Les ampoules à incandescence de plus de 100 watts font leurs adieux
Efficacité énergétique | 3 réactions
par | 30.06.09
Depuis ce matin, 23 enseignes françaises ont retiré de la vente les ampoules à incandescence de plus de 100 watts. Une décision qui prend un peu d’avance sur le calendrier de la Commission européenne qui avait à l’origine fixé ce retrait à septembre. Il s’agit d’une première étape vers la généralisation des lampes basse consommation prévue pour 2012. En décembre prochain ce sera ainsi au tour des ampoules à filament de 75 watts de disparaître du marché. Selon le ministère du Développement durable, 180 millions d’ampoules sont vendues chaque année en France dont 152 millions à incandescence.
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Q. Hirsinger | 5.07.09 à 18.34
Il serait temps de dénoncer cette loi absurde concernant la lampe à incandescence.
Pourquoi absurde, cette loi?
Parce que, sous couvert d’une posture “éco-friendly” désormais obligatoire, la puissance publique lance des mesures qui ne sont qu’affichage politique, et qui par ailleurs sont hélas contre-productives concernant le véritable enjeu, l’urgence d’une meilleure préservation de l’environnement. Deux arguments majeurs sont avancés pour éradiquer nos bonnes vieilles ampoules, un meilleur rendement lumineux des nouvelles sources fluo-compactes, et la mise en place d’une filière de recyclage. Comme d’habitude, il est sain face à une telle unanimité de faire preuve d’un peu de vigilance, voire de suspicion, et de ne pas prendre le discours ambiant pour argent comptant.
Sur le premier point de la consommation d’énergie, l’ampoule à filament a effectivement la fâcheuse tendance à transformer 10% de l’énergie fournie en lumière, et 90% en chaleur par effet Joule. Ce n’est, sur le papier, pas très glorieux, mais ce que l’on oublie alors, c’est que cette chaleur produite ne disparaît pas comme par magie, elle sert à chauffer nos maisons et réduit de ce fait l’énergie consommée par les systèmes de chauffage. Nulle perte d’énergie alors, mais simple transfert. Il faut donc bien l’avouer, le changement du mode d’éclairage ne fera baisser notre consommation électrique générale que de façon marginale, dans un pays ou cette énergie est très faiblement émettrice de CO2. Il serait beaucoup plus efficace de s’attacher rapidement à une meilleur isolation des bâtiments publiques et privés, car il s’agit pour le coup d’un vrai gaspillage.
Le deuxième point est encore plus absurde, et c’est ici une simple question de bon sens. Comment effectivement arriver à croire qu’une ampoule fluo-compacte serait plus facile à recycler que sa consoeur lampe à incandescence? Du coté de l’aînée, une construction simple, avec un culot métallique, un filament, du verre et un gaz neutre et inoffensif, et du coté de la cadette un ballast électronique dans une coque plastique, de la poudre fluorée, un peu de mercure par dessus tout cela…
Enfin un dernier argument, qui n’est peut-être pas très politiquement correct aujourd’hui, mais qui est criant dès qu’on allume une ampoule… la qualité de cette lumière émise. Sans mauvais jeu de mot, c’est encore le jour et la nuit, entre la température blafarde d’une fluo-compacte et le sentiment de confort des lampes à incandescence. Je propose donc aujourd’hui la création de l’ASAI (Association de Sauvegarde des Ampoules à Incandescence), ou de la BULLSHIT (Brigade Universelle de Libération des Lampes, Section Historique de l’Incandescence Traditionnelle).