Du biogaz obtenu à partir des résidus de l’industrie du poisson
par | 08.04.09

Dans le poisson, tout est bon. L’adage est (presque) connu. Dernier exemple en date, le projet de Capénergie sur la zone portuaire de Boulogne-sur-Mer qui vise à valoriser les résidus issus de la transformation du poisson pour produire de l’énergie. Un projet ambitieux prévu pour 2010 et implanté au coeur du premier port de pêche français (40 000 tonnes de poisson débarquées par an).
La rencontre de deux spécialistes de la valorisation
Groupement d’Intérêt Economique porté par Copalis et Agriopale Services, respectivement spécialisés dans la valorisation des produits du poisson et des résidus organiques, Capénergie vise à réaliser une unité de production de biogaz par méthanisation à Boulogne-sur-Mer. Une structure capable de générer 25 000 MW/h par an, soit plus de 2000 tonnes équivalent pétrole. Fortement lié à l’activité du port, le projet permettra de valoriser des résidus organiques et des déchets verts collectés dans un rayon de 3 km.
Une zone portuaire riche en ressources
Solution énergétique à faible coût, le projet de Capénergie offre également au secteur de la production agroalimentaire des débouchés pour la masse de déchets que génère son activité. A titre d’exemple, Copalis traite ainsi actuellement près de 45 000 tonnes/an d’effluents liquides, tandis que les boues résiduelles des stations d’épuration portuaires de Boulogne représentent 10 000 tonnes/an. De même, les industries agroalimentaires de la zone portuaire rejètent près de 10 000 tonnes/an de résidus gras issus de la transformation du poisson. D’importantes ressources pour la méthanisation auxquelles s’ajoutent des déchets verts (10 000 tonnes/an) en provenance des collectivités locales.
Des économies d’énergie pour les industriels
A qui bénéficieront les 25 000 MW/h produits par Capénergie ? D’abord à Copalis, qui ré-utilisera le biogaz sous forme de vapeur. Mais surtout à l’industrie agroalimentaire locale dont les importants besoins en eau chaude seront comblés par la méthanisation. Le reste de la production devrait enfin être injecté sur le réseau électrique local. Quant aux ultimes résidus, ils serviront de compost pour la culture. Dans le poisson tout est bon. Cela va finir par se savoir.
Trois questions à…
Christophe Evrard, Chargé de Développement – Agriopale Services.Comment s’est déroulée la préparation de ce projet ?
Capénergie est né de la rencontre entre nos deux sociétés. Nous avions chacun de notre côté étudié la possibilité d’un projet de méthanisation à Boulogne-sur-Mer. Mais chaque structure s’est rendue compte qu’elle n’avait pas toutes les compétences pour réussir seule. En février 2007, nous avons donc décidé de nous associer. La première phase a été consacrée à la réalisation d’une pré-étude pour évaluer la quantité de biogaz envisageable. Puis en 2008 nous sommes passés dans l’opérationnel avec l’appel d’offres pour la construction des installations et la rédaction du dossier d’autorisation. L’objectif désormais est de débuter l’exploitation fin 2010.L’intégration de l’unité au cœur du port de Boulogne n’a-t-elle pas suscité d’oppostions ?
Au contraire, l’implantation de l’unité dans le port même de Boulogne nous permet de réduire les temps de transports entre l’unité et les industriels. Pour nous, il y a donc un intérêt écologique et économique. Le projet a très bien été accueilli, notamment parce que Capénergie a permis de rapprocher l’univers de l’industrie avec l’agriculture et les collectivités. Les collectivités ont particulièrement apprécié le fait que pour une fois des privés cherchent à gérer eux-mêmes leurs déchets plutôt que les solliciter.
Envisagez-vous de reproduire la formule ailleurs ?
Pour l’instant non. Nous sommes concentrés sur ce projet-là. Pourquoi ne pas développer par la suite d’autres unités ailleurs. Cela dit, il ne faut pas croire que les projets de méthanisation peuvent être recopiés intégralement. Chaque projet a ses particularités.
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