« Certains hôtels font de manière volontaire ce qu’ils seront obligés de faire demain »
par | 12.06.09
Certivea remet les certifications HQE pour les bâtiments commerciaux. L’organisme établit un référentiel, missionne des auditeurs et ne délivre une certification que si tous les critères demandés sont remplis. Eric Guerry, directeur du développement chez Certivea, revient pour Cleantech Republic sur les contours de la nouvelle certification HQE dédiée à l’hébergement touristique.
L’hôtellerie fait-elle l’objet d’un référentiel spécifique ?
Chaque secteur d’activité ayant ses propres problématiques, nous développons des référentiels calibrés. Le plus récent concerne celui pour la certification HQE dans le secteur de l’hébergement touristique. Si nouveau (début 2009), que pour l’instant, encore aucun hôtel n’a obtenu cette certification.
Pourtant, quelques hôtels affirment être « aux normes HQE » ?
Il est vrai qu’il peut y avoir des confusions. Ce sont des hôtels qui ont été construits selon les normes HQE, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’ils soient certifiés. Pour l’instant, sur le territoire français, il y a 14 établissements en cours de certification, dont l’hôtel spa Yves Rocher, et deux Centers Parcs. Ils font partie d’une opération pilote qui nous a permis de mettre en place ce fameux référentiel bien spécifique aux métiers de l’hôtellerie.
Quel est le processus à suivre pour un établissement hôtelier qui souhaite être certifié HQE ?
On lui propose un guide méthodologique, mais en aucun cas une prescription. Par exemple, qu’il choisisse du bois ou autre chose pour la construction du bâtiment, peu importe, le principal étant qu’il opte pour une méthode peu impactante. En revanche, il doit suivre le cahier des charges, en terme de consommation d’énergie et d’eau, de gestion des déchets, de confort hydrothermique… Nous lui envoyons ensuite un auditeur, qui viendra vérifier s’il évolue bien dans la ligne du référentiel, et cela, trois fois, de la conception du bâtiment jusqu’à la fin des travaux. Celui qui désire se lancer, sera guidé et aidé par un auditeur, puis valorisé par une certification.
Comment expliquer qu’il n’y ait que quatorze établissements en cours de certification, sur l’intégralité du territoire français ?
La certification est très récente, et le contexte économique pas vraiment favorable. En effet, l’opération peut paraître contraignante et coûteuse. Mais il faut savoir qu’elle est aussi bénéfique, les hôtels souhaitant se lancer dans l’aventure, peuvent bénéficier de meilleures conditions de financement auprès de certains organismes bancaires, mais aussi de réductions au niveau des assurances. C’est également un bon moyen de se différencier des autres dans ces moments où la concurrence est rude.
Alors, comment faire connaître cette toute nouvelle certification ?
En dehors des événements auxquels nous participons, notre meilleure publicité est le travail accompli avec les hôtels bientôt certifiés. Ils sont notre plus belle vitrine. Voilà notre meilleur moyen de prêcher la bonne parole. Pour chacun des acteurs, hôteliers, auditeurs, entrepreneurs, concepteurs, architectes, cela permet d’avoir un discours commun et de progresser ensemble.
Quel est l’avenir de la certification HQE « hébergement touristique » ?
Aujourd’hui, certains hôtels font de manière volontaire ce qu’ils seront obligés de faire demain. L’évolution législative est inéluctable grâce aux projets Grenelle 1 et Grenelle 2. Et comme nous n’en avons jamais fini avec des créations de référentiels spécifiques, nous sommes en train de créer celui pour les bâtiments hôteliers anciens, ceux qui ont été bâtis à une époque ou les normes environnementales importaient peu. Pourquoi n’auraient-ils pas le droit, eux aussi, d’accéder à une certification ?
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