4,5 millions d’euros pour financer l’entrepreneuriat dans le fluvial
par | 23.07.09

Ravi Dominique Bussereau. Convié mardi au lancement du fonds Fluvial Initiative, le secrétaire d’Etat chargé des Transports trouvait là une occasion rêvée de parler d’un mode de déplacement souvent délaissé : « Le transport fluvial fait de plus en plus recette. Il y a beaucoup de marchandises qui étaient exclus du fluvial et qui aujourd’hui y reviennent. Le fluvial c’est Grenelien, c’est Borloo-compatible ». Portée par l’association Entreprendre Pour le Fluvial, cette nouvelle plateforme de financement vise à aider les bateliers débutants dans l’acquisition de leurs navires, via des prêts d’honneur c’est-à-dire sans intérêts. A 100 000 euros la moindre « bicoque », il n’est en effet pas toujours évident pour un néo-entrepreneur de devenir propriétaire de son outil de travail. La rentabilité des bateaux s’assurant à long terme.
Un « petit » coup de pouce
Lancé en partenariat avec la Caisse des Dépôts, la Banque Populaire, le Crédit Coopératif et Oséo, ce fonds sera doté de 4,5 millions euros sur trois ans. Pas si lourd pour « booster » un secteur dont l’activité devrait doubler d’ici à 2020 avec en outre, un départ à la retraite de 30% des actifs dans les dix ans. Même sentiment pour le montant des prêts accordés aux entrepreneurs fluviaux. Fixée en moyenne à 41 K€ par projet, l’aide de Fluvial Initiative pourrait sembler un peu limitée. Face à ces critiques, Entreprendre pour le fluvial rappelle que l’objectif de Fluvial Initiative n’est pas de remplacer les établissements bancaires mais plutôt de se substituer à l’apport personnel de 200 futurs bateliers. Des créateurs qui pourront également compter sur des dispositifs d’accompagnement et des démarches simplifiées. Fluvial Initiative intégrant dès sa naissance le réseau associatif France Initiative.
Soutenir un transport durable
Soutien à l’entrepreneuriat, réaménagement des canaux, intégration multimodale… Le lancement de ce fonds semble confirmer la volonté des pouvoirs publics de mettre le cap sur le transport fluvial. Comme le résume Dominique Bussereau en conclusion de la cérémonie « Le mode fluvial avait été un peu vite considéré comme faisant parti du passé. Mais désormais, c’est un métier d’avenir. Nous ferons tout ce qu’il faut pour que ces entreprises fonctionnent ». Moins glamour que l’émergence des véhicules électriques ou le développement du ferroviaire, le transport fluvial devrait pourtant lui aussi contribuer à l’objectif de report de 25% du transport routier vers des modes alternatifs. L’activité a d’ailleurs été récemment déclarée d’intérêt général par le Président de la République. Prochaine étape : la construction de bateaux dans l’hexagone. Le marché du fluvial étant aujourd’hui quasi-totalement déserté par les chantiers navals français.
La filière fluviale française en bref :
- 1393 bateaux
- 6000 emplois directs
- 250 millions d’euros de chiffres d’affaires dont la moitié réalisée sous pavillon français
- Seul un quart de la flotte nationale a un gabarit supérieur à 1 000 tonnes (contre 53% en moyenne)
- La moyenne d’âge des unités atteint 60 ans
- Pour un trajet Le Havre-Gent (Belgique) via le futur canal Seine Nord Europe, un trajet fluvial permet une consommation de carburant (et donc une émission de CO2) trois fois moindre par rapport à la route. (source : éco-calculateur VNF)
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