« Tous les éléments sont réunis pour que le marché français de l’éolien décolle »
par | 25.03.09

Nicolas Wolff, Directeur général de Vestas France.
Face aux vents mauvais de la crise, la filière de l’énergie éolienne organisait la semaine dernière à Marseille sa conférence annuelle européenne EWEC (European Wind Energy Conference). Parmi les exposants, la société danoise Vestas : numéro un mondial du secteur avec son chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros en 2008, ses 38 000 turbines et ses 20 800 employés. L’occasion de faire le point sur les projets de la firme en France en compagnie de Nicolas Wolff, directeur général de Vestas dans l’Hexagone.
Cleantech Republic : Vous venez d’ouvrir des bureaux parisiens. Est-ce synonyme d’une stratégie offensive de votre part en France ?
Nicolas Wolff : Disons que l’ouverture de nouveaux bureaux à Paris représente l’accompagnement de notre croissance. Nous sommes présents en France depuis sept ans via notre siège de Montpellier. Nous nous étions fixés à l’origine en Languedoc-Roussillon, car c’est là-bas qu’a débuté l’énergie éolienne en France. Aujourd’hui être à Paris, en termes de communication et de marketing ça devenait incontournable.
Quelle est votre place actuellement sur le marché français ?
Selon les chiffres, nous sommes numéro un ou numéro deux du secteur, très proches du fabricant allemand Nordex. Depuis notre arrivée sur le sol français, nous avons installé 408 éoliennes, ce qui représente une puissance de 735 MW. Nous sommes 175 personnes pour un chiffre d’affaires de plus de 220 millions d’euros. Nos clients sont principalement des producteurs d’énergie, comme EDF-Energies Nouvelles, GDF-Suez ou Poweo, ainsi que des développeurs de parcs.
Le marché français est-il très difficile ?
C’est un marché qui est en retard par rapport à d’autres pays. Les chiffres de puissance sont parlants : 24 000 MW installés en Allemagne, 16 000 MW en Espagne et seulement 3 404 MW en France. Mais à long terme, la France est le marché qui représente le plus fort potentiel de développement avec la deuxième réserve de vent d’Europe et des engagements politiques très forts. Sur le papier, tous les éléments sont donc réunis pour que le marché décolle.
Que manque-t-il pour transformer ce potentiel en réalité ?
Le point faible en France, c’est le volet administratif. Les processus sont beaucoup trop longs. Ce marché a besoin de stabilité et de visibilité. En ce moment, on a plutôt des surcouches réglementaires qui viennent rendre le système encore plus contraignant. Nous travaillons donc avec le gouvernement sur la régulation. Avec une législation stable, le marché sera prometteur.
Même en période de crise ?
Pour 2009, on ne peut pas parler de crise de la demande, mais plutôt d’une crise de l’investissement. Les banques sont en train de se restructurer. Du coup, les projets ne sont pas annulés, mais reportés. Dans le même temps, on a assisté récemment à une véritable structuration du marché. Les grands producteurs énergétiques sont devenus des acteurs majeurs en rachetant des développeurs, tandis que les sociétés implantées dans les pays voisins commencent à s’intéresser au marché français.
Quelles éoliennes proposez-vous à ces acteurs et à quel prix ?
Nous avons une gamme composée de quatre produits. Nous sommes spécialistes des grosses machines comme la V90-3MW qui fait 90 mètres de diamètre pour une puissance de 3 mégawatts. Lors de l’EWEC, nous avons présenté une nouvelle machine, la V112-3 MW qui est particulièrement adaptée aux zones de vents faibles ou de vents moyens. C’est un créneau très important en France pour l’implantation dans des zones comme le Centre, le Nord-Picardie, l’Est ou la Bourgogne. Aujourd’hui, le prix du marché est d’environ 1,2 million d’euros par mégawatt installé. La V90-2MW, notre produit phare se facture ainsi autour de 2,4 millions d’euros pièce.
Quels sont vos arguments pour convaincre ?
Notre premier atout, c’est notre force technologique. Nous proposons des machines fiables qui ont de bons rendements. Nous disposons aussi d’une bonne couverture territoriale en ce qui concerne la maintenance. Pour chaque parc, nous avons toujours un technicien à moins de 20 minutes prêt à intervenir. Cela rassure les investisseurs.
Quelle sera l’éolienne du futur ? Sur quels domaines axez-vous votre politique de recherche ?
Nous cherchons à augmenter le rendement des machines en travaillant sur l’aérodynamisme des pales, sur l’optimisation de la courbe de puissance (NDLR : les derniers modèles du constructeur s’activent à une vitesse de vent de 3 m/s) à ou encore sur la question de la stabilité du réseau. Il y a aussi un gros volet maintenance qui vise à favoriser les opérations d’entretien. Nous travaillons enfin sur l’offshore, même si pour l’instant nous considérons encore ce secteur comme une niche.
L’énergie éolienne est-elle une chance pour la France ?
On parle souvent de l’enjeu environnemental mais j’aime à souligner que l’énergie éolienne est aussi une vraie réponse au défi industriel français. Notre filière représente 7 000 emplois. On estime qu’en 2012, ce chiffre pourrait passer à 16 000 emplois et peut-être même 60 000 en 2020. Cela crée des emplois non délocalisables, en ligne avec les attentes de l’économie française. Nos opposants sont très actifs, mais ils ne représentent pas une majorité de l’opinion comme le confirme les différents sondages sur la question. Il faut écouter leurs remarques et s’inspirer des exemples allemands ou espagnols pour atteindre un dialogue le plus harmonieux possible.
La filière éolienne française : 950 mégawatts installés en 2008
Selon les chiffres de France Energie Eolienne, la force du vent a représenté plus de la moitié des nouvelles capacités électriques installées en France en 2008. Le secteur a progressé de 37% l’an dernier avec 950 MW installés sur un parc national qui atteint désormais les 3 404 MW. L’éolien permet d’alimenter l’équivalent de 2,5 millions de personnes en électricité domestique. La France est le quatrième élève européen en matière d’énergie éolienne derrière l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.
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carl | 8.04.09 à 08.19
L’éolien, comme les bio carburants, cela nous donne bonne conscience, et ça, on aime beaucoup.
Ca ne sert à rien, ça produit peu mais ça rapporte beaucoup d’argent,alors on peut gonfler les chiffres.
OUI aux autres énergies renouvelables, moins “people”, moins visibles, respectueuses de notre environnement, OUI aux économies d’énergies qui créent des emplois locaux en grand nombre, sans infliger de nuisances.