Nenuphar prépare des parcs éoliens offshore flottants
par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 10.03.09
En proie à des complications sur la terre ferme (querelles esthétiques, saturation des emplacements…), le marché du grand éolien pourrait s’orienter massivement vers les mers et océans dans les prochaines années. Partisan de cette nouvelle donne, la société lilloise Nenuphar propose une solution de parcs éoliens offshore flottants.
Son innovation cleantech permet de s’affranchir des contraintes des profondeurs d’eau, d’optimiser la robustesse des installations et surtout de réduire les coûts. Un défi conséquent sur un marché qui promet beaucoup.
Une technologie novatrice
« Si on veut aller en mer pour produire de l’électricité, autant flotter. C’est ce qui dérange le moins les pêcheurs, la faune, la flore et les plaisanciers et en plus le vent est de meilleure qualité. Et puis l’homme sait le faire depuis des siècles ». C’est certain, il y a du bon sens dans les propos de Charles Smadja, co-fondateur de Nenuphar. Son projet n’en manque pas non plus : remplacer les éoliennes offshore bétonnées dans les sols marins par des réseaux d’éoliennes flottantes. De quoi engendrer une réduction conséquente des coûts d’investissement et d’exploitation des parcs, tout en facilitant leur déploiement. Le système lillois pourrait ainsi permettre des implantations sur des profondeurs de 20 à 200 mètres, contre 15 à 30 actuellement. « Là où les autres s’arrêtent, Nenuphar commence ».
Pour tenir son défi, Charles Smadja et ses partenaires (grands centres universitaires, sociétés du pétrole et du gaz…) planchent sur un concept qui joue la carte de l’innovation à tous les étages. D’abord avec une caractéristique majeure : sa verticalité. « Sur un bateau, le centre de gravité est toujours le plus bas possible. On s’en est inspiré pour choisir une éolienne avec un centre de gravité bas et donc une meilleure flottaison », explique Charles Smadja. Autre originalité du concept signé Nenuphar, sa pale monobloc, c’est à dire composée d’un unique morceau de composite, afin de renforcer sa résistance. Dernier atout, un système qui permet d’optimiser le fonctionnement de la machine, quelle que soit la vitesse de vent.
Une éolienne qui flotte donc, mais qui ne coule pas, grâce à un système breveté de flotteurs façon « bouée-crayon ». Une technologie qui a déjà fait ses preuves dans le domaine du pétrole, et qui est ici utilisé dans une toute nouvelle approche. Le procédé lillois propose en effet de mettre en mer un réseaude flotteurs, et non pas des machines dissociées. Le parc éolien se composerait ainsi d’une grappe d’éoliennes reliées entre elles. Des ancrages périphériques assurant la fixation de l’ensemble.
Montrer ses atouts pour conquérir un marché d’avenir

Charles Smadja, co-fondateur de Nenuphar : « On a fait le calcul qu'il valait mieux proposer des petites machines très fiables. De façon à réduire les coûts de maintenance. »
Sur un marché naissant, Nenuphar entend bien faire jouer les qualités de sa solution maison. Comme souvent, le premier argument est financier. Son produit pourrait représenter des gains d’investissement et d’exploitation de 30% par rapport à la concurrence. Pour tenir ces chiffres, la PME lilloise s’appuie sur des machines plus petites et plus robustes, même si moins puissantes (600-700 KW contre 2 ou 3 MW pour ses concurrents). « Nous avons fait le calcul qu’il valait mieux proposer des petites machines très fiables. De façon à réduire les coûts de maintenance. »
Lancé en juin 2006 par Charles Smadja et Frédéric Silvert, deux associés déjà co-fondateurs du bureau d’étude « Vents du Nord », Nenuphar espère rentrer sur le marché de l’éolien offshore en 2011. La société fournira alors sa solution à des développeurs ou des exploitants de projets éoliens (opérateurs…). D’ici là, le système devra faire ses preuves. « Nous avons terminé les études de faisabilité, cela a pris deux ans. Nous allons réaliser en 2009 un prototype au quart d’échelle, soit environ 10 mètres de haut. Il sera d’abord testé sur terre avant d’être mis en mer », explique Charles Smadja, qui compte séduire des clients dans les zones les plus adaptés à ce type d’installations comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou la France.
Nenuphar table sur un chiffre d’affaire de près de 100 millions d’euros d’ici à cinq ans. L’effectif de l’entreprise nordiste pourrait lui s’ouvrir à une trentaine de personnes. Certainement pas de trop, pour affronter les vents mauvais de la concurrence.
Le projet breton Winflo également dans la course
C’est l’un des projets les plus attendus en France en matière d’éolien offshore. Winflo (Wind turbine with INnovative design for Floating Lightweight Offshore) est porté par un consortium formé par Nass&Wind, DCNS, SAIPEM, In Vivo, l’IFREMER et l’ENSIETA. Il consiste à la réalisation d’un nouveau concept d’éolienne flottante pour des fonds d’une profondeur de 50 à 150 mètres. L’innovation se compose d’un flotteur innovant de type semi-submersible, d’une éolienne légère dotée d’un rotor tripale et d’un dispositif d’ancrage caténaire adapté à tout type de sol. Winflo prévoit également un concept de maintenance par internet inspiré du naval militaire. En 2011, un démonstrateur d’une puissance de 2 à 3 MW sera placé dans les eaux bretonnes pour un test grandeur nature pendant un an. La commercialisation pourrait démarrer dans la foulée en 2013. Selon le consortium, le lancement de Winflo pourrait permettre la création de 5000 emplois.
D’autres initiatives à l’étranger
La France n’est pas la seule à croire dans les mérites de l’éolien offshore flottant. Bon nombre d’industriels étrangers s’activent à développer cette filière pour partir à l’assaut des océans dans les prochaines années. Rapide revue d’effectif.
- Eoliennes verticales :
- Eoliennes horizontales :
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Aline | 11.03.09 à 11.13
Très intéressant, merci. Et hop: dans mon Delicious.