sur un groupe électrogène de supermarché
En attendant cette grande démonstration, Heat2Power suscite déjà l’attention du petit monde de l’automobile et même du sport auto. L’heure est en effet à la réduction des coûts et à la sensibilisation environnementale dans le monde de la compétition. Mais si le système pourrait bientôt faire la joie des pilotes des « Le Mans Series » , il faudra encore attendre un peu avant d’en bénéficier sur les routes européennes. « Nos difficultés sont liées au packaging, à la volonté des constructeurs, au prix et donc à notre positionnement sur le marché. On cherche surtout à développer un produit peu cher et parfaitement adaptable ».
En attendant, Heat2Power équipera déjà dans les prochaines semaines un groupe électrogène de 480 KW alimentant un supermarché. La technologie devrait permettre un gain de 12% sur les 60 000 litres de carburant consommés chaque mois. Une belle performance pour l’innovation française qui représente ainsi un véritable outil de réduction des émissions de CO2. Surtout si l’on adhère au point de vue de Randolph Toom pour qui le moteur thermique n’est pas prêt d’abdiquer. « L’électrique est une technologie peu flexible et vraiment coûteuse. L’hybride est proche de nos performances, mais le surcoût sur un véhicule est de l’ordre de 3000 euros contre 400 euros pour notre module ». Avec Heat2Power, le débat sur l’automobile de demain dispose d’un nouveau trouble-fête.
Le procédé Thermal Energy Recovery System présenté au CleanTuesday du 10 février
Sur le même thème : réduction des émissions de CO2, rendement des moteurs à combustion














Olivier | 11.02.09 à 21.33
“gains de consommation estimés entre 12 et 15%”
Cela signifie qu’un moteur essence, qui a un rendement en cycle d’usage ordinaire de 18% passe au mieux à 20,7% avec ce système.
Randolph Toom: “L’électrique est une technologie peu flexible et vraiment coûteuse”
C’est exactement la conclusion inverse des experts de la Deutsche Bank:
http://www.electron-economy.or.....50660.html
Circuler en voiture électrique coûte 2 fois moins cher (batterie comprise) que de circuler en voiture à essence.