Cit’ergie : le label en mal de candidats
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par Cécile Castellan | Cleantech Republic | 08.06.09
Déclinaison française du label européen European Energy Award (EEA) créé en 2003, Cit’ergie a été annoncé fin 2007. Date à laquelle quatre communes françaises décrochent cette récompense : Echirolles, Besançon, Montmélian et Grenoble. Dix-huit mois plus tard, aucune autre collectivité n’est venue enrichir ce tableau d’honneur. Le nouveau label pour les collectivités « propres », porté et diffusé par l’Ademe, a bien du mal à trouver des candidats. Alors, pour quelles raisons le succès n’est-il pas au rendez-vous ? Les caisses peu remplies des municipalités ou une mauvaise communication ?
Un parcours long mais ambitieux
Au-delà de la labellisation, Cit’ergie a pour but d’encourager et de guider les communes, qui en expriment la demande, vers une politique environnementale et énergétique de qualité. Le cahier des charges de Cit’ergie se base sur 87 actions standardisées (aux normes européennes), qui portent sur différents domaines, comme l’urbanisme, la consommation d’énergie, la mobilité, la communication pédago-écologique… Autant dire que, de la candidature au label, en passant par la délibération, la route est longue.
L’Ademe va tout d’abord vérifier que la commune a les moyens de ses ambitions et les possibilités de mettre en place les modifications adéquates, puis va effectuer une mise en relation entre la collectivité et un conseiller externe - mais accrédité - qui fera office d’accompagnateur. La collectivité se mettra alors en « mode projet » et entreprendra un état des lieux de sa politique énergétique et de sa démarche environnementale.
S’en suivra un système de notation sur les actions positives déjà réalisées. Si, et seulement si, la collectivité remplie 50% des conditions à l’obtention du label, alors, elle sera priée de bâtir un programme sur quatre ans, planifiant les différentes améliorations à mettre en œuvre. Et comme le bout du tunnel est encore loin, elle devra être auditée par des intervenants externes, mais également accrédités. La collectivité pourra, enfin, demander le label, qui leur sera peut être attribué, par un collège d’experts indépendants.
Une fois le label obtenu, pas de fanfaronnades, car il n’est valide que pour une durée de quatre ans. Après cette période probatoire, Monsieur le Maire se fendra à nouveau d’un audit, payant, bien entendu. Car, rien n’est gratuit, et surtout pas en matière d’environnement. La commune devra donc régler une première note à son conseiller, qui varie selon le nombre d’audits effectués. Une deuxième à son auditeur, qui vérifie que le conseiller fait correctement son travail et audite à son tour « l’équipe projet ». Et une troisième pour « acquérir les droits d’utilisation des outils du label », ce qui représente 0,005 euros par habitants.
Besançon : une labellisation expérimentale
La ville de Besançon, une des rares détentrices du label Cit’ergie, n’en est pas à son coup d’essai sur les questions d’énergies. Depuis le choc pétrolier des années 70, la collectivité s’était mise au diapason. Et la municipalité, comme beaucoup d’autres sur le territoire français, n’avait pas attendu un label pour faire progresser sa démarche environnementale. Alors pourquoi avoir choisi le label Cit’ergie ? Myriam Normand, responsable de la direction de la maîtrise de l’énergie, explique ce que le processus de labellisation a apporté à la ville de Besançon : « cela nous a permis de faire le point, un état des lieux de nos actions en termes de gestion d’énergie. Cit’ergie nous a permis de mesurer et d’avancer sur le sujet. Cela a été un outil guidant et pédagogique. »
Voilà un bon point. Mais revenons au label. Myriam Normand poursuit : « c’est juste une reconnaissance ». C’est donc la reconnaissance qui motiverait ce petit parcours du combattant et les dépenses associées ? Sur le volet de l’investissement consenti, Myriam Normand finit par nous éclairer : « nous faisions en fait partie d’un programme européen d’expérimentation. Ça ne nous a rien coûté, à part du temps. »
Nos quatre communes françaises labellisées Cit’ergie s’avèrent être les fruits d’une expérimentation. Il faudra donc patienter pour connaître les tenants et les aboutissants d’une véritable labellisation Cit’ergie, qui émerge d’une vrai demande de la part d’une commune, qui réglera la facture avec monnaie sonnante et trébuchante.
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