Steelcase lance un service sur mesure de recyclage du mobilier de bureau
par | 06.05.09
« Le recyclage est un coût ». Sylvie Etancelin connaît bien le sujet, puisqu’elle est responsable du nouveau service de collecte et de recyclage du mobilier de bureau que vient d’annoncer Steelcase. Un service réservé aux acheteurs de mobilier de la marque. Dix-huit mois auront été nécessaires pour mettre sur les rails ce service comprenant la récupération de mobilier et son recyclage, tout en assurant sa traçabilité. Un programme coûteux et un travail de longue haleine. En effet, pour rechercher les bonnes filières de recyclage, s’assurer de leur travail qualitatif, obtenir des garanties, et trouver des partenaires à la hauteur du projet, comme ENVIE (spécialiste du recyclage et de la réinsertion professionnelle), il aura fallu une bonne dose de motivation. Alors pourquoi mettre en place une telle machinerie ? Démarche éthique ou lucrative ?

Quand la loi fait écho aux fondements du Cradle-to-Cradle
Lorsque l’on évoque Steelcase, le concept Cradle to Cradle (C2C) n’est jamais très loin. Ce qui expliquerait en partie cette belle ténacité à vouloir à tout prix offrir une seconde vie au mobilier de bureau, estampillé « Steelcase » ou non. On se retrouve ainsi dans les fondements du C2C : les déchets deviennent des ressources. Orchestrer la réincarnation d’un fauteuil de bureau éco-conçu est une chose, mais le problème du recyclage se pose lorsqu’il s’agit d’un mobilier âgé d’une vingtaine d’années. Dans ce cas, Steelcase garantit un traitement de dépollution et surtout l’assurance que le vieux fauteuil n’ira pas agrandir le tas des nombreuses ordures déjà enfouies sous notre sol, qui n’est décidemment pas une déchetterie. Et enfin, en refourguant ses vieux meubles, on obtient en échange un certificat de tracabilité.
Petit bout de papier qui a son importance. Puisqu’en dépassant les considérations écolo-philosophiques, qui ferait de ce certificat un petit plus pour améliorer un bilan environnemental par exemple, on tombe tout de suite nez à nez sur les normes européennes, qui obligent les entreprises à s’assurer de la bonne gestion de leurs déchets. Pour une fois, que « loi » et « bon sens » font bon ménage, il ne nous viendrait pas l’idée de s’en plaindre.
Le recyclage, un service rentable ?
On l’aura compris, être délivré de ses contraintes a un prix, que l’entreprise paye rubis sur l’ongle. Il sera néanmoins difficile de faire ici une estimation précise du coût de ce genre d’opération pour le client. En effet, la localisation de l’entreprise et le nombre de meubles à récupérer sont autant de facteurs interférents sur la facture finale. Il s’agirait donc d’un service sur mesure et clé en main. « Les entreprises ne sont pas habituées à payer pour leur déchets », explique Sylvie Etancelin. Cependant, pour être en conformité avec les lois européennes, elles n’auront pas d’autres choix que de s’y faire.
Le pari de Steelcase n’est donc pas des plus risqués. Mais quel est l’objectif de l’entreprise spécialisée dans le mobilier de bureau, en proposant cette toute nouvelle prestation ? « L’objectif premier n’est pas de vendre un service de façon à faire de la marge, affirme Sylvie Etancelin. Steelcase ne refacture à ses clients quasiment que ce qu’ENVIE facture. Le surplus est anecdotique ». Serait-ce une sorte de bonne action pour l’environnement ? Le monde de l’éthique et de l’écologie surpasserait celui des marges bénéficiaires et du capitalisme ? Sylvie Etancelin préfère évoquer « un service supplémentaire pour le client, permettant à Steelcase de se différencier de la concurrence directe ». Si les entreprises se mettaient à faire du bénévolat, ça se saurait !
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ANNE | 11.05.09 à 13.13
Mais quel est le coût au final pour le consommateur? et quelle est la prestation ? quelles gammes de fauteuils et mobiliers sont concernés?