« La réduction de gaz à effet de serre n’est pas le moteur de la téléconférence »
par | 17.04.09
Le rapport « TIC et Développement durable » remis en décembre 2008 aux ministères de l’Ecologie et de l’Industrie estimait que le remplacement de 20% des voyages d’affaires européens économiserait 22,35 millions de tonnes de CO2. D’une même voix, des leaders d’opinion, comme Yann Arthus-Bertrand et Nicolas Hulot, invitent les entreprises à utiliser des solutions de téléconférence. Leurs suppliques semblent porter leurs fruits : le marché de la téléconférence web est en plein boom. A moins que la crise n’en soit le véritable moteur ? Entretien avec Antoine Verdet, Directeur Marketing Europe d’Arkadin, qui détient plus de 20% du marché français des services de téléconférence audio et web.
Cleantech Republic : Arkadin bénéficie-t-il de la croissance à deux chiffres du marché de la téléconférence ?
Antoine Verdet : Arkadin réalise autour de 40% de croissance chaque année depuis sa création. C’est environ deux fois plus que la croissance du marché européen, dont le Royaume Uni représente la moitié. La croissance est encore plus soutenue pour les PME. Nuba, notre offre low-cost (ndlr : Nuba a été lancé en 2006 et intégrée à Arkadin début 2009 par Arkadin), essentiellement destinée aux petites entreprises, a déjà conquis plus de 10 000 clients réguliers en deux ans, et nous visons le double pour la fin de l’année.
Cette croissance est-elle stimulée par des préoccupations environnementales, ou plus prosaïquement par la crise ?
La crise joue effectivement un rôle de « booster » pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les entreprises réduisent leurs coûts par nécessité économique. Ensuite, beaucoup en profitent pour réorganiser leur structure, pour changer les habitudes. A cet égard, l’argument écologique est très efficace. En terme d’image bien sûr, mais aussi pour motiver les équipes. Moins chère et moins stressante qu’un voyage, propice au travail en équipe multi-site, et écologiquement correcte : la téléconférence audio ou web répond à tous ces critères. Il n’est donc pas étonnant que ce marché soit en forte croissance.
S’agissant précisément de l’économie de gaz à effet de serre, cela n’est pas le moteur principal de nos clients. Plutôt une heureuse conséquence. D’ailleurs, d’un point de vue commercial, l’argument écologique ne joue que si le prestataire se l’applique à lui même. C’est pourquoi, nous sommes en pleine certification ISO 14001.
Une norme ne suffit pas…
Il s’agit simplement d’être cohérent. Il va sans dire que nous évitons au maximum les déplacements et encourageons le travail à domicile. Et quand il faut vraiment voyager, c’est la classe éco (nomique) pour tout le monde. Nous organisons également des « journées sans déplacements », qui permettent de sensibiliser les collaborateurs de nos clients à la téléconférence, et par là-même de doper nos ventes. La totalité du chiffre d’affaires que nous réalisons à l’occasion de ces évènements est reversée au WWF.
Sur le plan informatique, nous commençons à virtualiser nos serveurs et avons mis en place un programme de compensation carbone pour compléter. Enfin, chacun des collaborateurs d’Arkadin dispose sur son bureau d’un tableau de bord écolo, qui affiche nos économies et nous rappelle en permanence les bons gestes.
Arkadin Global Conferencing en bref
- Création : 2001
- Activité : service de collaboration à distance
- Couverture géographique : 23 pays (Europe, USA, Asie)
- Effectif : 580 personnes
- Chiffre d’affaires 2008 : 70 M€
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perruques | 30.11.09 à 20.20
Il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50% d’ici 2050 par rapport à 1990 pour combattre le réchauffement, un effort que les pays riches doivent pour l’essentiel supporter, selon un projet qui circule en vue de la conférence de Copenhague.