Colizen livre les e-consommateurs citadins à l’électrique
par | 01.07.09

L’entrepôt ne paye pas de mine. Au-sous sol d’un parking de la porte d’Orléans, dans une chaleur d’étuve mêlé à un concert de « bipeuses », une brigade en polos verts s’affairent autour de plusieurs centaines de colis. Difficile à croire, mais ces hommes prétendent préparer une mini-révolution dans le monde de la logistique urbaine. Lancé en mars dernier à Paris, le service Colizen s’attaque en effet à la clientèle des citadins pressés à laquelle elle propose un service de livraison en soirée par des transports « doux ». « La livraison est un métier difficile. Nous proposons des solutions pour la simplifier en renforçant la relation client et avec une démarche zéro émission », explique Fabien Esnoult, co-fondateur de Colizen.

Fabien Esnoult, co-fondateur de Colizen.
Face aux gros transporteurs et à leurs livreurs anonymes, Colizen souhaite donc créer un rapport privilégié avec les consommateurs en leur précisant par exemple l’heure de passage à la demi-heure près. Un positionnement qui repose notamment sur une étude de marché réalisée en 2006, dont les résultats ont montré que 75% des cyber-consommateurs limitaient leur périmètre d’achat par crainte de problèmes de livraison. Pour tenir ce pari de la qualité, Colizen a rapidement fait le choix des véhicules électriques. Pour leur intérêt écologique, mais aussi pour leur efficacité. « Avec nos petits véhicules et nos méthodes de préparation, nous livrons jusqu’à 80 clients en une seule tournée. Nous sommes parfaitement adaptés à l’hyper-urbain. D’ailleurs, on pile toutes les statistiques du secteur », avance Fabien Esnoult. Colizen peut ainsi se vanter d’un taux de distribution des paquets au premier passage de près de 94%.
Des véhicules électriques adaptés
Pierre angulaire de Colizen, cette flotte électrique est pour l’instant constituée de trois véhicules, soit un Piaggio Porter et deux Goupil G3. Une escadre électrisée qui devrait passer à une trentaine d’unités d’ici à la fin de l’année. Fabriqués en France, les modèles Goupil devait notamment peupler massivement ce futur parc. « Avec un prix d’achat de 25 000 euros, ce sont des véhicules qui s’amortissent sur quatre ans grâce à un coût quasi-nul en maintenance et en énergie. Ils sont particulièrement adaptés à notre métier avec une autonomie de 100 km pour sept heures de recharge, et surtout un container de 4 m³ placée à 75 centimètres de hauteur ». Sans oublier la valeur ajoutée environnementale. Selon les estimations de Colizen, le choix de l’électrique par le livreur pourrait représenter d’ici trois ans près de 1 560 000 kilomètres « polluants » économisés, soit 360 tonnes de CO2.
En attendant, Fabien Esnoult et son associé Jérôme Do devraient bientôt prendre possession de nouveaux locaux de 600 m² dans Paris pour mieux préparer un déploiement national. Fort d’une première levée de fonds bouclée en novembre 2008 auprès d’investisseurs privés, le duo aimerait en effet mettre rapidement sur pied un système de franchises. Pour soutenir ce développement, Colizen pourra notamment compter sur plusieurs grands noms de la vente en ligne, dont elle devrait prochainement assurer les livraisons. Voilà les cyber-acheteurs prévenus, les hommes verts sont à leurs portes.
En savoir plus : La fiche Colizen sur GreenVivo.com
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