Les capteurs électrochimiques de Sens-Innov deux fois primés à Start West
par | 15.05.09

Décidément, la jeune pousse rennaise Sens-Innov collectionne les récompenses. En début d’année déjà, elle s’était vue décerner le Prix Eco-Technologies à l’issue du concours Crisalide organisé par Créativ et la CCI de Rennes Bretagne. Elle récidive. Ses capteurs électrochimiques de détection de métaux dans un liquide ont cette fois convaincu le jury de la 9ème édition de Start West, la rencontre du capital et de l’innovation, qui s’est tenue à Rennes les 12 et 13 mai. Mieux, Sens-Innov a même reçu deux distinctions : le Prix du Jury dans la catégorie « Amorçage », et le Prix Deloitte In Extenso.
Fondée en novembre 2008, la société Sens-Innov s’apprête à commercialiser à la fin du premier semestre 2009 sa solution Senso+ (marque déposée). Ce matériel portable de détection de métaux lourds (plomb, cuivre, fer, etc.) dans l’eau se compose d’un terminal relié à un module dans lequel s’insère une languette – sorte de mini-carte électronique – et que l’on trempe dans le prélèvement de liquide à analyser.
« Le spectre d’analyse est large, du moment que le signal puisse être répertorié par l’électrochimie, explique Stéphane Burban, Président de Sens-Innov. On est ainsi capable d’interpréter des signaux émis par les métaux, mais aussi par le sel ou des pesticides. » Senso+ détecte aussi bien des traces que de fortes concentrations de métaux. Et répond ainsi une réglementation de plus en plus contraignante. Par exemple, avec la norme 2008/32/CE et son évolution, le seuil acceptable de traces de plomb dans l’eau va passer de 25 µg/litre aujourd’hui à 10 µg/litre d’ici à 2013.
Un diagnostic rapide d’analyse pour atout
Avec Senso+, contrairement aux sondes électrochimiques existantes, l’analyse ne nécessite aucun additif toxique comme le mercure. De l’eau salée ou vinaigrée suffit. Autre concurrent du procédé du Rennais, la photométrie utilise elle aussi des réactifs toxiques pour détecter des métaux dans l’eau par colorimétrie.

« Notre diagnostic est rendu en 40 minutes environ pour la détection de traces, et de 2 minutes pour de fortes concentrations », précise Stéphane Burban. En comparaison, les résultats d’analyses en laboratoire sont livrés de 48 à 96 heures.
Le tarif de Senso+ est en passe d’être fixé autour de 6000 à 7000 euros pour le terminal, cela sachant qu’avec une languette ne pourra être réalisée qu’une seule analyse. Une partie du modèle de la start-up repose donc sur la vente et le renouvellement de consommables.
Au-delà de son « laboratoire portable », Sens-Innov travaille à la mise au point d’une unité d’analyse fixe. Laquelle fera appel à la même technologie électrochimique que Senso+ et se destinera à venir s’implanter à proximité des stations d’épuration d’eau.
« Notre marché eau potable intéressera bien sûr des clients comme Véolia, Saur, Suez, mais aussi des industriels ayant à gérer une problématique de normalité d’eau au sein de leur processus de fabrication, comme Seb, Tefal ou Electrolux », indique le président. Les deux fondateurs de Sens-Innov, Stéphane Burban (ingénieur des Mines) et Olivier Lavastre (chercheur à l’unité mixte de recherche Sciences Chimiques du CNRS- Université de Rennes 1), sont à présent en quête de 550 000 euros. Une somme prévue pour être affectée au développement de l’unité fixe et à la commercialisation de Senso+. Il est fort à parier que la récente récolte de trophées les y aidera…
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