Spécial élections européennes.
Cécile Duflot, Secrétaire nationale des Verts, Porte-parole d’Europe écologie.
Mis à part quelques dinosaures et quelques mammouths, peu de personnes contestent l’urgence de la crise environnementale et climatique qui nous menacent. Il est donc nécessaire que l’humanité se fixe des objectifs ambitieux en matière de réduction des gaz à effet de serre, et Copenhague sera une étape fondamentale. Mais nous devons ensuite nous donner les moyens de ces objectifs ambitieux. Il existe plusieurs propositions de la part des écologistes pour assurer une transition écologique de l’économie en Europe.
Le Bruxelles de l’emploi et la conversion écologique de l’économie
Pour les écologistes, la crise actuelle n’est pas qu’une crise sociale, une crise environnementale ou une crise économique. C’est une crise globale qui lie ces trois aspects. Ce sont des pans entiers de notre économie qui sont à terme condamnés, et les recettes du passé sont ici dépassées.
La crise que connaît le secteur automobile est un bon exemple. La circulation automobile régressera, la civilisation du pétrole roi va disparaitre. Pourtant, on finance aveuglement les grands groupes automobiles à coup de milliards, groupes qui dans le même temps annoncent de gigantesques plans de licenciement. Va-t-on faire avec l’industrie automobile ce qui a été fait à la sidérurgie il y a trente ans ? Les aides à l’automobile doivent être conditionnés à des critères sociaux et des objectifs environnementaux.
Il est pourtant indispensable de ne pas abandonner les salariés de l’automobile. Pourquoi ne pas financer leur reconversion en salariés de la mobilité en assurant un revenu de transition ? Un ouvrier construisant des voitures ne pourrait il pas à terme construire des rames de train ou des éoliennes, comme cela sera bientôt le cas à Blanquefort ?
Les forces vives de la société européenne doivent se réunir autour d’un « Bruxelles de l’emploi » pour réfléchir à la transformation de l’économie. Des millions d’emplois verts, non-délocalisables, pourraient être créés, dans la recherche, dans la sobriété énergétique et l’isolation des bâtiments, dans les transports durables, dans le recyclage, dans la gestion de la biodiversité, dans l’agriculture biologique ou l’économie sociale et solidaire,…
Contribution climat-énergie
Autre pilier de cette économie verte, la contribution climat-énergie européenne. Cette taxe sur la consommation d’énergie qu’elle soit fossile - pétrole, gaz naturel, charbon – ou électrique d’origine non renouvelable, est un levier nécessaire pour les changements de comportement. Elle sera appliquée à l’ensemble des acteurs économiques - entreprises, administrations comme les ménages. L’objectif est d’augmenter progressivement et régulièrement cette taxe, afin de favoriser la sobriété. Cette contribution favorisera également une relocalisation de l’économie et les circuits courts.
Pour limiter un impact discriminant sur les TPE, PME et les ménages, le produit de cette taxe serait affecté à des chèques « Eco-Energie ». Ces chèques seraient utilisés pour acheter des appareils efficaces, des matériaux d’isolation, ou tout autre bien ou service visant à diminuer la consommation d’énergie.
La recherche
Levier important : la recherche. Le 7ème PCRD (Programme cadre pour la recherche et le développement, 2007-2013) est doté de 50 milliards d’euros. Le 8ème PCRD qui devrait être adopté avant la fin 2013 sera un sujet essentiel pour le prochain Parlement européen. Pour les Verts et Europe Ecologie, le budget du prochain PCRD doit être doublé. Mais il importe que la sobriété énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique ou les énergies renouvelables soient incluses dans les priorités du huitième PCRD.
Le Pacte de Coopération Ecologique et Solidaire européen
Enfin, il est nécessaire de rendre contraignants les objectifs sociaux et environnementaux aux états européens. Tout pays adhérent à l’euro est actuellement tenu de suivre le pacte de stabilité et de croissance et les critères de Maastricht (dette, déficit, inflation), qui visent essentiellement à limiter l’inflation. Pourquoi ne pas les remplacer par un Pacte de Coopération Ecologique et Solidaire européen. Ce pacte pourrait par exemple rendre contraignant le fait de diviser par deux l’empreinte écologique avant 2025, limiter le taux de chômage, ou pourrait obliger les états à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie.
La croissance verte contre la planète
Mais pour être verte, l’économie doit s’affranchir du dogme de la croissance. La croissance verte est un nouveau mythe à la mode, non dépourvu de cynisme de la part de ceux qui le propagent. On peut légitimement se demander si les promoteurs de cette croissance verte, qui sont les mêmes qui ont conduit notre planète au bord du gouffre, ne souhaitent pas d’abord relancer la croissance, plutôt que sauver la planète. Ce sont les mêmes qui ont transformé le « développement durable » en slogan pour vendre des 4×4. La croissance ne peut être infinie dans un monde fini.
Il faut donc repenser le développement en se basant sur d’autres indicateurs que le PIB comme l’empreinte écologique ou des indicateurs de bien-être.
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Rossignol | 5.06.09 à 15.38
tout simplement bravo !