
Trois petits tours et puis s’en va. A peine le temps de s’asseoir ce midi au volant de la Mini E électrique que Jean-Louis Borloo retournait à ses affaires. Rangé des voitures le ministre de l’écologie et du développement durable ? Pas vraiment. Le projet électrique de BMW débarque en France auréolé d’une présentation ministérielle et tous les constructeurs ne peuvent se prévaloir d’un tel coup de « promo ». Déjà testée en Allemagne, aux Etats-Unis et en Angleterre, la mini-électrique compte 612 unités en circulation à travers le monde et revendique une autonomie de 240 kilomètres. Et ce grâce à un moteur électrique de 204 ch / 150 kW. « Il ne fallait surtout pas qu’elle soit considérée comme un gadget. La marque souhaitait proposer une voiture qui offre un véritable plaisir de conduite » explique Eric de Riedmatten, Directeur de la communication de BMW en France.
Prévue pour la mi-2010 dans l’Hexagone, la Mini E devrait être proposée à la location auprès de particuliers. Des « gentlemen drivers » qui joueront les testeurs de luxe pour BMW sur des périodes allant de deux à huit mois. « L’idée c’est un peu de dire : si vous êtes intéressés par cette voiture, essayez la pendant six mois. Mais le service est payant car la démarche doit être impliquante pour les conducteurs ». La citadine devrait être proposée en France à un tarif similaire à celui des Etats-Unis soit environ 800 dollars par mois (ndlr : 560 euros). Pas assez pour équilibrer les comptes du constructeur pour qui cette opération constitue avant tout une expérimentation grandeur nature.
En route vers la voiture propre
Sur un plan pratique, le test français sera mené avec des véhicules ayant déjà roulé dans les précédents pays du programme. Il pourrait se limiter à Paris et à l’Île de France faisant alors l’impasse sur les citadins des autres grandes villes nationales. Notons enfin que d’ici le lancement de l’opération, BMW devra trouver un partenaire pour l’infrastructure de recharge qui permettra aux conducteurs de faire le plein des batteries lithium-ion de leur Mini.
Plus prosaïquement, le déploiement de la Mini E est surtout l’occasion pour BMW de se parer d’un peu de vert et ainsi casser son image de constructeur polluant : diesel, crossovers, coupés sport…. « La marque privilégie les grosses voitures, c’est sa spécificité. On ne va pas la réinventer, précise Eric de Riedmatten. Mais l’amélioration de véhicules existants représente un grand pas en avant. Et puis avec l’hybride, certaines voitures qui consommaient 15 litres au 100 vont passer à 9 litres. » Dans la continuité de ce projet, le constructeur devrait annoncer une série de nouvelles initiatives environnementales lors du salon de Francfort à la mi-septembre.
La Nissan Leaf pour 2010
La Mini E pourrait bien croiser au feu rouge d’autres consoeurs électriques. Le groupe Renault-Nissan a ainsi annoncé la semaine dernière sa volonté de commercialiser à l’horizon 2010 sa Nissan Leaf au Japon, aux Etats-Unis et en Europe. Une 100% électrique dotée d’une autonomie de 160 kilomètres et propulsée par un moteur électrique de 80 kW (environ 120 ch). Sa recharge complète devrait prendre huit heures, mais il sera possible selon le constructeur de recharger la Leaf à 80 % en une trentaine de minutes.
Sur le même thème : bmw, Mini E, véhicule électrique
La Nissan Leaf pour 2010













