Emissions de gaz à effet de serre : du reporting au plan d’actions
par | 28.04.09
Avant de s’engager dans une bataille, mieux vaut bien jauger l’ennemi. Il en est ainsi des émissions de gaz à effet de serre (GES). Avant de prendre les mesures destinées à réduire les GES, les entreprises doivent commencer par appréhender les volumes émis. Pour les guider dans cette tâche, elles disposent de logiciels conçus pour collecter, suivre et analyser les émissions de ces gaz maudits.
Dans le cadre de sa conférence annuelle sur le développement durable, qui s’est tenue à Paris début avril, l’éditeur de logiciels Enablon a ainsi dévoilé la nouvelle version de son module Enablon GHG-MS (Greenhouse Gas – Management System). Un module dont la première version avait été lancée deux ans auparavant.
« Pour aboutir à une vue d’ensemble des émissions, il faut couvrir différents périmètres de mesure », indique Philippe Tesler, Directeur marketing et business development d’Enablon. Les mesures gérées dans Enablon GHG-MS se répartissent en trois catégories. La première comprend les GES émis directement par l’entreprise, par ses usines, ses flottes de véhicules, etc. La seconde recouvre les émissions indirectes induites par ses achats d’énergie auprès d’opérateurs externes. Quant à la troisième catégorie, elle réside dans les émissions, elles-aussi indirectes, causées par la chaîne logistique – amont et aval – de l’entreprise. « Le périmètre d’intervention de notre outil dépasse les frontières de l’entreprise, explique Philippe Tesler. Il s’agit bien d’évaluer la responsabilité globale d’une organisation en matière de GES. »
L’outil intègre une vingtaine de méthodologies de calcul de GES
Pour refléter la notion d’entreprise étendue, Enablon a cherché à consolider et à faciliter l’harmonisation des régles de calcul des émissions de GES, différentes d’un industriel à l’autre. « L’outil intégre par défaut une vingtaine de méthodologie de calcul de GES », précise Philippe Tesler.
Enablon GHG-MS référence notamment le protocole GHG Protocol édicté conjointement par le WRI (World Resources Institute) et le WBCSD (World Business Council for Sustainable Development). Ce protocole étant celui utilisé par le standard GRI (Global Reporting Initiative) de reporting RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Le module logiciel de l’éditeur couvre également la méthodologie Bilan Carbone de l’Ademe, une démarche qu’outille également l’éditeur Verteego, avec Verteego Carbon. Autre démarche méthodologique majeure traduite dans Enablon GHG-MS : celle définie par l’organisme CDP (Carbon Disclosure Project).
A partir de toutes ces méthodes de calcul, Enablon a établi une matrice de conformité et un mapping des différentes réglementations pour souligner les différences ou les éléments communs. La collecte, le calcul et l’élaboration du rapport des GES seront fondés sur la méthodologie retenue au final par l’utilisateur.
Etablir une liste des équipements de production les plus polluants
Ensuite, grande nouveauté de la nouvelle version de l’outil, Enablon GHG-MS permet désormais de guider l’entreprise dans un plan d’actions visant à réduire ses émissions de GES. Se fixer de tels objectifs de réduction, c’est se lancer dans un véritable projet au cours duquel l’entreprise acceptera de « benchmarker » ses différentes activités, usines, filiales…
L’outil prévoit par exemple de désigner un responsable en charge du suivi régulier des émissions d’une usine. Il permettra d’établir une liste des équipements de production les plus polluants, et de proposer des équipements de substitution plus propres. Dans le plan d’actions, Enablon GHG-MS guidera l’entreprise dans des projets de compensation carbone. A noter l’arrivée d’un nouveau module de simulation dont l’objectif est de trouver le bon ajustement entre les coûts et les gains de réduction de GES.
Le coût moyen de la licence logicielle de Enablon GHG-MS est compris entre 50000 euros et 1 million d’euros. Même avec une tendance baissière du marché du carbone, « le calcul est simple, une entreprise amortira le coût de notre logiciel en quelques semaines avec une réduction annuelle de 2 à 3% des émissions de gaz à effet de serre », souligne Philippe Tesler.
Sur le même thème : gri, reporting rse, rse














