« Comprendre les mécanismes physico-chimiques des bioplastiques »
par | 19.06.09
L’Ecole des Mines a lancé hier une chaire bioplastique en partenariat avec cinq industriels : Arkema, Nestlé, Schneider Electric, PSA Peugeot-Citroën, et L’Oréal. Cleantech Republic a rencontré Tatiana Budtova, Docteur en physique, chargée de recherche au sein du CEMEF à Sophia-Antipolis (Centre de mise en forme des matériaux de l’Ecole des Mines), et titulaire de ladite chaire.
Cleantech Republic : Quel sont les objectifs de votre chaire ?
Tatiana Budtova : Aujourd’hui, on mélange des produits, et on obtient du bioplastique…. mais, d’un point de vue scientifique, personne ne sait vraiment pourquoi, ni comment. Nous voulons donc comprendre les mécanismes physico-chimiques de la fabrication des bioplastiques. La chaire est une unité temporaire d’enseignement et de recherche fondamentale, dont la durée initiale est de cinq ans. Les résultats seront publics. D’autres laboratoires, publics ou privés, pourront donc s’en emparer pour mettre au point des produits opérationnels en fonction des propriétés voulues.
Concrètement, quels sont vos axes de recherche ?
Dès le départ, les partenaires du projet ont fixé deux orientations principales. Tout d’abord, ne pas entrer en compétition avec les ressources alimentaires. Et se concentrer sur des matières « durables » au sens de la solidité et de la pérennité dans le temps. Le premier programme concerne les composites polymères synthétiques comportant des fibres naturelles, donc incluant encore du pétrole. Nous lançons également un projet autour des matériaux ligno-cellulosiques. L’idée étant de valoriser les polymères issus de la biomasse, qui sont généralement brûlés. Les autres thèmes sont encore en discussion avec les partenaires industriels.
Combien de programmes allez-vous conduire ?
Nous allons lancer au total six projets de recherche sur les cinq années. Chaque projet sera dirigé par un thésard, assisté par des étudiants. Pour ne rien vous cacher, nous avons énormément de candidatures, le sujet est très populaire chez les étudiants.
Comment la chaire est-elle financée ?
Les trois millions d’euros nécessaires au projet sur les cinq années ont été amenés pour moitié par l’Ecole des Mines, et pour moitié par nos cinq partenaires industriels. Il faut d’ailleurs rendre hommage à leur action citoyenne. Financer des programmes de recherche fondamentale, publics de surcroît, démontre qu’ils ne sont pas dans une démarche financière à court terme.
Bio-express de Tatiana Budtova
- Chargée de recherche à Mines ParisTech
- Chef de groupe-adjoint de l’équipe Physico-Chimie des Polymères
- Née à St-Petersbourg (ex Leningrad), Russie (ex. URSS) en 1963. Elle a obtenu son Master à la faculté de physique de l’Université d’Etat de St-Petersbourg en 1987 et son Ph.D. à l’Institut des Composés Macromoléculaires de l’Académie des Sciences de St-Petersbourg en 1992. Tatiana Budtova a obtenu le diplôme d’Habilitation à Diriger les Recherches de l’Ecole des Mines de Paris/Université de Nice-Sophia-Antipolis en 1999. Depuis 2000, elle travaille à temps plein au CEMEF/Mines ParisTech ; et depuis septembre 2004, elle occupe un poste permanent à Mines ParisTech. Elle est l’auteur - ou co-auteur - de plus de 70 articles.
Enseignement supérieur : les écoles se mettent au vert
Presque toutes les grandes écoles proposent désormais des formations à dimension environnementale. Voici quelques exemples au sein des écoles les plus prestigieuses :
- Sur les treize mastères spécialisés (MS) des Mines, plus de la moitié concernent l’environnement, notamment les MS « Bioplastics », « Energies renouvelables », ou « Optimisation des systèmes énergétiques ».
- Les Arts et Métiers (ENSAM) forment à la construction et à l’habitat durable, à l’éco-conception, aux énergies renouvelables, et même aux technologies des systèmes hybrides de production d’électricité et de chaleur.
- Les écoles de commerce ne sont pas en reste : HEC propose un MS « Management du Développement Durable », et l’ESCP un MS « Energy Management ».
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