
La maison écologique apparait désormais comme une réelle nécessité et un engagement éco-responsable. Mais a-t-on les moyens de se loger bio ? La construction d’un habitat bioclimatique s’apparente-t-il à un luxe du troisième millénaire ? Et si, à l’inverse, le marché porteur du green nous amenait doucement vers une vulgarisation de l’achat éco-responsable ?
Conscient des problématiques liées au pouvoir d’achat des français, la société Terra Cités, spécialisée en construction de bâtiments bio, tente de faire concilier une prise de conscience écologique avec des possibilités d’investissements financiers de plus en plus réduites: « Notre réponse à la potentielle « contradiction » du bâtiment éco-conçu et du pouvoir d’achat : la promotion de la sobriété ! A-t-on réellement besoin d’un garage ou un simple auvent peut-il être suffisant ? Une maison de 200m² est-elle réellement utile ? … l’économie se fait également sur notre mode de commercialisation. Nous éliminons les intermédiaires (et donc certains coûts) par de la vente en ligne. En dernier lieu, et c’est certainement la meilleure solution pour les petits budgets : nous proposons une offre d’auto-construction assistée, Le maitre d’ouvrage s’engage à prendre en charge une partie des travaux, nous l’accompagnons et le formons si nécessaire. Très concrètement, nous gardons la conception (le travail du couple architecte-thermicien) car c’est une compétence toute particulière. Ensuite en fonction de la motivation et du budget de la personne, le maitre d’ouvrage peut réaliser une partie des travaux (plâtre, …) ». une construction à la carte, selon ses compétences et ses moyens.
Mais le calcul des coûts doit se faire également sur du long terme, pour constater les économies réalisables grâce à l’éco-conception d’une bâtisse, comme le souligne Jean-Philippe Cieslak, Président de Terra Cités : « Rappelons qu’acheter ou faire construire aujourd’hui une maison classique est un cadeau empoisonné : difficile à chauffer et invendable d’ici quelques temps, ces investissements sont de vrais gouffres. Autant prendre le virage dès aujourd’hui et investir durablement ».
Pour Lydéric Veauvy et Olivier Camus, Les deux architectes lillois de chez « Tank architectes », l’idée d’effort individuel et collectif, notamment sur le plan financier, pour participer à la sauvegarde de notre planète, dépasse la notion de luxe en tant que tel : « C’est une responsabilité que l’on souhaite porter ou non pour les générations futures. Nous ne pensons pas que nous pouvons considérer cela comme un luxe, mais plutôt comme une nécessité non négociable. Il faut cependant être très prudent sur la récupération idéologique de ces idées et se méfier de la récupération marketing que l’on retrouve dans de nombreux domaines. Nous pensons qu’à terme nous ne parlerons plus d’éco construction, mais de projet d’architecture, de logement, et que la question écologique sera devenue ordinaire. C’est ce vers quoi il faut tendre. »
Vers une démocratisation du logement bioclimatique ?
Puisque le logement écologique est de moins en moins confidentiel et que la concurrence se fait rude entre les différents acteurs du marché, on peut imaginer dans un futur relativement proche une démocratisation de ce type d’habitat. Que faudrait-il pour que la maison bio passe de la marginalité à la norme ? Selon Terra Cités, la popularisation de la maison bio ne pourra se faire sans une réelle volonté de l’Etat : « L’avenir du bâtiment éco-conçu est décrit par les lois ! Malgré une prise de conscience collective progressive, le secteur de l’immobilier respectueux de l’environnement est encore très largement tributaire des aides de l’Etat et de l’engagement des collectivités à montrer le changement. Pour inciter les professionnels qui continuent à proposer des passoires thermiques mais équipées de panneaux solaires à modifier leurs offres, le changement sera certainement impulsé par la réglementation ».
Conscientes du retard de la France par rapport à certains de ses voisins européens, notamment d’Europe du nord, les entreprises françaises spécialisées dans l’éco-conception de bâtiments attendent des réglementations moins timides et plus engagées écologiquement. A quand un nouveau Grenelle de l’environnement et des mesures concrètes qui orientent notre économie sur des investissements durables ?
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ponte | 28.02.09 à 20.54
Il faut que l’Etat aide plus !
http://www.digg-france.com/CUL.....-DES-COUTS