« Le C2C est un investissement colossal en temps, et en argent ! », affirme Helène Babok, directeur des initiatives du développement durable chez Steelcase. Bien que les preuves chiffrées nous fassent défaut, on appréciera l’honnêteté de ces propos.
Franc-parler certainement dû au fait que Steelcase n’ait pas attendu la certification C2C. Ils s’adonnent à l’éco-conception depuis l’année 2000. Conscients de l’impact sur l’environnement de toutes les étapes que franchissent leurs mobiliers de bureau, en partant de la conception, recherche de matériaux, packaging, transport, facilité de montage et de démontage, jusqu’à la phase de recyclage, ils avaient pris les choses en mains bien avant d’être certifiés C2C.
On l’aura compris, cela touche plus à une philosophie qu’à des normes imposées. Mais le Cradle to Cradle leur permet de viser au plus près leurs objectifs écologiques, notamment au niveau de l’utilisation de matériaux propres et de l’optimisation du démontage de mobilier, en vue du recyclage.
Le C2C pousse à une recherche constante d’amélioration
Le bémol, comme nous l’affirme Helène Babok, se situe du côté des matériaux : « les analyses chimiques sont longues et coûteuses. Et la plupart des fournisseurs refusent de donner la composition de leurs produits ». Et puis, lorsque l’entreprise a avancé sur l’ensemble des pistes à suivre, il arrive un moment où il faut obligatoirement aller chercher l’innovation ailleurs, plus loin, donc plus chère.
En revanche, pour ce qui est de la fabrication et de tous les processus qui suivent, Hélène Babok nous confie que « si le système Cradle to Cradle est pris en compte au moment de la conception du produit, la suite de la chaîne devrait se dérouler sans encombre », ou plus exactement, sans frais supplémentaires.
Le C2C est aussi un facteur motivant, car l’exigence de cette certification pousse les entreprises à se mettre perpétuellement en recherche d’amélioration. Alors, brique après brique, le cercle vertueux se forme. A titre d’exemple, Steelcase est en train de mettre en place, en France, un éco-service : lorsque le mobilier est en fin de vie, l’entreprise le récupère. Une brique de plus, en effet. Mais au risque de paraître insistant : à quel prix ?
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