La Grée des Landes, un hôtel pilote pour la nouvelle certification HQE
par Cécile Castellan | Cleantech Republic | 12.06.09

Avant même la première esquisse de l’éco-hôtel spa Yves Rocher, Jacques Rocher savait déjà très précisément à quoi son complexe ressemblerait. Sa volonté et sa détermination lui ont permis de donner une impulsion très forte sur les choix à adopter, au moment de la conception de La Grée des Landes. Pour mettre en forme son projet, l’architecte spécialisé, Olivier N’Guyen lui a apporté son expertise en éco-développement. Un binôme fusionnel, sans lequel l’éco-hôtel n’aurait pu voir le jour.
Des entrepreneurs au banc d’essai
Au début de l’aventure, le moins que l’on puisse dire, c’est que les entrepreneurs prêts à faire de l’éco-construction ne se bousculaient pas au portillon. Notre binôme rêvait « démarche écologique », les entreprises du bâtiment pensaient « contraintes ». Certains, conscients de l’évolution du marché, se sont finalement résolus à participer à ce grand projet. A dessein original, idées peu ordinaires : un appel d’offre spécial, comme l’explique Eric Vaucelle, Directeur technique de la réalisation de l’éco-hôtel : « on a voulu faire un bureau pilote éco-conçu (ndlr, des locaux de travail) de 100 mètres carré environ, on y a testé les différents corps de métier, de la menuiserie à la peinture. Les entreprises locales ont alors réalisé cet éco-bureau, et c’est seulement par la suite que nous avons fait notre choix. »
Aucune des entreprises du bâtiment sélectionnées n’étant experte en éco-construction, l’encadrement s’est avéré plus que nécessaire. Mais la principale difficulté, à laquelle Eric Vaucelle a dû faire face, n’a finalement pas grand rapport avec la conception ou la construction HQE. Elle est venue des bureaux de contrôle, ceux-là même qui déterminent si un produit est « vert » ou non. Le problème étant que leurs avis divergent sur certaines fabrications.
On constate que la réglementation diffère d’un pays européen à un autre, et pire encore, d’une région à une autre aussi. Ce qui a engendré des demandes quelque peu farfelues, comme une étude sur un produit, qui aurait duré au minimum six mois, temps des plus précieux en période de construction, alors que ledit produit était considéré aux normes dans la région voisine. On en revient toujours à ce fameux travail législatif sur l’harmonisation des réglementations, qui n’aboutira donc jamais.
Le prix de l’éco-responsabilité
L’isolation renforcée, les toitures végétalisées, le bâtiment qui s’étale sur un seul niveau, et bien d’autres choses encore qui riment avec surcoût, ont fait grimper la facture finale d’environ 30%. Mais Eric Vaucelle se veut optimiste : « nous allons les récupérer à long terme, sur 5 à 10 ans. Nous connaissons déjà notre gain d’énergie, qui représente 30 %, et la toiture végétalisée nous apporte un confort thermique tel, que nous supportons aisément la chaleur sans climatisation. »
La Grée des Landes semble avoir été pensée sans failles. « Nous sommes très fiers de ce projet, peut être l’évolution des techniques nous donnera envie de faire des modifications dans quelques années. Mais la qualité principale de ce projet n’est pas tant son éco-construction, mais sa fusion parfaite avec la nature, c’est ce qui fait son originalité. » Si la nature reprend ses droits, on ne s’en plaindra pas.











