
Vous souffrez de « bétonite aigue » ? Les chauffages électriques et les vieilles chaudières vous poussent à une surconsommation en contradiction avec votre conception de l’écologie ? Et si vous vous logiez « green » ? Même en ville… La société Terra Cités, spécialisée dans l’habitat bio est en train de construire un immeuble passif de 15 logements à Thiais (94) en Ile-de-France. Bonne nouvelle ! Il n’est plus nécessaire de vivre dans le Larzac pour être plus proche de la nature. La bio-conception de bâtiments se démocratise, jusque dans nos grandes agglomérations polluantes. Le logement bio apprivoise la cité et les petites entreprises militantes d’antan doivent faire face à une demande croissante, comme le souligne Jean-Philippe Cieslak, Président de Terra Cités : « Les fondateurs de Terra Cités ont commencé leurs actions dans une aventure associative. Il s’agissait d’un travail de militantisme consistant à l’époque à promouvoir les principes du développement durable auprès des collectivités locales afin de participer à l’essor des zones rurales. Aujourd’hui l’engouement commence à prendre de l’ampleur et ce sont les efforts de nombreux acteurs (dont les associations environnementales sont les pionniers) qui sont récompensés. Et ce n’est que le début ! »
Innovation ou retour à la tradition ?
Et si la maison écologique ressemblait de très près à celle de nos aïeuls, comme l’explique Jean-Philippe Cieslak : « Finalement « la maison bio » c’est uniquement le retour aux fondamentaux qui existent depuis toujours : utiliser les ressources locales (bois, eau) ou « gratuites » (soleil, vent), opter pour la sobriété ». En effet, L’usage d’un matériau naturel comme le bois, l’isolation naturelle, l’utilisation à bon escient du climat ou encore les toitures végétales… Autant de vieilles méthodes que nos ancêtres utilisaient pour se loger confortablement. Mais au-delà de l’éco-conception de la bâtisse, le retour aux sources est prôné jusqu’à l’art de vivre : « Dans nos programmes immobiliers écologiques nous avons toujours à cœur d’ajouter une dimension sociale et humaine. Concevoir des zones résidentielles sans espace de vie commune est une erreur faite en France dans les années 70, à nous de ne pas la répéter ! Pour cela, nous n’hésitons pas à prendre des initiatives atypiques. A titre d’exemple, dans l’un de nos programmes à Autun nous créons un “jardin bio ».
Le logement éco-conçu : un socle traditionnel auquel s’ajoute des projets innovants en termes de géothermie, ou d’énergie hydraulique par exemple. Un savant mélange entre innovations et fondamentaux, qui évolue de la toiture au jardin : « pour nous (Terra Cités) l’éco-conception va plus loin que la question de la conception ou de la mise en œuvre (utilisation de peintures végétales). Nous agissons pour une insertion harmonieuse et pertinente de nos maisons dans l’environnement sans oublier le confort et la santé des utilisateurs. Sur la question de l’insertion : nous menons une démarche globale de préservation de la faune et de la flore dans les régions françaises au travers de conventions signées avec les parcs régionaux et les associations protectrices des animaux ». Mais cette vision éco-responsable peut-elle s’exporter jusqu’au goudron de nos cités ?
Comment bâtir « green » en milieu urbain ?
Le coût de la fabrication en zone urbanisée et les sites à fortes densités de population semblent compliquer un peu la tâche des constructeurs de logements bio. La société Terra Cités qui bâtit « écolo » aussi bien en milieu rural qu’en agglomération urbaine a pris toute la mesure de ce qu’une construction citadine implique : « Bien évidemment le foncier n’ayant pas la même valeur, nous sommes poussés à être doublement innovants en zone urbaine pour optimiser le foncier. Nous allons opter plutôt pour des constructions collectives, une solution avantageuse pour lutter contre l’étalement urbain parfois en contradiction avec une logique écologique (par exemple l’étalement conduit à une sur-utilisation des moyens de transport individuels, comme aux Etats-Unis) ».
Au-delà du prix au mètre carré, le milieu urbain nécessite-t-il une prise en compte particulière pour intégrer un logement bioclimatique et ses contraintes, à une architecture citadine souvent bigarrée ? Selon Lydéric Veauvy et Olivier Camus, architectes lillois chez «Tank architectes », l’intégration d’un édifice éco-conçu dépasse largement le clivage ville-campagne : « un projet est nécessairement contextuel. L’orientation, les vues, les vis-à-vis, la poésie, l’histoire du site varient. Un projet écologique est nécessairement différent en milieu urbain et en milieu rural. Les problématiques diffèrent, l’échelle des projets également. Un projet n’est pas seulement une éco-construction. L’Eco-construction est devenu un paramètre non négociable d’un projet, tout le monde adhère à cela. Un projet d’architecture s’intègre au paysage en fonction de données plus complexes, des idées développées, il n’y a pas de règle en la matière. Cependant, les données physiques d’un site (l’orientation, les vues, l’exposition aux vents, l’état préexistant du terrain, le patrimoine végétal à conserver, l’impact envisagé de la construction sur le site, etc.…) sont considérées à la fois d’un point de vue urbain et architectural mais aussi d’un point de vue écologique. »
Aucun doute, la « maison bio » ne représente plus l’habitat du futur, mais bel et bien celui d’aujourd’hui. Architectes, concepteurs, constructeurs et acheteurs se dirigent tous vers l’habitat éco-responsable. Alors, préparons nous à voir pousser, entre deux murs de béton, du bio et du beau.
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