Eco-conception : Evea fournit une évaluation environnementale calibrée
Green Design | Aucune réaction
par | 30.04.09
L’heure est à l’éco-labellisation, synonyme de bonne conscience environnementale, dont la démarche reste parfois plus politique qu’éthique. La société Evea officie sur ce créneau depuis 2005 en proposant conseil, formation et évaluation pour les entreprises qui souhaitent se lancer ou s’améliorer dans la conception « green ». Analyse du cycle de vie d’un produit et réalisation d’un profil environnemental, voici ce que l’on trouve, entre autres, au menu des compétences de la jeune entreprise. Pour parfaire sa réputation, c’est en tant qu’expert sur la question de l’éco-conception qu’Evea va mettre son savoir faire, en termes d’évaluation environnementale d’un produit, au service de l’Observatoire de l’éco-design. Mais comment évaluer un produit éco-conçu ? Analyse préformatée ou notation plus spécifique ?
Un barème sur mesure
En fonction du produit étudié, Evea se base sur certains critères prédominants, en s’appuyant sur les textes et les normes juridiques en vigueur. A chaque catégorie, son modèle d’évaluation et de notation. Un produit consommable sera évalué, entre autres, sur son aspect « rechargeable » ; un produit destiné à un long cycle de vie sera noté sur sa consommation d’énergie, sa durée de vie, sa recyclabilité ; les emballages seront jaugés autrement, selon qu’ils soient recyclables, compostables, minimalistes, exempts de substances dangereuses ou dotés d’une ouverture facile.

L'Hotel La Pérouse à Nantes, qui a décroché l'éco-label de l'Union européenne, est l'un des clients de la société Evea.
Malgré tout, comme l’explique Jean-Baptiste Puyou, fondateur d’Evea, il existe une trame commune à tous les barèmes d’évaluation : « les critères les plus pertinents et les plus récurrents sont ceux de la masse, du volume, de la consommation d’énergie, de la composition chimique et de la recyclabilité ». Sachant que l’on ne peut pas noter deux produits différents sur les mêmes bases, Evea s’adapte à chaque catégorie qui développe son propre système de notation, tout en cherchant à améliorer continuellement cet outil d’évaluation, comme l’expose Jean-Baptiste Puyou : « l’évaluation environnementale n’est pas une science exacte, elle évolue sans cesse. Evea, dans le cadre de l’Observatoire de l’éco-design, arrive avec des données déjà solides, mais le savoir faire reste toujours à développer. Dans cette optique, nous souhaiterions échantillonner un peu plus nos catégories de produits ». Créer en quelque sorte des sous-catégories dans les catégories existantes, chacune ayant leur propre barème selon leurs fonctionnalités, pour coller au plus prés d’une notation réaliste et adaptée.
Pour les évaluations relevant d’un domaine plus pointu et nécessitant des analyses scientifiques, Evea a co-développé plusieurs logiciels faisant office de guides automatisés pour des évaluations plus formatés. Pour ces cas précis, pas de calibrage, pas de notation personnalisée. Du scientifique et rien d’autre. Mais, « cela ne représente qu’une infime partie de notre activité, de plus, ces études restent très chères », précise Jean-Baptiste Puyou.
Lorsque Evea voit plus grand qu’un éco-label
Pourrait-on comparer le barème d’évaluation d’Evea à celui d’un éco-label ? Et l’évaluation environnementale pratiquée par Evea aiderait-elle une entreprise à obtenir ce fameux label ? Jean-Baptiste Puyou est catégorique : « si une entreprise souhaite obtenir un éco-label, elle peut le faire toute seule, elle n’a pas besoin de nous. Il lui suffit de se procurer un cahier des charges ».
Cela s’avère exact dans certains cas précis, en effet. Le souci majeur des labels, que ce soit pour « l’éco-label européen » ou pour le label français « NF », est que les critères sont prédéfinis sur une famille de produits préexistants. De nombreux produits ne sont pas « éco-labellisables », car ils ne rentrent pas dans les bonnes cases. En revanche, si une entreprise conçoit un produit appartenant à une famille déjà couverte par un éco-label, il lui suffira de respecter point par point le cahier des charges pour être labellisée.
La notation et les évaluations effectuées par Evea, dans le cadre de l’Observatoire de l’éco-design, seront beaucoup plus larges, plus étendues que celle des éco-labels, avec en prime, une vision plus internationale. Selon Jean-Baptiste Puyou : « l’Observatoire va aider les concepteurs à conditionner de façon éco-responsable toutes sortes de produits ». Sous-entendu, toutes les entreprises qui le souhaitent, et pas seulement celles qui le peuvent.
La notoriété de l’Observatoire va très certainement croître grâce à l’expertise d’Evea, et celle de ses deux autres instigateurs, l’Institut Français du Design et Pimliko. Mais qu’attend la jeune entreprise, à son tour, de ce partenariat ? Selon Jean-Baptiste Puyou : « de la complémentarité. Notre société développe, à la base, une culture scientifique, et nous allons côtoyer une culture plus industrielle. De plus, le travail de l’Institut Français du Design est reconnu, et Pimliko représente l’innovation, ce partenariat ne peut être que valorisant. »
Même si la plupart des entreprises qui touchent de près ou de loin la sphère des éco-labels, démontrent une certaine opacité dès que l’on aborde la question financière, on peut aisément imaginer qu’en dehors d’être valorisant, ce partenariat risque fort d’être surtout lucratif…
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