Cleantech Republic

Samedi 31 juillet 2010

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Les biocarburants font-ils fausse route avec le jatropha ?

Biomasse | 5 réactions

par Stéphane Parpinelli | Cleantech Republic | 23.06.09

corps_amisdelaterrejatropha_090623On prête beaucoup de vertus au jatropha, cette plante oléagineuse dont l’huile renfermée dans son fruit serait une excellente candidate aux biocarburants de seconde génération. Celle-ci pousse en effet dans des zones semi-arides qui n’entreraient pas en concurrence avec les sols réservés à la production alimentaire. Pas si sûr. Dans un rapport tout récemment publié, intitulée « Jatropha – Wonder Crop ? Experience for Swaziland », les Amis de la Terre Swaziland et Royaume-Uni dénonce le mirage du jatropha. Extrait : « Le jatropha peut effectivement pousser dans des conditions semi-arides, mais il est par contre très improbable que les rendements soient suffisamment élevés pour permettre aux paysans d’en tirer un bénéfice. Alors que le Swaziland dispose de rares ressources en eau, certains paysans ayant planté du jatropha ont constaté que la plante devait être arrosée régulièrement. D’autres paysans ont transformé des terres jusqu’ici dédiées à la production alimentaire en cultures de jatropha. » Cette enquête s’oppose aux arguments avancés par la firme britannique D1 Oils. L’association demande à l’Union européenne de « prendre en compte les impacts du jatropha dans l’étude qu’elle mènera en 2010 sur les changements d’affectation des sols à cause des agrocarburants, et de réviser son objectif d’incorporation de 10% en conséquence. »

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Vos réactions

La Fleur Dakar | 24.06.09 à 09.27

Pourquoi tant de désinformation ! Que veux dire ”ont constaté que la plante devait-être arrosée régulièrement” Je cultive le Jatropha en Afrique depuis 5 ans, je sais de quoi je parle. Un plant de Jatropha à besoin de 100l d’eau par an et puis c’est tout (pour imiter un entraineur que l’on connait bien)

Pretot | 3.08.09 à 15.36

Objectif projet NEO Madagascar.
Au total, plus de 50 millions d’arbustes seront implantés sur 30 000 ha de savane, dans une des régions les plus défavorisées de Madagascar.
Un soutien général de la région, des maires et des populations locales.
Un projet réellement intégré.
Toutes les incidences ont été prises en compte.

Conditions socio-économiques et environnement local
• Zone entièrement déboisée et très largement érodée ;
• Zone pauvre en biodiversité, aucune réserve naturelle et aucune espèce menacée ou protégée dans la zone d’implantation ;
• Peu de couverture végétale, régulièrement détruite par le feu ;
• Sols acides et très peu fertiles qui ne conviennent pas pour les cultures vivrières à large échelle ;
• Densité de population très faible : environ 15 habitants au kilomètre carré ;
• Activité agricole restreinte aux alentours des villages et dans les bas-fonds (agriculture de subsistance), élevage extensif de zébus ;
• Activité économique très restreinte ; voire inexistante…
• Pas d’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux soins vétérinaires ;
• Problèmes de potabilisation de l’eau et d’assainissement des eaux usées à beaucoup de maladies diarrhéiques et mortalité infantile ;
• Zone enclavée

Pourquoi le Jatropha ?
• Espèce naturellement présente à Madagascar → pas d’introduction d’une nouvelle espèce
• Plante rustique, qui nécessite peu d’irrigation et de peu d’intrants agricoles (fertilisants et pesticides). Elle peut donc être implantée sur des terres dégradées et peu fertiles ;
• N’entre pas en compétition pour les terres avec les cultures vivrières, donc pas d’impact sur le prix des denrées ;
• Rendements élevés en huile : la graine contient environ 30% d’huile non comestible (donc pas d’influence sur les prix de l’huile alimentaire) ;

Gestion du projet
• Ethique du projet contractuellement mise en place dans le cadre du partenariat avec l’ONG MADDA (définition des conditions environnementales et sociales à respecter);
• La durée de vie du Jatropha est de 50 ans, mais les plantes seront remplacées tous les 30 ans afin de maintenir de bons rendements ;
• Irrigation seulement en pépinière et lors de la mise en terre ;
• Loin des zones sensibles (zones humides, forêts ripicoles, sites sacrés, etc) et des zones de culture des villageois (mise en place de zones tampons). Identification notamment avec des sociologues de l’université d’Antananarivo ;
• Mise en place de plantes fourragères et vivrières qui protègent le sol entre les rangées de Jatropha pour limiter l’érosion. De plus, la matière organique permettra d’améliorer les caractéristiques physico-chimiques des sols ;
• Pas de concurrence pour les terres avec les éleveurs : les animaux pourront pâturer dans les plantations car le Jatropha n’est pas brouté par les animaux (traditionnellement, cette plante est utilisée comme haie vive pour délimiter les parcelles) ;
• Les tourteaux (résidus des graines après pressage) seront compostés et utilisés comme engrais organique sur le terrain
• Utilisation des énergies renouvelables pour répondre à nos besoins : huile de Jatropha, énergie solaire et éolienne, biométhanisation des déchets organiques ;
• Plantations labellisées par le World Wild Fund for nature (WWF Madagascar).

Impacts socio-économiques du projet
• A terme, création de 11.400 emplois directs (moyenne mensuelle pour 30.000 ha de plantation) ; création d’un circuit économique (emplois indirects et induits) ;
• Transferts de compétences ;
• Création de la Fondation NEO pour la mise en place d’un programme d’aide au développement local : à travers ce dispositif, NEO soutiendra les initiatives d’aide dans les domaines de l’emploi, de la formation (scolarisation et formation professionnelle), de l’assistance technique (plans locaux d’électrification, de voiries et d’infrastructures) et sanitaire (accès aux soins de santé, assainissement de l’eau, aide alimentaire) ;
• de nombreux partenariats pour le développement : Croix- Rouge malgache, AVSF, ADER, MADDA ;
• Soutien matériel et technique pour la réalisation d’actions humanitaires par MADDA, en cohérence avec les plans de développement communaux de la zone d’implantation:
- réhabilitation du dispensaire d’Ambatomainty (CSBII) accompagnée d’une unité de production d’énergie solaire;
- mise en place de puits avec bornes fontaines par pompage manuel. L’accès à l’eau potable sera auto-géré par les villages et Fokontany (objectif de 10 puits en 2009 pour une population cible estimée à 2500 personnes);
- objectif accès aux soins pour tous: mise à disposition de véhicules pour les médecins et possibilité de transporter par avion un malade jusqu’à Antananarivo si jugé nécessaire par le médecin responsable;
- lutte contre le paludisme, notamment par le développement de l’Artémisia Anua en protocole palliatif;
- transfert de compétences médicales en partenariat avec le Centre Hospitalier Universitaire de Nice;
- objectif de réduction des maladies véhiculées par une eau de mauvaise qualité avec programme de sensibilisation sur l’utilisation de l’eau;
- mise en place d’un réseau d’assainissement, notamment des latrines;
- distribution de kits scolaires;
- construction d’écoles destinées à réduire la distance parcourue par les enfants pour aller à l’école;

Impacts environnementaux du projet
• 30.000 ha de terres dégradées vont être revégé talisées, donc fixation du sol et lutte contre l’érosion (hydrique et éolienne). Cela permet aussi de limiter l’ensablement des rizières situées dans les bas-fonds, gros problème dans cette région ;
• Amélioration des caractéristiques physico-chimiques des sols (restauration de la fertilité, meilleure rétention en eau, meilleure structure et résistance à l’érosion) –> à terme, cultures vivrières facilitées ;
• meilleure infiltration de l’eau et donc meilleure recharge des nappes ;
• Fixation de grandes quantités de CO2 ;
• Electrification de la zone –> moins de déforestation pour production de charbon ;
• Substitution progressive d’énergies alternatives aux énergies fossiles et aux énergies à faible rendement.

Pretot | 3.08.09 à 15.47

je pense que nous pouvons avoir des approches intelligentes de ce type de culture.
il faut arrêter de tout dire et systématiquement le contraire.
Les agrocarburants doivent évidemment tenir compte de l’ensemble des paramètres.
Bien sur, il n’est pas possible de cultiver partout et n’importe comment…
Pour une culture industrielle, il faut de l’eau, alors autant choisir les hygrométries les plus favorables…

Arrêtons de condamner sans analyse globale et objective
Cessons de polémiquer, pour proposer de véritables solutions réfléchies.

Aucune solutions ne permet de remplacer le pétrole, mais il faut bien avancer.

Oui, le Jatropha représente une des alternatives possible…

Romain | 25.11.09 à 15.45

Un discours objectif, clair et concis. Je ne vois pas ou peut bien se cacher la désinformation dans tout ca. Ce n’est pas parce qu’une personne parmi tant d’autre annonce que le jatropha a besoin d’être arroser régulièrement que cela doit être prit comme acquit général, tout comme quand une personne étale les faits de sa propre expérience en affirmant le contraire sous prétexte qu’il le cultive depuis 5 ans. Tout dépend des facteurs environnementaux, des procédés utilisés pour la culture et du résultat obtenu. Enfin l’objectivité reste la clé d’un bonne article sur ce genre de plateforme, dans le cas présent je ne vois pas grand-chose à redire.

Avana | 21.06.10 à 11.46

Je vis à Madagascar et je voudrais savoir ce qu’il en est exactement de cette plante. Des projets comme NEO (qui veut dire aussi cancer, entre nous soit dit) veulent nous faire croire des merveilles. C’est normal, puisqu’ils plantent du jatropha. Mais même le WWF et la banque mondiale disent qu’il faut prendre des précautions avant de se lancer dans la culture intensive de cette plante. D’après Claudine Campa de l’IRD, elle ne lutte même pas contre l’érosion. Alors les gens qui disent que c’est une plante dangereuse
sont tous des gens qui veulent du mal aux agrocarburants ? On voudrait bien savoir avant que cette plante n’envahisse la pays ! J’ai demandé à la MCD qui a succédé à D1 à Madagascar et ils ont dit qu’il faut effectivement l’arroser et mettre de l’engrais comme toute les plantes. Alors ça pousse dans les milieux désertiques ou pas ?

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