
Véritable symbole de la pollution de l’environnement, le plastique fait sa révolution.
Thomas Lefèvre, président de Nature Plast, société de négoce et de conseil en bioplastiques, participe activement au développement du marché européen depuis 2007. Il nous livre un état des lieux de ce marché complexe.
Selon lui, le marché des bioplastiques est encore embryonnaire mais évolue très rapidement. La plupart de sa centaine de clients est encore en phase de découverte, de test ou de R&D. En réalité, c’est le cas de toute la filière, qui doit s’adapter aux problématiques inhérentes aux dernières innovations.
La conférence européenne sur les bioplastiques European Bioplastics estime le marché annuel européen à 5 millions de tonnes en 2020. Et cela, quand le marché actuel du « plastique pétrole » avoisine les 50 millions de tonnes par an.
Une production annuelle de 300 000 tonnes
En amont de la chaîne, les capacités de production mondiale sont encore faibles. European Bioplastics les évalue aujourd’hui à environ 300 000 tonnes tous bioplastiques confondus, et à 1 million de tonnes en 2011.
De telles capacités ne couvriraient même pas les besoins d’un seul donneur d’ordre international. Danone aurait ainsi marqué son intérêt pour les bioplastiques… mais patiente par crainte d’une sous-capacité d’approvisionnement.
La localisation de la production génère également de l’énergie grise liée au transport. Le PLA, par exemple, est importé d’Amérique du nord ou d’Asie. Le produit fini est ainsi deux à trois fois plus cher que des granules issues du pétrole (avec un baril autour de 50 dollars).
Ces défauts de jeunesse seront corrigés grâce à la construction d’usines européennes, à la hausse du pétrole et aux économies d’échelle.
A l’autre bout de la chaîne, en aval, les plasturgistes doivent se former et faire évoluer leurs méthodes de transformation. Pour chaque produit fini, un travail de mise au point est nécessaire : modification éventuelle des moules, températures, pression d’injection, etc. Point positif immédiat, la transformation des bioplastiques est moins énergivore que celle des plastiques traditionnels.
Les différents types de bioplastiques
Il convient de distinguer l’origine des plastiques et leur capacité à se dégrader. Contrairement aux idées reçues, il existe des plastiques fossiles (issus du pétrole)… et biodégradables. A contrario, certains plastiques d’origine 100% végétale ne le sont pas. Depuis 2001, la norme NF EN 13432 détermine les critères de biodégradation et de compostage des plastiques.
En résumé, pour être considéré comme biodégradable, un plastique doit atteindre 90% de biodégradation en six mois. En outre, la désintégration, c’est à dire la fragmentation en résidus inférieurs à 2 mm, doit être effectuée en moins de trois mois. Ces deux réactions étant réalisées en conditions de compostage.
On trouve aujourd’hui sur le marché deux principaux types de bioplastiques biodégradables :
- les composés amidonnés, PLA (Acide polylactique) et PHA (Polyhydroxyalcanoate), tirés du maïs, du blé ou de la pomme de terre, produits phares de NatureWorks, le leader mondial des bio-polymères.
- Les copolyesters biodégradables dérivés du pétrole, dont le leader est BASF avec Ecoflex.
Les autres bioplastiques étant essentiellement des « mélanges » (formulations) des précédents, parfois accompagnés d’additifs pas toujours très écolos…
Quelle concurrence avec les besoins alimentaires ?
S’il est techniquement possible de substituer des bioplastiques à toutes les formulations conventionnelles, se pose tout de même la question de la concurrence avec les besoins alimentaires de l’humanité. « Seul 4% du maïs produit mondialement est consommé directement par les hommes, explique Thomas Lefèvre. Le reste indirectement via la nourriture animale, et le solde pour la production d’alcool. On devrait donc s’en sortir en augmentant la productivité. »C’est aussi l’avis de la Commission européenne dont les arguments en faveur des biocarburants sont aussi valables pour les bioplastiques : il n’y aurait pas, pour l’heure, de compétition pour les terres agricoles. D’après la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), seule 35% de la surface agricole du globe serait exploitée, autorisant le développement de la chimie verte. On ne demande qu’à les croire…
Fiche d’identité de Nature Plast
- Fondée et présidée par Thomas Lefèvre début 2007 après 2 ans d’étude de marché et de recherche de fournisseurs à l’international.
- Basée à Caen (Calvados)
- Activités : Bioplastiques : Négoce international de matière première . Conseil et ingénierie.
NaturePlast se positionne ainsi sur la totalité de la filière :
- fourniture de la matière première
- études de faisabilité
- conception des formulations
- mise au point les process de transformation
- réglementation
- formation
- veille technologique
- Effectif : 6 personnes
- Objectif de chiffre d’affaires 2009 : de 500 000 € à 1 000 000 €
- Références : une centaine de clients en Europe (2008)
Liens utiles
- Un dossier (en anglais) très intéressant de European Bioplastics
- Nature Plast
- NatureWorks
- BASF - Ecoflex
- L’avis de la FAO
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Olivier | 12.02.09 à 22.05
“il n’y aurait pas, pour l’heure, de compétition pour les terres agricoles”
ONU:
Jean Ziegler qualifie le recours aux biocarburants de ‘crime contre l’humanité’
http://www.un.org/apps/newsFr/.....carburants