
Voilà un bel exemple de paradoxe à la française. Alors qu’un tiers de notre territoire est recouvert de forêts, le bois se classe au deuxième rang des produits responsables de notre déficit commercial. Juste après le pétrole. Le bois français représente pourtant un immense gisement d’énergie propre et peu cher. Et donc des emplois. Etat des lieux de la filière.
Chauffagiste bois, atrier, fumiste… Des métiers en mal de perspectives
Premier constat, le chauffage au bois n’a pas encore vraiment la côte auprès des utilisateurs. Comme nous l’explique Arnaud Marion, créateur de l’entreprise Marion Chauffage en Alsace-Lorraine. « Pour vivre, il faut proposer d’autres types de chauffage. S’il y a une évolution sur le marché, son impact n’arrive malheureusement pas jusqu’à nous ». Et lorsqu’on évoque les futurs métiers en vogue dans sa profession, le spécialiste demeure pessimiste : « L’installation de chaudières à bois ne deviendra jamais un secteur porteur en terme d’emplois, chacun fait son propre entretien et si une installation est correctement faite, elle durera 20 ans ! ». Alors chauffagiste bois : fausse bonne idée ?
Pas forcément. D’abord parce que les chiffres officiels ont tendance à redonner espoir. Alors que six millions de foyers se chauffaient au bois en 2006, le ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer table sur neuf millions d’utilisateurs en 2020. Lente évolution certes, mais évolution tout de même. Le bois se révélant la première des énergies renouvelables en France. Autre motif d’encouragement, les particuliers qui ont choisi ce type de chauffage il y a quelques années devront bientôt changer leurs chaudières. Car les vieilles installations sont responsables de 40% des émissions d’hydrocarbures, 30% des émissions de monoxyde de carbone et 20% des émissions de composés organiques volatiles. Plutôt polluant pour une énergie propre. Economique mais contraignante, la chaudière individuelle semble néanmoins condamnée à viser un marché restreint. Laissant la filière se développer sur d’autres genres d’utilisateurs.
C’est à la collectivité de montrer de quel bois elle se chauffe
Car si le système peu paraître contraignant pour un particulier, il l’est beaucoup moins pour les collectivités qui constatent, à plus grande échelle, de réelles économies d’énergie. Et si les décideurs publics sont encore peu nombreux à opter pour le chauffage au bois, certains devraient bientôt franchir le cap, comme l’explique Jean-François Gayot, directeur de l’institut de formation Socotec (formations en bâtiment et développement durable) : « L’avenir de cette filière est dans les mains des collectivités. Nous avons des demandes émanant des bureaux d’études, pour offrir une meilleure formation, en termes de diagnostic et de conseil technique ».
Les professionnels qualifiés, capables de cogérer de grands projets immobiliers dans lesquels s’intégreront l’énergie bois, seront donc bientôt des profils très recherchés. Des pros polycompétents à qui on demandera notamment « de savoir calculer les différents impacts environnementaux, connaitre les points principaux pour le contrôle et la bonne maintenance d’une chaudière à bois ou encore établir des diagnostics économiques » précise Jean-François Gayot. Avec la mise en place de formations adéquates et un Grenelle qui souhaite donner un nouvel élan à la filière, ne manque donc désormais plus que les commandes de collectivités.
Les emplois de demain dans le secteur de l’énergie bois
- Chargé d’études énergies bois dans le bâtiment : les collectivités ou les grandes entreprises auront besoin dans leurs rangs d’un profil multi-casquette pouvant intégrer les problématiques de la mise en place d’un système de chauffage bois auprès de tous les intervenants.
- Diagnostiqueur économique : valoriser l’aspect peu onéreux de l’énergie bois. Inciter les particuliers et les collectivités à se tourner vers ce mode de chauffage.
- Chargé de gestion forestière : étudier en temps réel les conséquences de l’utilisation de nos forêts à grande échelle et estimer les impacts sur la biodiversité et sur les sols.
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AC | 31.07.09 à 10.05
Concernant l’état des lieux de la filière de la filière bois, voir l’étude “Avenir de la filière bois française : Des opportunités !” (http://www.hcca.coop rubrique “Etudes”), réalisé par le Haut Conseil de la Coopération Agricole