Vendredi 31 octobre 2014

Des exploitations agricoles autonomes grâce à l’hydrogène ?

Agriculture | 1 réaction

par Olivier Barrellier | Cleantech Republic | 03.03.09

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« Vous, les paysans, vous n’payez pas votre pain, vous n’payez pas votre vin, vous n’payez pas votre lait, vous n’payez pas votre beurre, vous ne payez pas votre fromage, vous ne payez pas vos volailles, vous ne payez pas votre viande,… mais, oh, faut payer le sel ! » disait l’humoriste Fernand Raynaud dans un de ces sketchs en 1965.

Le mythe du paysan auto-suffisant a fait long feu. La mécanisation de l’agriculture et l’augmentation de la surface des exploitations ont fait du diesel un des principaux postes de dépense des fermes modernes.

La fabrication de l’hydrogène à la ferme

New Holland Agriculture, filiale agricole du groupe Fiat, propose une réponse globale. Le concept repose sur la production in situ de l’hydrogène nécessaire au fonctionnement d’engins motorisés par des piles à combustibles.

L’électricité verte nécessaire à l’électrolyse de l’eau, et donc à la fabrication de l’hydrogène, sera produite directement à la ferme. Les agriculteurs disposent en effet de place pour installer des éoliennes, de bâtiments dont les toits peuvent accueillir des panneaux solaires, et de biomasse gratuite. « Tous les éléments de la chaîne existent déjà et sont disponibles sur le marché, y compris les électrolyseurs et les réservoirs de stockage », indique Ludovic Vimont, responsable communication de New Holland France.

Un enjeu financier pour l’agriculteur

« Le concept du circuit fermé n’est pas nouveau !, explique un agriculteur normand à la tête d’une exploitation moyenne de polyculture. Autrefois, 30% de la production d’une ferme servait à son fonctionnement. Nous travaillons déjà depuis plusieurs années à la valorisation de nos produits et de nos déchets sous forme d’énergie directement produite et utilisée à la ferme, et cela, plutôt autour de la production de méthane ou de bioéthanol ».

La dimension écologique n’est pourtant pas l’aspect le plus déterminant pour lui : « Nos investissements sont très lourds. Il est indispensable pour nous de savoir où nous mettons les pieds. Or aujourd’hui, la volatilité des cours de vente de nos produits s’ajoute à celle de l’énergie. Nous aimerions pouvoir fixer un des deux paramètres et nous soustraire aux variations du prix du pétrole ». On peut le comprendre : l’énergie représente 20% des dépenses de fonctionnement d’une exploitation moyenne (source Chambre d’Agriculture Départementale du Calvados).

Un tracteur à hydrogène

Le premier engin proposé par New Holland est un tracteur, le NH2, dont le prototype vient d’être présenté au SIMA2009 (Salon International du Machinisme Agricole). Réalisé à partir d’une plate-forme classique, celle du T6000, ce tracteur électrique embarque deux moteurs, un pour le déplacement, le second pour actionner les outils. La pile à combustible, développée par Fiat, équipe déjà la Panda Hydrogen. Le NH2 développe 106 chevaux et dispose de 2 heures d’autonomie. « Un tracteur diesel permet un journée de travail complète avec un plein, explique notre agriculteur normand. Mais les tracteurs de 100 chevaux sont les plus polyvalents et repassent souvent par la ferme pour recharger les pulvérisateurs par exemple. La contrainte paraît donc acceptable ». New Holland compte bien sûr améliorer l’autonomie d’ici à la commercialisation, prévue pour 2013 ou 2014. A terme, c’est toute une gamme d’engins agricoles à hydrogène que New Holland souhaite proposer.

Coté tarif, Ludovic Vimont déclare : « Dans les cinq ans qui viennent, les prix des tracteurs diesel vont augmenter du fait des nouvelles normes antipollution. Dans le même temps, les piles à combustible devraient se démocratiser. Nous tablons donc sur un prix de vente du NH2 assez proche des tracteurs traditionnels ». Pour information, un T6000 coûte aujourd’hui entre cinquante et soixante mille euros.

Reste à savoir combien les agriculteurs devront débourser pour devenir producteurs d’hydrogène… Les premières fermes pilotes devraient être opérationnelles dans les deux ans.

Le marché français de l’agro-équipement en hausse de 20% en 2008

Selon Axema (l’Union des industriels de l’agro-équipement), le marché français des engins agricoles a progressé de 20% en 2008 et atteint 4,6 milliards d’euros. 43661 tracteurs ont été immatriculés l’an dernier, soit une hausse de plus de 16% par rapport à 2007.

Le marché français est le premier marché d’Europe. Viennent ensuite l’Allemagne, l’Italie, le Royaume Uni et l’Espagne.

Les ventes d’agro-équipements se répartissent comme suit :

  • Polyculture et élevage : 30 à 40 %
  • Grandes cultures : 30 à 35 %
  • Espaces verts : 20 à 25%
  • Viticulture, arboriculture, cultures spécialisées : 10 à 15 %

Vos réactions

FARDEAU | 22.01.11 à 11.51

Excellente initiative de New Holland. J’investi moi-même dans les énergies renouvelables. Pourquoi ne pas développer un tracteur à gaz? Il y a plus de chance de trouver du gaz pour de longues années, capacité de production locale (hydrolise du bois, bio masse,…hydrogène)

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