Essorer et sécher les rebuts industriels avant leur valorisation
par | 16.07.09

L’écologie relève souvent du bon sens. Nouvelle illustration avec IDEAL Technologies, spécialiste du traitement des rebuts industriels humides. Problème : certains déchets contiennent plus d’eau que de matières valorisables. Comment dès lors éviter le surplus d’énergie grise et de transports généré par cette eau cachée ? La solution de la société française est simplissime : vidanger, essorer et sécher les déchets in situ avant leur transport vers les filières de valorisation.
L’aventure débute en 2002 lorsqu’Eric Durivault, alors en poste chez Vivendi, découvre une invention anglaise : la « Revolution ». Une machine capable de vider diverses bouteilles et flacons contenant des liquides. Il crée alors IDEAL Technologies pour distribuer l’engin britannique en France. « La machine est désormais 100% Made in France. Nous l’avons améliorée et proposons des ateliers complets de vidange, d’essorage et de séchage. » explique l’entrepreneur qui compte aujourd’hui plus de 300 installations à son actif.
Extraire l’eau libre par un effet mécanique
La technologie de vidange se révèle assez simple. Une vis sans fin, placée au fond d’un bac en entonnoir, pousse les contenants à vider dans un cône. Le liquide est collecté par le fond du bac, le reste étant extrudé à l’extrémité du cône. « La Revolution permet d’extraire la quasi totalité du contenu de bouteilles de jus de fruits par exemple. Tous les flacons sont exploitables sauf le verre. Et nous pouvons aussi vidanger des matières pâteuses comme des cosmétiques » précise Eric Durivault. Sa machine est disponible en trois capacités (de un à huit mètres cubes par heure) pour un prix compris entre 40 000 et 95 000 €.
Pour les produits moins dissociés qu’une bouteille et son contenu, IDEAL Technologies pousse ses machines en mode « heavy duty ». Il est alors possible d’essorer littéralement un produit contenant de l’eau. Les industries concernées sont très variées : papeterie (résidus cellulosiques), élevages avicoles (plumes), ou encore textile (coton, lin)… « Nous avons également développé une nouvelle machine, l’Essor 150, entièrement aux normes alimentaires et donc autorisée dans la zone de production d’une usine. Cela permet notamment aux industriels de l’agro-alimentaire de réutiliser les produits essorés » se félicite Eric Durivault.
Sécher l’eau liée par évapo-transpiration
Quid des matières contenant de l’eau trop intimement liée pour être essorée ? « Elles sont souvent destinées à être brulées, notamment pour produire de l’énergie. Alors gagner ne serait-ce qu’un ou 2% d’humidité est intéressant ». IDEAL Technologies propose donc des lignes de séchage dans lesquelles les rebuts sont concentrés puis déshydratés sur un tapis roulant perforé, traversé par un flux d’air chaud. Comble du durable, la chaleur nécessaire au séchage provient exclusivement de l’usine elle-même. « Nous n’installons des sécheurs que sur des sites disposant de suffisamment de chaleur fatale (ndlr : énergie perdue lors du process industriel). Au final, une ligne complète consomme au maximum 18 kWh. Une puissance négligeable pour un papetier. » Comptez 300 000 euros pour un sécheur, hors bâtiment.
Un marché potentiel immense et mondial
Aujourd’hui, IDEAL Technologie s’adresse en priorité aux papetiers et à l’agro-alimentaire. « Nous avons du mal à dimensionner nos marchés avec précision. On peut raisonnablement estimer qu’une seule de nos machines, l’Essor 150, intéresse plusieurs centaines d’industriels rien qu’en Europe » précise Eric Durivault. Ce dernier compte d’ailleurs étendre rapidement sa présence géographique. Notamment dans les Amériques (nord et sud) grâce à un récent partenariat avec une société canadienne. Ultime signe du potentiel de son marché, IDEAL Technologies finalise actuellement une levée de fonds de 2,5 millions d’euros et imagine déjà un deuxième tour de table de 30 millions d’euros d’ici cinq ans.
IDEAL Technologies en bref :
- Création : 2003 par Eric Durivault
- Activité : Conception et commercialisation de lignes de production en vue de vidanger, essorer et sécher les rebuts et déchets industriels.
- Effectif : 2 personnes (fabrication et maintenance externalisées)
- Chiffre d’affaires : 610 000 € en 2008, 1 M € en 2009 (prévisionnel)
- Références : Materne, Glaxosmithkline, Danone, Nestlé, Coca Cola, Pepsi Cola, Senoble, Andros, Haagen Dazs, Hilton, l’Oreal, Ford, British American Tobacco….
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Derick | 26.08.09 à 22.27
Enfin une invention dans le monde de l’Environnement qui apporte économie, respect de l’environnement et préservation industrielle.
Bravo