
Décriées par les uns, défendues par les autres, les pompes à chaleur sont loin de faire l’unanimité. Dernier motif de discorde, la baisse du crédit d’impôt à l’achat de 50 à 40% au 1er janvier 2009. Une réduction qui en appelle une autre, puisque cette remise fiscale devrait chuter à 25% pour 2010, 2011 et 2012. Il n’en fallait pas moins à l’Afpac (Association Française pour les Pompes A Chaleur) pour monter au créneau et tenter de soutenir sa filière et ses emplois. Face à elle, des opposants qui mettent en doute les arguments écolos du produit. Retour sur les enjeux et les questions d’un débat très « chaud ».
Un marché dopé par le crédit d’impôt
Trentenaire, la pompe à chaleur (crédit photo : De Dietrich) est devenue dans les années 2000 un produit phare de l’équipement « durable », après être restée longtemps cantonnée à un marché de niche. Raison du succès ? La hausse du prix des énergies bien sûr, mais surtout la mise en place d’un crédit d’impôts à l’achat. « Notre secteur a connu une croissance énorme entre 2007 et 2008 avec près de 160% de hausse, explique Emmanuel Laurentin, vice-président de l’Afpac et dirigeant de l’installateur Laurentin SARL (Juillan - 65). L’aide fiscale a décidé les particuliers à investir malgré un coût d’achat élevé allant de 8000 à 30 000 euros pièce ». Une explosion commerciale qui s’est également traduite dans les allées des salons spécialisés, comme Eco-Energies (Mérindol - 84) que co-organise Jean Boulnois : « Lors du salon 2006, nous avons reçu énormément de propositions d’exposants pour des pompes à chaleur. Cela nous a amené à entamer une profonde réflexion sur cette technologie. La conclusion de nos travaux s’est traduite par l’interdiction des pompes à chaleur pour le salon 2007. »
Des performances écologiques discutées
Car si le succès commercial est au rendez-vous, la nouvelle attraction thermique n’est pas au goût de tous les acteurs du développement durable. « Pour nous, une pompe à chaleur reste un gros consommateur électrique. Je n’ai pas trouvé sur le marché des pompes dont le COP (ndrl : coefficient de performance énergétique) était supérieur à 3. Dans notre charte de l’exposant, on impose un COP de 10, car on ne veut pas laisser vendre des solutions qu’on ne juge pas satisfaisantes », lance Jean Boulnois.

Emmanuel Laurentin, Vice-président de l'Afpac : « Certains commerciaux opportunistes sont arrivés pour vendre du crédit d'impôt. Cette réputation nous nuit »
Bien entendu le discours diffère chez les professionnels du secteur qui préfèrent mettre en avant leurs plus récentes innovations, ainsi que l’existence depuis avril 2007 des normes NF PAC (matériel) et QualiPAC (installation). « On peut toujours tout remettre en cause. Mais sur un plan électrique on a désormais des machines dont les COP atteignent 4. Les vrais installateurs travaillent avec des produits qui disposent de larges garanties de fabrication », précise Emmanuel Laurentin. Autres casus belli, l’utilisation de fluides nocifs par certains constructeurs et surtout la possibilité de transformer son matériel en climatiseur l’été : inutile selon les anti-PAC qui prônent une meilleure isolation des habitats ; crucial après l’épisode caniculaire de 2003 pour le vice-président de l’Afpac.
Un secteur qui souffre de sa « mauvaise réputation »
Mais la polémique ne se résume pas à des considérations techniques. C’est bien l’ensemble d’une filière qui est montrée du doigt en raison de certaines de ses pratiques commerciales. Assez abusives pour que ses représentants fassent leur mea-culpa et décident de s’engager dans une démarche qualitative. « La remise fiscale a été un vecteur d’accentuation des ventes, mais a également entraîné l’arrivée de commerciaux opportunistes venus pour vendre du crédit d’impôt, indique Emmanuel Laurentin. Cette réputation nous nuit, alors que nous souhaitons que la filière se porte bien, avec des produits de qualité. Les bons payent pour les mauvais. La mise en place d’un éco-label va permettre de restreindre les crédits d’impôts aux 20 % de produits les plus performants. » Pragmatique, l’Afpac propose également de réviser la réduction des aides fiscales en la portant à 40% pour 2009 et 2010 et à 30% en 2011 et 2012. Le temps, sans doute, de faire taire les critiques en prouvant la complémentarité de la pompe à chaleur avec les autres outils de l’habitat « durable ».
Une pompe à chaleur, qu’est-ce que c’est ?
Si l’on se réfère à la définition de l’Ademe, les pompes à chaleur sont des équipements qui permettent d’économiser les énergies fossiles, tout en limitant les rejets de gaz à effet de serre. Elles peuvent puiser la chaleur dans le sol ou dans l’eau des nappes phréatiques : on parle alors de pompes géothermiques. Mais aussi dans l’air, avec les pompes aérothermiques qui sont notamment conçues pour les particuliers. Ces pompes peuvent alors s’inscrire dans une logique air-eau (la pompe récupère les calories de l’air ambiant pour alimenter un circuit de chauffage) ou dans un schéma air-air (l’air extérieur chauffe directement l’air du logement). L’air peut également être puisé à l’intérieur du logement via une pompe à chaleur de type air extrait - air neuf. A noter que le crédit d’impôts sur les PAC air-air n’existe désormais plus.
Pour aller plus loin
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irisyak | 24.02.09 à 22.07
J’attends avec impatience les pompes à chaleur qui fonctionneront avec autre chose que des compresseurs. Les gaz sont redoutables avec l’Effet de serre. Il s’en échappe toujours.
Il en existe qui fonctionnnent avec du CO² .. elles ne sont sans doute pas au point.
Il y a celles qui fonctionnent sur le principe du réfrigérateur magnétique; le COP serait alors très élevé.
Il y a celles qui fontionnent avec la zéolithe.
Où en est-on?