Les éco-entreprises françaises partent à la conquête des cinq continents
par | 12.05.09

« Nous voulons mettre l’accent sur les filières qui font et qui feront la compétitivité de la France après la crise. L’éco-industrie et les éco-services en font partie. » Hôte d’une rencontre avec les éco-entrepreneurs hier à Bercy, Anne-Marie Idrac en profitait pour annoncer un plan de mesures à destination des éco-industries dans leurs stratégies internationales. L’occasion pour la Secrétaire d’Etat au Commerce Extérieur d’affirmer son soutien au green business « made in France ».
Un appui qui se traduit tout d’abord par la volonté d’offrir au secteur une plus grande visibilité sur la scène mondiale. D’où le lancement d’un plan de communication spécifique comprenant un logo fédérateur (France Green Tech) et l’ouverture d’une vitrine internet présentant l’offre française en matière d’environnement. Mais, parce que rien ne remplace le concret, ces signes extérieurs de verdure s’accompagnent aussi de la mise en place d’un FASEP (Fond d’étude et d’aide du secteur privé) qui permettra notamment de financer les projets pilotes des éco-entreprises hexagonales. Des démonstrateurs indispensables à la conquête de nouveaux clients internationaux. « L’équipe de France je la conçois comme une équipe des éco-entreprises par les éco-entreprises pour les éco-entreprises » explique Anne-Marie Idrac à la tribune, avant de céder sa place à des représentants de grands groupes (Schneider Electric, Edf Energies nouvelles, Suez Environnement) et de PME (Naskeo, Environnement SA…).
Pour conquérir ces nouveaux horizons, la rencontre ministérielle était également le cadre d’une signature de convention entre Ubifrance (l’Agence française pour le développement international des entreprises) et l’Ademe international. Un dispositif visant à offrir aux éco-entreprises la possibilité de s’appuyer sur la présence française à l’étranger pour mieux se développer et vendre en dehors de nos frontières. De quoi mettre au plus vite le cap sur les pays émergents et les marchés sensibles aux technologies vertes comme la Meditérannée, le Moyen-orient, l’Inde ou la Chine. Mais aussi les Etats-Unis représentés lundi à Bercy par Martin Chavez, maire d’Albuquerque au Nouveau Mexique.
Une ambition à confirmer, des périmètres à définir
Malgré toutes ces mesures, le parcours international des éco-entreprises françaises s’annonce semé d’embûches. Plusieurs entrepreneurs déjà implantés à l’étranger rappelaient ainsi hier que le passage à l’export doit être bien préparé pour éviter les déconvenues. Pour une société motivée par l’export, il convient ainsi d’anticiper sa future implantation par la collecte d’informations sur le terrain, le ralliement à des plateformes industrielles locales ou encore la présence sur des salons spécialisés. C’est d’ailleurs en faisant preuve de cet type d’intelligence économique que certaines éco-entreprises françaises ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Notamment dans les domaines de l’eau, des transports ou de la gestion des déchets.
Des réussites qui ne masquent pas pour autant les carences de l’économie verte française. On pense ici au retard national dans les énergies renouvelables ou à la timide conversion de nos universités aux subtilités du « green business ». « Il faut agir sur la formation. Il faut qu’on arrête d’être trop timide. Nous devons utiliser tous nos réseaux » annonce ainsi Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat au Développement Durable. Il conviendra également de régler quelques points délicats comme la question de la présence de l’industrie nucléaire dans le champ du « durable » ou la place des starts-ups « vertes », assez peu représentées à la tribune, lundi à Bercy. Des zones d’ombre qui n’empêchent pas Chantal Jouanno d’appuyer, avec un rien de grandiloquence, les initiatives de sa consoeur : « Anne-marie, tu m’auras à tes côtés dans cette démarche de conquérant » promet ainsi la Secrétaire d’Etat en clôture des débats. Deux ambassadrices ne seront pas de trop pour soutenir l’économie verte, ses exportations et ses emplois.
A consulter : L’annuaire en ligne des éco-entreprises lancé par l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI) - www.eco-entreprises.fr
A voir : La rencontre “Eco-entreprises françaises, à la conquête du marché mondial” - Bercy, 11 mai 2009
Crédits photos : © Sircom – P. Vedrune














D.Boutaud | 18.05.09 à 15.01
Grace à toutes ces mesures et intentions et si les actes le confirment, la crise n’aura été qu’un déclecheur qui permettra à l’Europe et la France en particulier de prendre le leadership de l’INNOVATION MONDIALE.