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Entretien avec Patrick Widloecher, Conseiller du Président et du Directeur Général pour le développement responsable, et déontologue du Groupe La Poste. Il a été le premier Directeur du Développement Durable de La Poste. Il est le co-auteur (avec Isabelle Querne) du livre « Le guide du développement durable en entreprise » paru en mars dernier et co-édité par Eyrolles (Editions d’Organisation) et Les Echos. Il détaille pour Cleantech Republic les innovations mises en œuvre dans le groupe dans une optique de durabilité… et de réduction des coûts.
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« Le développement durable, ça ne coûte pas grand chose. Et ça rapporte. Beaucoup ! » Patrick Widloecher n’y va pas par quatre chemins. Et prouve illico ses dires : « La Poste, c’est 60 000 conducteurs. Nous avons engagé pour eux une campagne d’apprentissage à l’éco-conduite. Vingt neuf mille y sont déjà passés. Nos attendons de cette formation une réduction moyenne de 8 % du CO2 dégagé par nos véhicules. Quasiment autant en économie en carburant. Et cela, rien qu’en priant les gens de conduire leurs véhicules autrement, c’est-à-dire de façon plus souple et plus écologique ! » Autre exemple : « La réorganisation du tri, l’optimisation des trajets de nos camions, et l’aménagement de leur espace de chargement pour récupérer l’espace perdu ont permis de réduire de 400 000 km la distance parcourue dans Paris intra-muros chaque année. »
Probant. Mais la foi du développeur durable (qui ne peut plus être celle du charbonnier…) se heurte à des difficultés parfois imprévues. La Poste a vendu ses vingt cinq avions, chargés la nuit de transporter le courrier. Fin de la « postale » chère à Mermoz et Saint-Exupéry. Mais nécessité fait loi, et fi de la nostalgie. Les TGV, rapides et plus économes, sont prévus d’imposer leur efficacité dans le transport des colis et des lettres. « Encore faut-il, maugrée Patrick Widloecher, que nous réglions un problème de fond avec la SNCF : Ils utilisent la nuit pour entretenir leurs voies. Et nous, nous avons besoin de rouler la nuit pour que les trains acheminent notre courrier ». Il va falloir faire des concessions de chaque côté pour aboutir…
Des liaisons de centre postal à centre postal sans rupture de charge

Le plus spectaculaire reste cependant à venir. Car La Poste, notamment son secteur Colis, pourrait retrouver le ciel. Grâce à… des dirigeables gros porteurs, de nouvelle génération, animés, certes, par des moteurs nourris au kérosène, mais dix fois plus économes que les réacteurs d’avions. Rejoindre la Corse en dirigeable, au départ de l’important centre de Cavaillon – 30 tonnes de colis à acheminer tous les jours vers l’île de beauté – à une vitesse sénatoriale de 180 km /h préserverait la somme de 7 à 8 millions d’euros par an pour l’entreprise. Acquisition ou location du dirigeable comprise.
Comme le raconte Patrick Widloecher, ces dirigeables n’existent encore qu’en pixels sur l’écran de micro-ordinateurs. Mais au sein d’une des sociétés conceptrices, Aerospace Adour Technology à Pau, on s’active ferme, un tour de table est organisé pour financer la construction d’un premier prototype. Du reste, un colloque fondateur sur les dirigeables est programmé pour octobre prochain par le Conseil régional d’Ile de France. Aussi imposants soit-ils, ces engins – qui embarqueront jusqu’à 250 tonnes de fret - se posent un peu « comme des hélicoptères » sur un espace grand comme un terrain de football. D’où un nouvel avantage, prometteur en terme d’économies : des liaisons de centre postal à centre postal, sans rupture de charge due à la localisation des aéroports ou des gares et, donc, sans recours aux véhicules automobiles pour boucler les parcours. D’autres entreprises que La Poste pourraient être intéressées, comme Sanofi (médicaments) ou Michelin (pneus).
Pour ceux que l’explosion du Zeppelin Hindenburg en 1937 à Buffalo (Etats-Unis) avec ses 97 personnes à bord frapperaient encore d’effroi, le conseiller du président de La Poste détaille l’enveloppe gonflée à l’hélium ininflammable, compartimentée en cellules indépendantes, et habillée d’une coque rigide. « Un missile peut passer à travers sans détruire l’ensemble », s’amuse-t-il.
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Olivier B | 1.07.09 à 13.34
La poste a vendu ses avions, ok… mais d’où sortent les beaux avions jaunes de “PostEurope” qui effectuent, me semble-t-il, des rotations étrangement similaires ?
Certaines destinations sont toujours desservies par avion. Pas du tout choquant en soit… encore faut il le préciser. Bravo en tout cas pour la démarche.