« Nous souhaitons capter une bonne partie de la production photovoltaïque française »
par | 29.07.09
Appel à projets sur les centrales solaires en région, ouverture en France d’une grande usine de production de panneaux photovoltaïques, projet éolien de 201 MW aux Etats-Unis… EDF Energies Nouvelles, filiale de l’opérateur historique, est omniprésente dans l’actualité verte des dernières semaines. Alors que la société annonçait ce matin une hausse de son résultat net de 53,7% (à 41,8 millions d’euros) au premier semestre 2009, entretien avec Sébastien Robert, Directeur de projet d’EDF Energies Nouvelles en France.
Cleantech Republic : Après avoir longtemps privilégié l’éolien, EDF Energies Nouvelles semble désormais se positionner davantage sur l’énergie solaire. Peut-on parler d’un revirement stratégique ?
Sébastien Robert : Aujourd’hui, l’éolien représente en effet 80% de notre puissance installée dans le monde. Seulement nous constatons que le développement de l’éolien est en ce moment un peu compliqué, notamment en France, en raison des sensibilités sur le plan paysager. L’axe stratégique d’EDF Energies Nouvelles c’est donc désormais de continuer à développer l’éolien tout en mettant l’accent très fortement sur le photovoltaïque. Nous avons d’ailleurs aujourd’hui des stocks de panneaux qui nous permettent d’envisager de nombreux projets dans des délais resserrés.
Vous allez donc viser des objectifs ambitieux en matière d’énergie solaire ?
Le Grenelle impose 5400 MW de production photovoltaïque d’ici à 2020 en France. Nous souhaitons en capter une bonne partie. Après, nous ne nous disons pas non plus « il nous faut 80% du parc ». Ce qui est certain c’est que nous allons mettre tout en oeuvre pour développer le plus d’installations possibles. Et donc rester dans la position que nous occupons aujourd’hui, à savoir celle de leader de l’électricité verte en France.
Une stratégie qui passe par l’appel à projets du gouvernement pour la réalisation d’une centrale solaire par région ?
Nous serons en état de présenter des dossiers à la fin de l’année. Notre travail sur ce sujet a commencé en janvier, avant même la parution de l’appel à projets. Il s’agissait alors d’identifier des terrains et de prospecter. Aujourd’hui, nous sommes en plein dans la phase d’analyse et d’étude. Nous allons proposer des projets dans toutes les régions.
Sur un plan technique, il semblerait que les panneaux à couche mince s’imposent de plus en plus…
Ce n’est pas une tendance de fond. Pour EDF Energies Nouvelles, l’objectif c’est de trouver la technologie la plus appropriée aux projets que nous développons. Par exemple, utiliser des panneaux en silicium dans des régions comme la Bourgogne ou le Nord, c’est un non-sens énergétique. Nous savons en effet qu’il vaut mieux installer des panneaux à couche mince dans les régions où l’ensoleillement diffus est important. A l’inverse, le silicium est plus approprié pour des zones sur lesquelles l’ensoleillement direct est fort. C’est le cas du Sud de la France mais aussi de l’Espagne ou du Portugal.
Comment le groupe EDF parvient-il à concilier son développement dans les énergies renouvelables et ses impératifs de stabilité du réseau ?
Le problème ne se pose pas vraiment. Bien que nous appartenions à la même maison mère, ERDF nous considère comme n’importe quel autre producteur d’énergie. Plus globalement, la question de la stabilité n’est pas un frein au développement des énergies renouvelables. Pour l’instant les postes de raccordement actuels sont suffisants. Il y aura peut être un risque de saturation lorsqu’on atteindra tous les objectifs du Grenelle en matière d’éolien et de photovoltaïque. Mais ça ne remettra pas en cause les projets, ça différera peut-être juste leur réalisation. Et puis grâce aux logiciels de prévision de production nous sommes désormais capables d’annoncer aux gestionnaires du réseau un niveau de production à J+1 ou J+2 sur nos installations.
Quel regard portez vous sur la forte concurrence dans le domaine du solaire ?
C’est un marché émergeant et comme toujours dans pareil cas, il attire beaucoup de sociétés. Aujourd’hui on sait qu’il y a plus de 200 entreprises qui font du développement solaire en France. C’est énorme. Il y a une forte effervescence qui devrait être suivie d’une concentration une fois que le marché se sera un peu régulé. Car l’énergie solaire c’est un vrai métier d’industriel. Il faut développer des projets, savoir les construire et enfin remettre les sites en état. Peu de sociétés parmi les 200 actuelles sont en mesure de présenter ce profil. Je dirais qu’elles se comptent sur les doigts de deux mains. Il y a beaucoup de stratégies un peu opportunistes en ce moment. Cela ne nous semble pas très sain, mais c’est le jeu de la concurrence.
Crédit photo : « © Hervé Hôte - Agence Caméléon / EDF EN
Des résultats semestriels en hausse pour EDF Energies Nouvelles (29/07/09)
• Résultat net part du Groupe : + 53,7 % à 41,8 millions d’euros
• EBITDA 2009 : entre 280 et 300 millions d’euros
• Capacité installée fin 2012 : 4 000 MW nets dont 500 MWc de solaire
Sur le même thème : centrale solaire, edf, EDF Energies Nouvelles, interview, photovoltaïque, solaire photovoltaïque














