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Mardi 9 février 2010

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Wô, un procédé pour recycler les eaux industrielles

Eau | 2 réactions

par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 29.05.09

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Qui a dit que les bretons n’aimaient pas l’eau ? Face à la raréfaction de l’or bleu, deux rennais viennent de mettre au point une solution inédite de recyclage du précieux liquide lorsqu’il est souillé. Baptisé le , leur procédé permet de réutiliser jusqu’à 95% des eaux utilisés au cours d’un processus industriel.

Avec 98 à 99 % de ses eaux usées rejetés dans le milieu naturel, l’industrie n’est pas vraiment une bonne élève de la protection des ressources en eau. Une réalité attristante qui a amené Cédric Fontaine et William Maufroy à fonder la société 2ô Innovation en décembre 2008 pour s’attaquer à la mentalité du « tout tuyau ». Plutôt que le rejet des eaux usées, leur Wô propose de fonctionner en circuit fermé directement sur les sites industriels, en séparant le polluant de l’eau pure. « Il s’agit d’un procédé d’ultra-filtration qui recycle l’eau usée en la faisant passer par des membranes. Grâce à la porosité, l’eau va traverser la membrane, tandis que les polluants vont se concentrer dans une cuve », explique Cédric Fontaine.

Le procédé inédit de 2ô Innovation permet ainsi de traiter des polluants industriels comme les hydrocarbures, les produits lessivants ou encore des solvants. Le tout à un rythme minimum de 450 litres par heure. Un système qui cible donc les processus industriels gourmands en eau, comme la blanchisserie industrielle, le transport maritime, mais aussi l’immense marché des stations de lavage automobiles. En pratique, chaque client installe sur son site de production deux cuves : l’une pour les eaux usées, l’autre pour les eaux ré-utilisables. Des réservoirs alimentés par un dispositif « technique » composé d’une pompe, d’une armoire électrique et d’un module de filtration. Une fois en place, le système ne demande plus qu’à laisser parler ses membranes. Les résidus polluants étant périodiquement récoltés pour être traités par une société tierce.corps_wo_090529

Tester le procédé pour le traitement des eaux grises des immeubles d’habitation

Principal intérêt du dispositif : sa rentabilité. Contre un investissement limité, les industriels peuvent réduire nettement leurs dépenses d’eau, réconciliant économie et écologie. D’autant que l’obtention du Wô permet également à son utilisateur de réduire très fortement ses taxes d’assainissement. « Le retour sur investissement peut se faire dans certains cas en moins de deux ans et dépasse très rarement les quatre ans. Les installations vont de 45 000 à 200 000 euros pour les plus complexes, avec une moyenne autour de 65 000 euros pièce », précise Cédric Fontaine. Pour ce prix, une station de lavage pourra par exemple espérer économiser près de 3600 m³ d’eau par an, tandis qu’une usine chimique tablera elle sur une réduction par dix de sa consommation.

D’ici la fin de l’année, 2ô Innovation devrait réaliser ses cinq premières installations, dans des domaines extrêmement variés. La société accompagnera ce lancement d’un renforcement de ses effectifs pour atteindre les six salariés en janvier. « Pour nous, la grosse année sera 2010. Le marché s’annonce gigantesque avec des débouchés très importants. Par exemple, une société nous a contactés pour l’éventuel équipement de ses 600 sites. Cela dit, nous ne voulons pas aller trop vite. Nous souhaitons en effet miser avant tout sur la qualité et la fiabilité », prévient Cédric Fontaine. Face à la concurrence des solutions d’évaporation ou d’épuration, le co-fondateur de 2ô Innovation lorgne également au-delà des frontières du monde de l’industrie. Il envisage ainsi de tester dans le futur son procédé Wô pour le traitement des eaux grises des immeubles d’habitation. De quoi amener encore un peu plus d’eau à son moulin.

2ô Innovation en bref

Sans surprise, on retrouve deux spécialistes de l’eau aux manettes du projet Wô. Cédric Fontaine dirige ainsi depuis 2005 Inovaren, une entreprise rennaise spécialisée dans la récupération de l’eau de pluie. Tandis que William Maufroy est lui le fondateur d’Ingeneo, un bureau d’étude créé en 2005 et dédié aux solutions de traitement de l’eau. Deux têtes bien faites qui ont travaillé pendant près de deux ans pour mettre au point cette solution unique en son genre.

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Vos réactions

Olivier B | 2.06.09 à 09.25

Un principe similaire est d’ailleurs utilisé dans la location de produits chimiques (notamment chlorés si je me souviens bien, voir livre “80 hommes pour changer le monde”)

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