
Les trois organismes chargés de la collecte des DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) ont récemment publié leurs rapports annuels pour l’année 2008. Avec à la clé une très bonne nouvelle : l’objectif initial de collecte, réglementairement fixé à 4 Kg/habitant, a été dépassé. Eco-Systèmes, Ecologic et ERP France ont en effet réuni l’an dernier près 283 000 tonnes de DEEE, soit 4,47 kg/habitant.
Cap vers les 5,5 kg/ habitant.
Née il y a trois ans, la filière semble donc s’inscrire dans une très bonne dynamique. De quoi donner le sourire et de l’ambition à Alain Grimm-Hecker, président d’Eco-Systèmes, leader avec 73% de la collecte 2008 en tonnage. Un responsable qui souhaite désormais viser la collecte de l’ensemble du gisement. Utopique ? Pas pour un patron qui veut déjà réaliser en 2009 « une collecte de plus de 250 000 tonnes, soit 5,5 kg/hab/an ». [1] Un discours qui fait écho à celui des autres opérateurs. Christophe Pautrat, DG d’ERP France, annonce ainsi « la poursuite de la croissance du taux de collecte, qui dépassera les 5 kg par an et par habitant l’an prochain. Une progression nécessaire sachant qu’environ 14kg de DEEE sont produits en moyenne par habitant. »
Faire respecter le « un pour un »
Pour atteindre ces chiffres, les organismes collecteurs devront néanmoins revoir la répartition de leurs quelques 8000 points de collecte. Les déchetteries pointant largement en tête devant les associations (de type Emmaüs) et les distributeurs, toujours difficiles à convaincre. A titre d’exemple, sur les 5 200 magasins sollicités par Eco-systèmes en 2008, seuls 1 200 ont ainsi accepté de devenir point de collecte. Des refus étonnants au regard de la réglementation « un pour un », qui oblige désormais les distributeurs à reprendre l’ancien appareil lors de l’achat d’un équipement équivalent. Du coté des clients, l’association de consommateurs CLCV a également pu mesurer le phénomène grâce à un sondage réalisé en avril 2009. Et les résultats sont sans appel. A peine un quart des acheteurs se sont vus proposer la reprise de leur ancien appareil lors de leurs emplettes. Le chiffre tombe à 15% pour les achats sur internet. Pire, certains magasins iraient même jusqu’à faire payer la reprise ! Tout bonnement illégal… Les organismes spécialisés espèrent donc que la pression des clients et les envies de communication écolo des enseignes pousseront les distributeurs à mieux organiser la collecte des DEEE dans les prochains mois.
[1] Ce calcul, spécifique à Eco-Systèmes s’effectue au prorata de sa part de marché.
La directive européenne (2002/96/CE) sur les DEEE
Sont concernés les équipements ménagers et professionnels suivants :
- les gros appareils ménagers - les petits appareils ménagers
- les équipements informatiques et de télécommunications
- le matériel grand public
- le matériel d’éclairage
- les outils électriques et électroniques, à l’exception des gros outils industriels fixes
- les jouets, équipements de loisir et de sport
- les dispositifs médicaux, à l’exception de tous les produits implantés et infectés
- les instruments de surveillance et de contrôle
- les distributeurs automatiques.
Par ailleurs la directive distingue deux types de DEEE :
- Les équipements mis sur le marché avant le 13 août 2005
Il s’agit du « gisement historique », un stock en partie constitué de produits « orphelins » (dont le producteur a disparu). Bien que trop anciens pour intégrer dans leur prix de vente le coût de leur recyclage, ces produits doivent néanmoins réintégrer la filière. Aussi les producteurs actuels financeront leur recyclage, sur la base de leur part de marché d’aujourd’hui. De son côté, pour le traitement de ce gisement historique, le consommateur devra s’acquitter d’une participation à ce coût, qui lui sera communiquée de façon claire et visible, lors de l’achat de tout nouveau produit : l’éco-participation. A partir de 2011 (2013 pour les gros appareils), l’éco-participation sera intégrée dans le prix du produit.
- Les équipements mis sur le marché après le 13 août 2005
Pour ces nouveaux produits, les producteurs ont l’obligation de prévoir leur recyclage futur.(Source Eco-Système)













