Cleantech Republic

Jeudi 9 février 2012

« L’éco-design deviendra le ticket d’entrée à toutes les catégories du label Janus »

Green Design | 1 réaction

par Cécile Castellan | Cleantech Republic | 11.05.09

corps_annemariesargueil_090511Entretien avec Anne-Marie Sargueil, Présidente de l’Institut Français du Design

Les entreprises n’ont pas d’autre choix aujourd’hui que de prendre le chemin de l’éco-responsabilité, repenser leurs produits, de la conception à la commercialisation. L’Institut Français du Design (IFD), après avoir décerné les Janus de l’industrie, du commerce, de la santé et du service, va, pour la première fois cette année, attribuer le label Janus de l’éco-design. Anne-Marie Sargueil nous livre sa vision de l’éco-design, résolument optimiste et avant-gardiste.

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Cleantech Republic : L’Institut Français du Design et le concept d’éco-design, est-ce une vieille histoire d’amour ?

Anne-Marie Sargueil : L’éco-design est à l’origine même de l’IFD, notre démarche design est directement inspirée par la philosophie du développement durable. C’est enraciné dans notre histoire, et c’est ce qui fait en partie notre légitimité. Nous restons des prescripteurs de cette démarche. On sensibilise, on encourage, on partage tout ce qui fait l’éco-design, et non pas uniquement le design.

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de démarches éco-design que vous encouragez ?

A Besançon, les habitants, pour la plupart, refusaient de boire l’eau du robinet. Le service des eaux a donc décidé d’en faire un véritable produit, pour mieux le promouvoir. Ils ont gazéifié cette eau, ont créé une marque « la Bisontine » (voir photo), et l’ont revendu bien moins cher qu’une eau en bouteille que l’on trouve dans le commerce. Ils ont  ainsi créé des emplois, en se servant d’un produit déjà à leur disposition : l’eau. Voila une démarche qui illustre bien la philosophie de l’éco-design.

Autre exemple, la société Sita a souhaité encourager les habitants d’une commune à trier leurs déchets. Ils ont distribué dans les foyers des poubelles qui pouvaient compacter les ordures (voir photo). De cette manière, les volumes des déchets ont considérablement diminué, ainsi que les collectes d’ordures. Ce fût un gain important pour la municipalité.
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La notion de gain est-elle indispensable dans l’éco-design ?

Cette notion est aussi importante dans l’éco-design que le service rendu par le produit. On a tendance à croire que l’éco-design est uniquement le geste créatif d’un designer. En fait, c’est un ensemble. Et il ne peut y avoir d’éco-design qu’en combinant toutes les disciplines, et notamment en conjugant les aptitudes créatives et les compétences scientifiques. Un produit éco-conçu est un concentré de tous les talents. Il faut penser la notion de gain ou de service dès le départ. Le consommateur y verra son avantage. Un produit esthétique qui n’offre aucun gain est voué à l’échec.

Quelle est la meilleure façon de promouvoir un produit éco-désigné ?

On ne peut pas forcer les gens à acheter un produit ou un service parce qu’il est éco-conçu. Il faut mettre en avant l’aspect pédagogique, en donnant au produit un air un peu plus sexy. Depuis plusieurs années, les messages publicitaires nous promettent toujours moins d’efforts à faire. Il ne faut plus faire passer ce message ! Au contraire, il faut faire des efforts, et sortir de cette culture d’assistanat. Il suffit juste de communiquer différemment. On en revient au gain. Que ce soit du temps, de l’argent, une meilleure santé, le consommateur ne peut pas être insensible à ce qu’il peut gagner.

L’éco-design n’est pas uniquement un discours qui parlerait du beau. Il y a du contenu derrière tout ça. Evidemment, l’aspect séduisant du produit est un facteur essentiel, mais ce n’est pas tout. Il s’agit aussi de faire en sorte que ses promesses et son message publicitaire soient tenues à l’usage. Qui croit encore sérieusement qu’en buvant du café en dosette, on va rencontrer George Clooney ? Et enfin, il faut que le produit soit conçu et commercialisé dans le respect des règles du développement durable.

Quel avenir pour l’éco-design ?

Tous les prescripteurs de cette démarche bougent sérieusement, ces temps-ci. Le marketing, les entreprises, les concepteurs, les organisations et même, vous, les journalistes… Et puis, la culture du Cradle to Cradle est de plus en plus ancrée dans le monde de l’entreprise. Je vois l’avenir de manière très optimiste.

corps_bisontine_090511Que pouvez-vous nous dire sur le nouveau venu dans la famille des Janus, celui de l’éco-design ?

Nous avons travaillé avec Evea sur ces Janus qui seront lancés cette année. Nous étudierons plusieurs facettes du produit. Evidemment l’éco-conception, mais aussi, la notion de service et de facilité d’usage. Et le modèle économique de l’entreprise pèsera aussi beaucoup sur le résultat final. Une entreprise qui privilégie la production locale et maintient ainsi des emplois aura une longueur d’avance. Encore une fois, nous ne récompenserons pas le geste créatif du designer, mais plutôt la démarche dans sa globalité. Les candidats au Janus pourront également postuler pour obtenir « une mention éco-design » délivrée par Evea, qui prendra en compte autant l’aspect éco-conçu du produit que son éco-efficience.

En 2011, toutes les autres catégories des Janus seront mises à l’heure de l’éco-design. Une entreprise, qui présentera un produit non éco-désigné, ne pourra prétendre à aucun Janus, même dans la catégorie « commerce » ou « industrie ». L’éco-design deviendra le ticket d’entrée aux Janus.

Ce n’est jamais le designer qui présente le produit aux Janus, mais l’entreprise qui le fabrique ou qui le commercialise. Pourquoi ?

Nous ne faisons pas la promotion du designer, mais plutôt celle du design. Le design n’est pas le fruit du travail d’un seul homme. Cela reflète plutôt l’esprit d’une entreprise. On est dans le collectif. Et même la fonctionnalité d’un produit éco-désigné doit être pensée de façon collective. Un produit éco-conçu est un produit  qui est bon pour tous. Il faut arrêter les visions marquetées idéales. Tout est à repenser dès le départ. Il faut mener une réflexion politique et culturelle, proposer de nouveaux modèles. Et nous, nous en proposons !

Vos réactions

agence art terre | 12.05.09 à 14.32

nous sommes une agence d’ecodesigners , nous avons participé aux rendez vous pour élaborer la notion de la définition de l’ecodesign et nous ne savons toujours pas comment participer au janus de l’ecodesign et comment pouvons nous nous procurer le dossier d’inscription.
merci de nous renseigner à ce sujet si c’est possible!!!!

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