
Sur le papier, difficile de faire de la livraison urbaine une alliée de l’environnement. Difficile, mais pas impossible pour Urban Real Estate, société française spécialisée dans la réalisation de parcs logistiques. Avec « City Hub », l’entreprise a développé une plate-forme de tri « verte » qui pourrait faire son apparition dans nos villes en 2011. Un concept qui repose sur un bâtiment HQE et une flotte de véhicules électriques. Présentation.
Inventer une nouvelle forme de logistique en ville
Impossible d’évoquer « City Hub » sans commencer par parler d’architecture. Co-réalisé par le cabinet B&B, le projet d’Urban Real Estate se présente sous la forme d’un bâtiment vertical et compact de 50.000 m³. Plus que ses mensurations, c’est bien le volet durable de « City Hub » qui fait sa différence, notamment en raison de ses façades « intelligentes » : bois, verre, capteurs photovoltaïques et même parcelles de murs végétalisés. « Généralement dans la logistique, c’est toujours le même type de bâtiment. C’est pour cela que nous avons fait le choix d’une approche basée sur la R&D. La dimension HQE correspond bien à l’évolution de la demande des communes. Nous essayons donc de tendre au maximum vers cette voie », explique Jean-Paul Fieschi, dirigeant d’Urban Real Estate. Des efforts qui devraient permettre aux futurs bâtiments d’Urban Real Estate d’afficher des performances énergétiques proches de l’autosuffisance. Qu’il semble loin le temps de l’entrepôt de banlieue grisâtre…
Outre son apparence, le concept « City Hub » détonne aussi par ses par ses fonctionnalités. Pensé pour regrouper, stocker et trier les colis de plusieurs sociétés, la plate-forme procède aussi à leur livraison via une flotte de plus 200 véhicules électriques mutualisés. De quoi réduire les nuisances polluantes et sonores, mais aussi décongestionner les centres urbains. « Pour les véhicules, nous sommes en pourparler avec un groupe suisse qui nous fournirait un camion capable de transporter des colis jusqu’à 100 kg et de réaliser trois tournées de 50 km par jour. Pour la recharge, nous nous orientons vers une solution par induction rapide. » Selon le promoteur, l’infrastructure de son « City Hub » pourrait permettre de traiter jusqu’à 100 000 colis par jour et par centre.
Convaincre les pouvoirs publics
Après un cycle de recherche de deux ans, les dirigeants d’Urban Real Estate rentrent désormais dans une phase de démarchage des municipalités. L’occasion de vérifier sur le terrain les promesses « vertes » des élus lors des dernières échéances électorales. Ainsi, les concepteurs de « City Hub » ont déjà présenté leur projet à Paris, Nice ou Marseille et tablent aussi sur des opportunités en Suisse et en l’Allemagne. Mais à 100 millions d’euros l’unité, la signature d’un « City Hub » n’est pas facile à décrocher. Pour une collectivité, le projet revient ainsi quatre fois plus cher qu’un entrepôt traditionnel.
« Nous sommes en discussion très avancées avec deux municipalités françaises. Une fois les accords signés, nous pourrons nous lancer dans la production des bâtiments », avance Jean-Paul Fieschi. Optimistes, les dirigeants d’Urban Real Estate souhaitent mettre en avant le retour sur investissement de leur concept. Jean-Paul Fieschi rappelle d’ailleurs que pour le client le coût du colis devrait s’approcher des pratiques en vigueur avec un tarif autour de 3,50 euros. Un ultime argument pour aider les premiers projets à sortir de terre. Et un slogan tout trouvé : « avec City Hub , ça ne coûte pas plus cher de bien livrer ».
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