« La géothermie est un très bon système, mais seulement à plein régime »
par | 24.06.09
Dernier épisode de notre dossier consacré à la géothermie avec un retour d’expérience sur le gisement de Tremblay-en-France. Un puits dont l’exploitation remonte à l’après choc pétrolier, âge d’or de la géothermie en France. Entretien avec David Malet, collaborateur du président du SEAPFA (Syndicat d’Equipement et d’Aménagement des Pays de France et de l’Aulnoye).
Cleantech Republic : Pour le SEAPFA, la géothermie est-elle une activité importante ?
David Malet : Oui. A la base, nous gérions plusieurs réseaux de chaleur sur notre zone. Mais aujourd’hui, seule la pompe de Tremblay-en-France est encore en activité. Les autres pompes ont fermé, car les élus et les communes se sont lassés des pannes et des réparations en série. Nous exploitons aussi une installation au Blanc-Mesnil, mais seulement en « artésien », c’est-à-dire avec un débit faible.
Quelles sont les performances du puits de Tremblay-en-France ?
Plutôt bonnes. Le puits couvre 85% des besoins en eau chaude et en chauffage de l’équivalent de 4000 logements. L’eau est extraite à 73°C avec un débit de 275 m³/h. Et cela, sans faiblir depuis sa mise en service en 1984. Grâce à cette installation, Tremblay-en-France évite une émission de près de 8000 tonnes de CO2 par an.
Voilà la preuve que la géothermie fonctionne…
Disons que la géothermie est un très bon système, mais seulement lorsqu’elle tourne à plein régime. Dans la pratique, c’est une technologie qui se révèle très complexe. Par exemple, nous avons déjà vécu un arrêt de la pompe pendant près un an. Dans ces cas-là, il n’existe qu’une seule machine d’entretien en Europe. Les délais de réparation sont donc très longs. D’autant que notre installation souffre du temps qui passe. Nous avons changé plusieurs fois de pompes et le réseau se dégrade en raison du passage de débris.
Existe-t-il aussi des freins non techniques ?
La géothermie s’expose d’abord la concurrence du « tout électrique ». Certains utilisateurs et notamment les co-propriétés semblent davantage convaincus par le gaz ou l’électricité que par les réseaux de chaleur. En la matière, EDF est un vendeur redoutable ! Par ailleurs, la situation du SEAPFA est compliquée, car nous ne gérons pour l’instant que le réseau primaire. Il est donc difficile pour nous d’avoir une vision d’ensemble. Mais nous devrions reprendre prochainement la main sur le réseau secondaire. Nous misons vraiment là-dessus.
La géothermie reste donc une solution d’avenir ?
Oui. D’ailleurs, depuis quelques années nous réfléchissons à pérenniser notre installation. Les précédents incidents ne nous découragent pas. Nous venons ainsi de lancer un audit pour le forage d’un éventuel troisième puits. Ce qui demande aussi l’extension du réseau pour disposer de plus de puissance. Quand elle fonctionne, en plus de l’aspect environnemental, la géothermie fait baisser notablement le tarif de l’abonnement pour l’utilisateur. Le prix moyen avec les réseaux de chaleur pour le chauffage d’un logement et son approvisionnement en eau chaude est en moyenne de 63 euros par mois. Cette technique se place devant toutes les autres solutions.
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Duchêne Claude | 2.07.09 à 15.57
Je viens de suivre à FR5 l’émission superstructures : La chaleur de la terre. (2/07/2009 14h45);. ça semblerait plus régulier et moins cher que l’éolien et le photovoltaïque. Le pétrole aussi a ses aleas de production. La réserve de chaleur est à peu près infinie, et peut servir à fabriquer de l’électricité ou de l’hydrogène; et puis, la pompe à chaleur ?