« Avec le programme Ecotech, nous voulons favoriser l’innovation de rupture »
par | 05.03.09

Philippe Freyssinet, Responsable du Département Energie Durable et Environnement au sein de l'Agence Nationale de la Recherche.
Lancé en janvier, Ecotech est un programme de recherche technologique triennal ciblé sur les éco-innovations. Il vise deux objectifs : le travail sur des modes de production industriels durables et le support aux innovations dans le secteur des éco-technologies. Il s’adresse à la fois aux laboratoires de recherche et aux entreprises.
Il prend le relais du Precodd (Programme de recherche sur les éco-technologies et le développement durable), le précédent cycle de recherche mené de 2005 à 2008. A un mois de la date limite de soumission des dossiers, Philippe Freyssinet, Responsable du Département Energie Durable et Environnement au sein de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), nous livre les ambitions de ce nouveau programme.
Cleantech Republic : Comment va se dérouler l’appel à projets Ecotech 2009 ?
Philippe Freyssinet : La date limite de soumission des dossiers a été fixée au 8 avril. Passée cette date, un comité d’évaluation scientifique se réunira pour étudier les candidatures. Il est constitué d’experts issus à parité de laboratoires de recherche et d’entreprises. Suite à ses observations, un second comité se chargera de classer les dossiers en fonction de leur faisabilité et de leur intérêt. Ce classement sera découpé en trois listes : A pour excellent, B pour les avis réservés et C pour les dossiers écartés. En fonction de nos capacités financières, un comité de pilotage établira le classement final de l’appel à projets. Les résultats seront connus la deuxième semaine de juillet.
A combien s’élève le montant des financements ?
Cela va dépendre de la qualité des projets soumis. S’il y a beaucoup de bons dossiers alors le budget du programme pourrait être revu à la hausse. A titre d’exemple, l’an passé dans le cadre du Precodd, le financement était de 14 millions d’euros. Entre 2005 et 2008, ce sont près de 73 projets qui ont été financés, alors que nous recevions entre 80 et 85 projets par an.
Quel est le profil type d’une candidature ?
Dans 70% des cas, il s’agit d’un partenariat public-privé. 25 à 30% des dossiers sont coordonnés par des entreprises, le reste par des laboratoires publics. Les projets peuvent déboucher sur des créations d’entreprises, mais c’est assez rare.
Quels types de projets espérez-vous attirer dans ce nouveau programme ?
Ce qu’on attend le plus, c’est l’arrivée d’équipes de recherche non spécialisées dans l’environnement et qui proposent des transferts de technologies. Je pense notamment aux gens venus du secteur des STIC ou des nanotechnologies. Avec Ecotech, nous voulons favoriser les ruptures technologiques.
L’appel à projets est-il également ouvert aux sciences sociales et humaines ?
Oui, c’est même l’un de nos objectifs. Avec le Precodd, nous avions du mal à inciter les chercheurs de ces domaines à candidater, car ils considéraient que ce genre de programme n’était pas fait pour eux.
Plus globalement, comment jugez-vous la place des cleantechs en France ?
En fait, nous sommes plutôt bons. Des conclusions tirées du Precodd, nous en avions déduit que nous disposions d’une offre très forte, mais qu’elle reste très franco-française. Nous n’avons pas de visibilité au niveau européen, alors que l’on compte des leaders mondiaux de l’environnement. Il faut chercher à mieux valoriser cette position. C’est pourquoi nous réfléchissons à une éventuelle ouverture à l’internationale de l’appel à projets Ecotech. Cela sera peut être pour 2010.
Quelques projets remarquables lauréats du Precodd 2008
SEGTEUP
– Systèmes extensifs pour la gestion et le traitement des eaux urbaines de temps de pluieVALORIA
– Développement d’une nouvelle filière de traitement et de valorisation des sous-produits organiques issus de l’assainissement (composants pour bioplastiques, à partir de boues de step)FLUXOBAT
– Développement d’outils optimisés pour l’évaluation des transferts de COV depuis une source dans le sol vers l’air atmosphérique et l’air intérieur des bâtiments (développement d’outils pour l’ingénierie).VALDECO
– VALorisation économique Des dommages ECOlogiques causés à l’environnement marin – Application aux marées noires (méthodologie d’évaluation économique des biens environnementaux)
Sur le même thème : appel à projets, cleantech, éco-innovations, éco-technologies, recherche













