« Le coût des consultants qui certifient le nouveau produit « C2C » est à prendre en compte. Ce paramètre financier n’est cependant pas significatif, si l’on considère l’enveloppe globale du développement produit. »
Chez Herman Miller, fabricant de mobilier, l’élément budgétaire ne semble pas être un facteur incontournable. La problématique écologique ancrée depuis plusieurs années en est peut être la raison. L’entreprise se veut citoyenne, et affirme que depuis 1953, le respect de l’environnement a toujours été un facteur déterminant dans les conceptions et les innovations de la marque. « Au début des années 50, le fondateur d’Herman Miller, D.J. De Pree, annonçait : « Nous serons de bons citoyens pour l’environnement », explique Alain Froger, Directeur commercial France. Cet adage s’est traduit notamment en interne par l’instauration du protocole Design for Environment (DfE) qui privilégie, dans la conception produit, l’utilisation de matériaux recyclés, durables et recyclables. »
Le C2C vient renforcer un peu plus leur philosophie environnementale. Ce qui explique une mise en conformité C2C plutôt aisée : « Notre siège Aeron répondait déjà aux critères C2C avant la naissance de ce label. Seule la manchette des accoudoirs, initialement en PVC, a du être remplacée. » Ce qui a eu tout de même un impact au niveau des coûts de production, puisqu’ils ont du créer un nouveau moule. Et apparemment, cela ne s’est pas reproduit : « Par la suite, tous les paramètres nécessaires à l’obtention du label C2C ont été inclus dès la conception. Depuis 2003 et le lancement du siège Mirra, tous nos nouveaux produits sont certifiés C2C et nous n’avons pas eu à mettre en place des aménagements spécifiques. »
Des coûts ? Non, des économies
L’entreprise reconnait tout de même une difficulté majeure liée au Cradle to Cradle : obtenir la liste des composants chimiques des matériaux utilisés auprès de leurs fournisseurs. Le secret industriel n’est donc pas une légende. Lorsque l’on aborde les paramètres financiers, Alain Froger préfère nous parler d’économie : « L’éco-conception nous a même permis de diminuer les coûts d’assemblage, car nous utilisons un minimum de matière afin de répondre notamment à l’un des critères C2C : le démontage facile du produit. »
Alors que l’on s’interroge sur l’aspect onéreux d’une production Cradle to Cradle, l’entreprise Herman Miller nous apparait peu affectée par la problématique, et semble apprécier de manière globale son union avec le système C2C, c’est ce que l’on appelle un beau mariage.
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