
Le bois est une énergie renouvelable et bon marché. D’accord, mais après… Quel matériel choisir ? Comment l’intégrer au reste de l’usine ? Y-a-t-il des contraintes techniques d’installation ? Des obligations réglementaires ? Qui va nous fournir du bois ? Et quelle essence ? Pas facile pour un industriel de se lancer dans l’aventure de la production d’énergie par biomasse. Un constat partagé par Jorge Boucas et David Sineau, qui ont décidé de répondre à ce besoin en créant NextEnergies en 2006.
Un retour sur investissement très rapide
« Nous concevons, fournissons, installons et exploitons des solutions de production d’énergie industrielle », déclare David Sineau, le commercial du binôme. Par « énergie », comprenez : vapeur d’eau, air chaud, eau chaude, ou même électricité.
NextEnergies développe ainsi deux modèles économiques distincts : « Soit nous fournissons une centrale clés en main, exploitée directement par notre client, soit nous lui vendons uniquement l’énergie. Dans ce cas, nous pouvons même effectuer l’investissement à sa place ». Pour ceux qui franchissent le pas, le retour sur investissement est très rapide, deux à trois ans. « Avec un baril à 80 dollars, la facture énergétique est immédiatement divisée par deux avec la biomasse », compte David Sineau. De quoi signer le chèque de 5 millions d’euros avec le sourire (prix moyen d’une centrale de 15 à 20 MW). Cerise sur le gâteau, le calcul n’inclut pas la vente des quotas de CO2 économisés.
Pour l’instant, quatre projets ont vu le jour. Parmi eux, la plus puissante centrale à biomasse dans l’agroalimentaire en France adossée à la laiterie Ingredia, basée à Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas de Calais) : une chaudière de 20 MW produisant 25 tonnes de vapeur d’eau par heure à 30 bars de pression. Les autres chantiers concernent une autre laiterie (15 MW pour Isigny-Sainte Mère, dans le Calvados) et deux usines de production de pellets (granulés de bois).

Les deux fondateurs de NextEnergies : Jorge Boucas (à gauche) et David Sineau.
Les industriels méfiant sur l’approvisionnement
Si la puissance installée par NextEnergies, plus de 60 MW en 2008, est très honorable, le faible nombre de projets peut surprendre. En effet, si les industriels comprennent bien l’intérêt économique et écologique de ses solutions, ils s’inquiètent de l’approvisionnement en bois. Une crainte largement prise en compte par David Sineau : « Généralement, le silo contient trois jours de chauffe, auxquels vient s’ajouter un stock de sécurité d’une semaine, disposé ailleurs sur le site. De plus, nous organisons pour notre client les relations avec les fournisseurs de bois. Enfin, il y a une véritable synergie entre les différentes centrales : leur nombre croissant pousse la filière bois à s’organiser en conséquence, car les fournisseurs sont très heureux de trouver des clients non saisonniers ».
La filière bois bénéficie par ailleurs d’un promoteur de premier plan : le Président de la République en personne ! Nicolas Sarkozy, qui avait déjà promis de « mettre le paquet sur la filière bois » fin 2008, a annoncé hier (le 19 mai 2009), lors d’un voyage en Alsace, le doublement, voire le triplement du tarif d’achat d’EDF pour l’électricité produite a partir de biomasse. Il a par ailleurs promis la création d’un fonds d’investissement de 100 millions d’euros, dédié à la filière bois, et financé conjointement par l’Etat et des groupes privés. Alors, rassuré ?
Fiche d’identité de NextEnergies
- Création : 2006 à Saint-Malo par Jorge Boucas et David Sineau
- Activité : conception, fourniture, installation et exploitation de chaudières industrielles a bois ou autre biomasse
- Effectif : 8
- Chiffre d’affaires : 6,5 M€ en 2008
- Levée de fonds : closing en cours pour 1,5 M€
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Bouedo JC | 16.04.11 à 15.49
Dechets de bois transformés en briquette