Des couches jusqu’à la lessive, tout pour les « bébés bio »
par | 26.05.09
Qui l’eût cru ? Une semaine internationale de la couche culotte lavable ! Si. Elle s’est déroulée fin avril. Le secteur serait-il devenu à ce point si porteur ? Oui. Acheter des Pampers n’est plus « trendy ». Aujourd’hui, le must, une couche Popolini, Lulu Nature ou Piwapee calée dans le sac à langer.
Grand pas en avant ou retour en arrière ?
Vu l’évolution des ventes de la jeune société Piwapee, ce serait plutôt un bond en avant. Ils ont commencé par vendre leurs couches en faisant tout bonnement du porte à porte, et ils ont vite constaté qu’il existait une vraie demande de la part des parents-consommateurs. En à peine deux ans d’existence, après avoir arrêté le démarchage de villages, ils ont posé leur gamme dans 130 points de ventes sur le territoire français. La cause de cet engouement pour la couche lavable se résumerait en quelques mots : une alternative écologique et surtout économique, car il faut se rendre à l’évidence, les fesses de nos bambins nous coûtent une somme colossale.
Montant si pharaonique que les jeunes mamans sont désormais prêtes à retourner aux méthodes d’antan, avec leurs lots de contraintes auxquelles elles n’étaient plus franchement habituées. Piwapee rappelle que l’exercice de la couche lavable n’est plus tout à fait ce qu’il était au bon vieux temps de nos mamies. Les parents achètent désormais les couches par 15 ou 20, ce qui leur permet d’éviter la séance quotidienne du lavage. De plus, outre l’économie substantielle, et le sentiment du devoir accompli, le « bébé bio » du 21ème siècle est moins à l’aise dans un lange que dans une couche bio, celle-ci offrant aux fesses de nos bambins un écrin résistant, doux et hypoallergénique.
Chez Piwapee, les couches sont en coton bio ou en bambou. Le coton pour le jour, le bambou pour la nuit, car ce dernier a des capacités absorbantes six fois supérieures à celle du coton. Le bambou aurait donc toutes les vertus ? Pas tout à fait. Le bambou classique nécessite un traitement chimique pour être transformé en fibres textiles, ce qui rendrait finalement polluant un produit qui a pour but de ne pas l’être. C’est donc là que le bât blesse. La mini polémique enfle dans le microcosme de la couche bio, et Estelle Tirmarche, fondatrice de Piwapee, reste prudente : « on est en train de faire des recherches sur le sujet, et notre bambou est en cours de certification. Il vaut mieux être prudent, mais il serait plus probable que la polémique sur le bambou ait été crée de toutes pièces par les cotonniers ! ». Un vrai feuilleton. A suivre.
Les couches lavables pas très confortables
Mais en dehors de l’épisode du bambou polluant, l’autre idée reçue, celle-ci plus tenace, est que les couches lavables ne seraient pas si confortables que ça. De forum en forum, il en ressort même que ce serait « moyen-moyen » pour nos chérubins. Estelle Tirmarche, cette fois-ci, se montre plus persuasive : « par rapport à nos concurrents, on a enlevé l’épaisseur si inconfortable qui gênait les bébés, pour la remplacer par une bandelette ergonomique. » Ok ! De toute façon, les sortes de tests avant usages sur des personnes qualifiées pour déterminer la notion de confort, c’est-à-dire des adultes, étant limités, on est tenté de la croire.
Comme une question de parent n’est jamais tout à fait stupide, pendant que les consommateurs de couches bio se demandaient de quelle façon il fallait les laver, Piwapee se faisait à l’idée qu’il faudrait peut être lancer une lessive et un désinfectant bio, histoire de proposer une gamme complète qui s’inscrirait dans une démarche globale de développement durable. Aujourd’hui, si l’on investit dans une quinzaine de couches Piwapee, on nous proposera également des sacs imperméables et hermétiques pour ranger les couches sales, de la lessive bio et du désinfectant. Ce dernier étant peut être le plus indispensable de tous les accessoires, en effet le stockage de linge souillé, 3 jours durant, nécessite un petit coup de ce « produit miracle » et bio, ne serait-ce que pour éliminer une odeur tenace et des germes bien accrochés.
Les crèches collectives se mettent aussi au vert
En revanche, pour ce qui est de la lessive, on n’a pas besoin d’un manuel de lavage pour savoir que nos grands mères savaient déjà faire dans le bio, et que l’on n’a rien inventé, puisque depuis le petit tour au lavoir, un pain de savon de Marseille sous le bras, on n’a jamais trouvé mieux ! Mais admettons que nous préférions investir 15 euros dans une lessive bio, nous en trouverions alors à foison dans les supermarchés. Et pour un peu plus cher, on s’offrirait celle de Piwapee, certifié Ecocert, ultra concentrée, et agrémentée d’une touche d’huiles essentielles à la lavande, pour l’odeur dit-on, bien que celle-ci ne se fixe pas au lavage, norme Ecocert oblige. Apres tout, chacun a bien le droit d’acheter ce que bon lui semble.
Le potentiel, en termes de magasins bio ou de puériculture, nous laisse imaginer une évolution assez fulgurante dans le secteur de la couche lavable. D’autant plus, que les crèches collectives commencent à se mettre au vert, elles-aussi. Ce qui est le cas à Rennes par exemple, ou les structures de la petite enfance vont faire dans le bio. Bonne nouvelle, mais pourquoi uniquement à Rennes ? Estelle Tirmarche nous répond : « il faut absolument que ce mouvement de la couche écolo soit accompagné de structures d’éco-laveurs (reprise du linge sale, lavage dans les règles de l’éco-citoyenneté et livraison du même linge, mais propre), le marché connaîtra alors un essor fantastique ».
Il est vrai que l’aspect économique, pratique, confortable et résistant (on sait bien qu’en crèche, un enfant est changé bien moins souvent qu’à la maison) ne peut que séduire les collectivités locales, mais, car il y a un mais… et Estelle Tirmarche de poursuivre, « le marché se développera grâce à la volonté des pouvoirs publics qui soutiendront, par des subventions ou autres, les initiatives locales de ce genre. » Et on y revient, encore et toujours, comme une vieille rengaine. Ah, si la volonté des puissants…














Lili | 27.05.09 à 10.44
Bonjour,
j’ai entendu dire que les couches piwapee étaient fabriquées en Malaisie… Avec le trajet qu’elles parcourent, elles ne sont plus si bio que ça ! Et elles sont chères par rapport à la concurrence…
Pourquoi ne pas les fabriquer en France, comme le font certains autres ?
Merci pour votre réponse, les produits qui viennent du bout du monde m’exaspèrent, bio ou pas !
Une utilisatrice de couches…lavables made in france !