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Usine. Auchan a du recourir à une unité de méthanisation du groupe belge Vanheede Environment, située près de Mons, pour traiter les 2000 tonnes de déchets produits par ses quinze magasins du nord de la France.
La méthanisation ? « Une belle voie de progrès », selon la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno qui visitait, mercredi 2 septembre dernier, l’usine de Varennes-Jarcy, dans l’Essonne, ouverte en 2002 et capable de traiter aujourd’hui 65000 tonnes de déchets organiques par an.
Mais cette « belle » voie de progrès, Pierre Frisch, Directeur environnement de l’enseigne de grande distribution Auchan a du l’emprunter en Belgique pour transformer les 2 000 tonnes de déchets organiques « produits » par les quinze magasins du nord de la France, faute d’avoir trouvé – ou convaincu - des partenaires industriels au sein de l’Hexagone. Il convient de constater que la France - qui fut pionnière en Europe avec la création en 1988 d’une unité de méthanisation à Amiens – n’a pas fait preuve, depuis, d’un grand enthousiasme sur le sujet. Elle ne compte aujourd’hui que sept usines en activité et trois autres en projet. « C’est pourtant là que l’État ou les collectivités locales devraient mettre de l’argent, tonne Pierre Frisch. Tous ces déchets que personne n’a plus le droit d’enfouir ou de brûler ou pire, de jeter, dans des conditions qui portent atteinte à la planète ».
Pour mémoire, la méthanisation, en plus de la production de compost pour l’agriculture, génère un biogaz substituable aux énergies fossiles - pétrole ou gaz naturel - pour le chauffage urbain ou les transports, et permet même d’animer des centrales de production d’électricité. Un m3 de ce gaz, obtenu par dégradation de déchets organiques est équivalent à 1,13 litre d’essence. « C’est ce carburant, rappelle opportunément le Directeur environnement d’Auchan, qui alimente les bus de l’agglomération lilloise depuis plusieurs années. »
Un taux de tri de 74% grâce à la méthanisation
Valoriser les déchets est une vieille obsession pour Pierre Frisch. Non cotée, l’entreprise n’est pas tenue à un reporting officiel sur ses pratiques de responsabilité sociale et environnementale. Elle s’est néanmoins dotée, depuis 2001 d’outils d’évaluation qui obligent chaque magasin à relever ses performances en matière de traitement de déchets (ainsi que de consommation d’énergie) et à les comparer à celles des autres sites. « Aujourd’hui, constate avec une juste satisfaction M. Frisch. Nous avons atteint un taux de tri moyen de 65 %. Grâce à la méthanisation, la performance atteint même 74 % dans les quinze magasins du nord. »
Dans ce domaine, il est impératif pour le Directeur environnement de l’enseigne de pousser le plus loin possible. Une façon de joindre réalisme économique et bonne pratique environnementale. L’enlèvement d’une tonne de déchets non triés coûte en effet 120 euros, une fortune ! « Et, note Pierre Frisch. Ce coût ne peut que s’amplifier, notamment du fait de l’application de la future taxe carbone ». Au contraire, un tri raisonné des « déchets industriels banals » (DIB) est source de constitution d’un « minerai » (les déchets inertes et non dangereux : bois, plastique, verre, acier, etc.) dont la revente peut équilibrer le bilan économique du traitement des déchets des magasins (rapport entre le coût du tri et le produit de la revente).
Malgré une chute conséquente du prix des matières premières fin 2008, quatorze magasins avaient atteint ce but. Trois de mieux que l’année précédente. « Notre premier souci, précise cependant Pierre Frisch, n’est pas ici de gagner de l’argent, mais de ne pas polluer ! ».
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Sur le même thème : bonnes pratiques environnementales, directeur développement durable, méthanisation














Sisou | 27.09.09 à 06.55
très belle idée, bravo