Toyota et EDF proposeront des véhicules hybrides rechargeables à Strasbourg
par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 19.03.09

Une voiture qui patiente silencieusement au feu rouge, l’image surprendra sans doute les touristes en goguette dans les ruelles de la Petite-France. Mais il faudra s’y habituer puisque dès la fin 2009, Strasbourg disposera en location d’une centaine de véhicules hybrides rechargeables. Un test grandeur nature mené par Toyota et EDF, qui ont annoncé hier la signature d’un partenariat sur trois ans pour équiper la cité européenne.
Une expérience unique dans une ville française
Mais attention, la vague verte déferlera en douceur sur l’Alsace. L’accord concerne en effet uniquement des entreprises et des partenaires institutionnels de la région de Strasbourg. Ces derniers bénéficieront de véhicules de dernière génération, dont les batteries lithium-ion pourront être réchargées via une simple prise électrique. Pour cela, EDF via sa filiale Électricité de Strasbourg (ÉS) prévoit l’installation de plusieurs centaines de points de charge que ce soit au domicile des utilisateurs, dans les locaux des entreprises partenaires, dans les parkings ou bien encore sur la voie publique.
Un bon test avant d’envisager une éventuelle future commercialisation du service. Ce réseau permettra aux automobilistes urbains de rouler à petite vitesse en mode « zéro émission », le moteur thermique reprenant le relais au-delà de 50 km/h. De son côté, Toyota équipera ses véhicules d’un système novateur de charge qui permettra d’assurer la sécurité d’alimentation, la communication entre la prise et le véhicule, l’identification du véhicule et la facturation de l’énergie.
Le projet strasbourgeois bénéficie d’une aide du Fonds démonstrateur de recherche géré par l’Ademe. Il a en effet été sélectionné avec sept autres projets dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt sur les véhicules à faibles émissions de gaz à effet de serre. Pas étonnant dès lors que l’initiative de Toyota et d’EDF ait été grandement saluée hier par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire « Cette expérimentation [...] est une première mondiale. Je me réjouis que sa localisation en France soit en grande partie liée à l’engagement des pouvoirs publics français en faveur du véhicule décarboné. »
La voiture du futur est-elle vraiment pour demain ?
Le gouvernement entend bien d’ailleurs s’appuyer sur ce genre d’initiatives pour mettre en avant son récent plan « véhicules décarbonés ». Un dispositif qui prévoit des mesures comme l’extension aux véhicules utilitaires légers du bonus de 5000 € à l’achat ou encore la présélection en vue de leur financement par le Fonds Unique Interministériel (FUI) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) de deux plates-formes d’innovation public-privé sur les batteries et sur les véhicules électriques et hybrides.
Autre initiative, l’annonce le 17 février par l’Etat de sa « stratégie de déploiement des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et hybrides ». Soit la mise en place d’un groupe de travail alliant constructeurs automobiles, collectivités et grands groupes (Total, EDF, Veolia…) pour une réflexion commune, qui sera matérialisée en juin par la publication d’un rapport sur la voiture propre. Dans cette même dynamique, plusieurs grands comptes (publics et privés), ainsi que l’Etat, se sont engagés à commander 100 000 véhicules décarbonés d’ici 5 ans. Mais gare aux effets d’annonce. En 2003, le plan « voitures propres » lancé par Jean-Pierre Raffarin n’avait au final pas dépassé la barre des 5000 véhicules vendus. Pour la voiture « verte » aussi, la route est droite, mais la pente est raide.
Les constructeurs français également en piste
- Renault mise sur le tout électrique
- Toyota n’est pas le seul constructeur à pouvoir se gargariser d’un partenariat avec EDF. Le 9 octobre dernier, lors du salon de l’automobile de Paris, Renault Nissan signait en effet un protocole d’accord avec l’opérateur historique pour la création prochaine d’un système de transport individuel à zéro émission et à grande échelle. Pas de solution hybride donc, mais des véhicules 100% électriques. Un marché sur lequel l’alliance Renault Nissan espère devenir numéro un mondial. Le protocole ambitionne un accès à la mobilité électrique pour tous dès 2011. Pour tenir ce calendrier serré, Renault Nissan et EDF veulent proposer un concept commercial innovant qui serait ouvert à d’autres acteurs, afin de permettre la création rapide d’un Opérateur de Mobilité Electrique. Ainsi, l’idée consisterait d’abord à déployer une infrastructure de recharge électrique performante avant de lancer la commercialisation des véhicules en 2011. A ce titre, Renault est le partenaire privilégié de Better Place en France.
- Des véhicules hybrides diesel en 2011 chez PSA
- Ne pas faire de jaloux. EDF et PSA signaient également un accord de coopération le 9 octobre dernier, lequel portait sur le développement et la commercialisation future de véhicules électriques et hybrides rechargeables (stockage de l’énergie, systèmes de charge, protocole de communication entre les véhicules et le réseau de charge…). En juin 2008, PSA a annoncé l’étude d’une collaboration avec Mitsubishi Motors Corporation sur le thème des chaînes de traction électriques. Le constructeur entend déployer massivement la micro-hybridation « Stop & Start » dès 2010 sur toutes ses gammes Peugeot et Citroën. Avant de proposer en 2011 des véhicules hybrides diesel estampillés du lion et du chevron.
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