600 000 emplois verts français en 2020, vraiment ?
Dans la brume d'une humeur | | 24.08.09
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En juin dernier, le Boston Consulting Group estimait que l’essor de l’économie verte grâce aux mesures du Grenelle de l’environnement engendrerait la création de près de 600 000 emplois en France d’ici 2020. Un chiffre choc à l’origine d’une vive polémique. Les moins optimistes taxant d’utopie cette étude commandée par le ministère de Ecologie, de l’Energie et du Développement durable. Les pro-Grenelle affichant au contraire leur foi dans le potentiel du green-business en termes d’emploi.
Les mirages de l’économie durable
600 000 emplois verts en 2020 dont 220 000 pour 2012 ? Rien de moins sûr selon un article du Monde daté du 30 juillet et signé par Marie-Béatrice Baudet. La journaliste y rappelle la précipitation avec laquelle a été réalisée l’étude du Boston Consulting Group. Bien que très concernés par les mesures du Grenelle, des organismes comme la Fédération française du bâtiment (FFB) ou la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) n’auraient pas été contactés par le cabinet de conseil lors de ses travaux. Autre critique : la non prise en compte de la dégradation du pouvoir d’achat. Il s’agit notamment d’évoquer les difficultés financières de collectivités locales lourdement handicapées par la crise économique et donc peu disposées à « dépenser durable ». Michel Didier, président de l’institut de conjoncture COE-Rexecode, estime ainsi dans le même article « qu’il manque cruellement aujourd’hui une étude sérieuse des effets économiques des projets relatifs à l’environnement ». Un vent de critiques qui viendra même faire dire à Emmanuel Nazarenko, directeur associé du BCG Paris que les 600 000 emplois annoncés pourront être créés ou maintenus d’ici 2020. Tout est dans la nuance.
Croire en une révolution verte de l’emploi
Face aux écolos-sceptiques, les défenseurs de l’étude du Boston Consulting Group arguent sur les perspectives qu’offre la mutation de l’économie vers un modèle « durable ». C’est le cas d’Anne-Sophie, auteure du blog « Dans la brume d’une humeur ». Dans un récent post, elle assimile la remise en cause du chiffre du cabinet de conseil à une mauvaise compréhension des enjeux du Grenelle. La blogeuse rappelle tout d’abord que d’autres poids lourds économiques (Allemagne, Etats-Unis…) ont récemment fait eux-aussi l’objet de prévision similaires sur la progression de leurs « cols verts ». Le président Obama s’entourant même d’un spécialiste en la matière. De même, l’auteure précise aussi que malgré la crise, les derniers mois ont été marqués par l’émergence d’une demande « verte » chez les consommateurs : énergies vertes, produits responsables… Avec notamment le boom du marché de l’éco-construction malgré une timide conversion des filières de formation au « bâtir durable ». Assez d’arguments pour considérer selon elle les critiques du chiffre du Boston Consulting Group comme une crainte « de l’ancien monde » vis-à-vis de la nouvelle donne écologique.
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