Biotechnologies marines : de belles perspectives pour la France
par | 26.08.09
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Les micro-algues au service des biocarburants et de la capture du CO2
En santé, les biotechnologies marines sont considérées comme un relais d’innovation pour mettre au point de nouvelles molécules thérapeutiques. Des start-up se positionnent déjà sur ce secteur ; PharmaMar en Espagne, ManRos Therapeutics en France planchent sur la recherche de nouvelles molécules anticancéreuses à partir d’organismes marins. D’autres sociétés comme Algenics proposent des nouveaux modes de production de protéines recombinantes utilisant les micro-algues comme « usine cellulaire ».
Dans le secteur des énergies renouvelables, le boom des biocarburants de 3ème génération issus des micro-algues a mis les biotechnologies marines sur le devant de la scène. Le projet Shamash, lancé fin 2006 en France, vise à produire des biocarburants à partir de micro-algues autotrophes ; il réunit des spécialistes de la culture, de la physiologie et de l’utilisation de micro-algues, des spécialistes de l’optimisation des procédés biotechnologiques, ainsi que des spécialistes des biocarburants et de l’extraction/purification de lipides.
D’autres groupements étudient le rôle des micro-algues dans la capture et l’utilisation du CO2 dégagé par de grands industriels. CENITC02 par exemple est un consortium sur les technologies de réduction et de capture du CO2 atmosphérique. Mis en place en Espagne, il regroupe une vingtaine d’acteurs académiques ou privés. Ce consortium a notamment des projets sur l’utilisation des micro-algues pour la fixation du CO2 grâce à la photosynthèse.
Enfin, depuis la mise en place de REACH, de plus en plus d’industriels sont amenés à envisager des substitutions de molécules chimiques par des molécules issues des bioressources. Les bioressources marines
pourraient bien regorger de ces substituts.
Au final, la montée en puissance des biotechnologies marines est indéniable. Le secteur se structure un peu partout en Europe : des acteurs se regroupent pour acquérir une meilleure visibilité, comme par exemple Cetmar en Espagne, MabCent en Norvège ; des incubateurs spécifiques aux biotechnologies marines sont mis en place pour dynamiser la filière (comme au niveau du European Center for Marine Biotechnologie en Ecosse).
Avec sa cinquantaine d’entreprises qui valorisent les bioressources marines, la présence de trois pôles de compétitivité spécialisés sur les thématiques marines (à savoir le Pôle Mer Bretagne et PACA, et Aquimer), et la structuration d’une filière au niveau de Nantes, nommé Blue Cluster, l’Hexagone a de belles cartes en main. Et si le Grenelle de la Mer met en place un plan d’action favorisant le développement de PME dans ce domaine, les biotechnologies marines ont toutes le chances de devenir une nouvelle spécialité française…
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